quand la forêt perd ses couleurs
elle en prend d’autres
et s’endort en apparence
pour se réveiller
plus forte et verte
les odeurs vont changer
l’épicé deviendra feutré
la mousse exhalera son humidité
marcheur nos rêveries
ne seront pas les mêmes
elles suivent le même cycle
mais ne se rétrécissent pas
comme la sève l’hiver
au contraire elles s’épanouissent
aux couleurs de chaque saison
et nous fortifient
Auteur : Luc Fayard
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sève
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des poulies et des hommes
des poulies et des hommes
ainsi vont les vieux gréements
coordination attention relais
seul le marin ne peut rien faire
il a besoin des autres
au bon moment
sur le pont en tek
se dresse fièrement
l’immense mat en spruce
sur ces bateaux à l’ancienne
tout est à la fois
costaud et fragile
une école de la vie
et de la beauté
hisse et hautinspiré par Carine Cheval – L’Équipage -
enfant à la plage
le sable ça gratte
les petis grains se faufilent
entre mes doigts de pied
c’est quoi toutes ces odeurs
lourdes et grasses
j’ai quand même envie
de respirer un grand coup
là-bas j’entends les mouettes
et leur drôle de rire rauque
je vois la mer qui s’en va
sous la poussée des vagues
je suis indécis
devant tant de vie
mais je le sens
sur cette plage
je n’ai besoin de personne
pour exister -
nouvelles correspondances
il y a de la musique dans un tableau
mais elle joue une drôle de partition
polyphonique
à la fois solo dans chaque recoin
qui nous attire irrésistible
et symphonie qui éclate
dès qu’on embrasse l’œuvre
d’un regard de spectateur lointain
puis les solos reprennent ici et là
en suivant l’âme des yeux
qui déroule un parcours non écritil y a de la peinture dans la musique
chaque note possède sa propre couleurdo tout en majesté
en tenue de majordome
noir pour s’imposersi tout au bout du chemin
note si joyeuse
blanc de robe de mariéela grave et dominant
tous comptent sur lui
vieux monsieur digne et las
fronçant les sourcils
marron foncé évidemmentle ré résonne
comme un renouveauune renaissance
bleu indigomi c’est une note du milieu
mélange mixitéprête à tous les arrangements
violet compositele fa sonne et claque
comme le printemps
comme un drapeau
vert d’eauenfin le sol terre à terre
pilier de tant de création
clé qui ouvre toutes les portes
rouge comme le sang des artistes -
fleur de lys
il y a quelque chose
de charnel de fruité
dans la fleur de lys
qui s’ouvre et offre
aux yeux du passant
son abandon sa nudité
sa promesse d’onctuositémielleuse
presque indécentce fugace étalage
de splendeur crue
cet apologue
de l’évanescence
cachée derrière un voile
qui mains ouvertes
vous dirait
carpe diem -
devant la vitre
vitre embuée
sur neige et glace mêlées
visage dans l’arbre
terre contre ciel
avenir en kaléidoscope
papier froissé
lettres cachées
naissance sibylline
d’un nouvel œuf
lignes verticales
autant de traces
pour avancer
sous les nuages
sur le chemin
de l’espoir -
recoins
la forêt vit la nuit
dans ses recoins
ses secrets
ses pénombres
quand la lumière traverse
ce sanctuaire de mystères
une autre vie commence
cycle sans fin
mais chaque instant
vécu de l’intérieur
brille comme un diamantTexte de Luc Fayard inspiré par le tableau Immersion de Betty Rosant : voir la mise en page illustrée
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triptyque
naissance vie mort
amour séparation tristesse
rien n’est typique
tout est triptyque
entre noir et blanc
toutes les nuances
de la vie de la mort
la vie long fil d’or
sans commencement ni fin
la mort partout présente
sans cesse repoussée
la vie qui éclaire la mort
frontière entre l’avant et l’après -
port de pêche
la lumière est un filtre
impressionniste
posé sur le paysage
on ne voit personne
mais les activités se devinent
le soir d’été a lâché son voile
sur les hommes et la ville
l’eau est partout
devant derrière
enserrant les maisons
qui vivent d’elle
la mer est une mère
nourricière et fière

