Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Natsha Krenbol – Dans un coin du tramwayElisabeth LombardKinnariAnne Grenier
Nino Ferrer
l’art pur du poète
saisir le vent comme un peintre en dire le moins possible autrement peut-être ne parler que vibration et amour se souvenir d’hier et de ses rêves se laisser aller à l’errance désordonnée loin du flux comme la vague à contre-courant sans autre but que la beauté la vérité viendra toute seule dans la passion de l’art pur et ciselé
Nathalie Camoin-Chanet
Olga SuvorovaTyson GrummAnna GüntnerLizzie Riches
Texte de Luc Fayard, illustré par 10 artistes contemporains (de gauche à droite et de haut en bas) : Natsha Krenbol, Elisabeth Lombard, Kinnari, Anne Grenier, Nino Ferrer, Nathalie Camon-Chanet, Olga Suvorova, Tyson Grumm, Anna Güntner, Lizzie Riches
Quand InfoTekArt parlait d’art, c’était parfois pour rire et ça faisait du bien. Extraits d’un article paru il y a 20 ans…
Je tombe sur une annonce de vente aux enchères de la maison Bonhams pour l’auteur Congo (mise à jour: on dit que trois tableaux ont été vendues pour 14 000 livres sterling) et cela me rappelle l’histoire de Boronali (lire plus loin la version de Roland Moreno) puis encore ce livre que j’avais adoré, Evguénie Sokolov, de Serge Gainsbourg : l’homme à la tête de chou raconte comment peignait Sokolov le pétomane, assis sur un siège à ressort, avec un pinceau dans les fesses…. Voici pour votre culture les deux oeuvres : celle de Congo (le chimpanzé) « Untitled Abstract » et celle de Boronali (l’âne): « Coucher de soleil sur l’Adriatique« . Pas mal, non? …. ….
Livre « Evguénie okolov » de Serge Gainsbourg
Tableau « Universal Abstract » de Congo, le chimpanzé (1956-1959)
L’âne Boronali – Coucher de soleil sur l’Adriatique (1910)
Entrée solennelle d’un âne dans l’Histoire de l’Art
[Extrait de Théorie du Bordel Ambiant, de Roland Moreno, Belfond, 1990] Le Festival d’automne de 1905 ayant fait connaître les premiers fauvistes (Matisse, Vlaminck, Marquet, Derain), certains commentaires plus désagréables que d’autres avaient pu être entendus : “barbouillages informes… jeux barbares… aberrations picturales… mauvaises plaisanteries… débauche orgiaque de couleurs, cauchemar, mystification”, et d’autres encore. À un aubergiste de ses voisins, Dorgelès emprunta son âne. Et, à la queue de celui-ci, il fixa un pinceau. Puis, dans le jardin montmartrois du farceur, commodément installé devant une table chargée de ca-rottes, d’épinards, de cigarettes, et, en présence d’un huissier, l’animal commença à se gorger de friandises et à remuer sa queue. Celle-ci frottait au passage contre une toile disposée par Dorgelès sur une chaise, à bonne hauteur. Toutes les dix minutes, le pinceau frotteur était autoritairement trempé dans un pot de couleur différente.
Depuis toujours, la peinture – comme la photographie ou la sculpture – cherche à figer le temps et l’espace : les artistes expriment ce désir de capturer l’instant, ce qui ne se voit pas, ce qu’ils sont les seuls à avoir vu dans un paysage, un visage, dans leur tête… Et tout leur travail consiste à matérialiser cette fugacité. Louis Aragon disait des tableaux de Paul Klee qu’il y avait vu le vent. Claude Monet voulait peindre l’air. Leur justification est que dans leur travail pour saisir l’instant, il y a une forme d’éternité. Marc Desgranchamps, lui, fait l’inverse : il multiplie le temps et l’espace sur ces tableaux, il crée une nouvelle dimension qui est celle de sa vision. Ce n’est pas l’instant qu’il chasse, c’est la sensation qui, par définition, est multiple, part dans toutes les directions. Son objectif n’est pas l’éternité
mais au contraire le multi-temporel, dans une ambiance flottante, décentrée. Dans la lignée de Francis Bacon qui disait : « Je veux peindre la sensation de l’instant, non sa représentation. »
Les artistes cherchent à reproduire la réalité dans une forme à leur manière. Les impressionnistes ou les cubistes reconstruisent avec des points ou des formes. Les abstraits vont peut-être plus loin en tentant de montrer une autre réalité. Marc Desgrandchamps, lui, ne vise pas le réel mais le rêve ou, plutôt, il mélange le rêve et la réalité. Il est plus .proche de nous en ce sens, qui sommes en permanence partagés entre le réel qui nous contraint et le désir qui nous fait vibrer. Son rêve n’est pas surréaliste, mais inquiet, traversé de mémoire, de discontinuité.
La peinture classique s’est construite sur la perspective. Les cubistes ont essayé de la déconstruire mais elle était toujours là. Marc Desgrandchamps, lui, se moque des perspectives ou plutôt il joue habilement avec elles comme dans « Les Lettres » (2021), ses lignes partent vers le haut, vers le bas, la statue qui n’est pas une statue mais une silhouette regarde à gauche tandis qu’un trait noir s’échappe à droite, des arbres montent à la verticale tandis que le sommet des montagnes crée une ligne horizontale brisée. Pour lui le repère n’est pas dans la géométrie euclidienne mais dans la construction personnelle que le spectateur se fait de tous les éléments qu’il lui offre.
Enfin, la forme a toujours eu un contenu dans l’art, du figuratif à l’abstrait. Chez Marc Desgranchamps, elle est fragmentaire, comme s’il superposait des strates de mémoire, elle est fantomatique, spectrale. Le corps est à la fois présent et absent, inachevé, transparent. Le spectateur pourrait y voir une métaphore de son identité mouvante. Et cette originalité de la forme va de pair chez Marc Desgrandchamps avec celle des médias utilisés, originaux, des lavis, des transparences, des superpositions.
Dans son étrangeté de la stratification et du multi-temporel, le peintre atteint une forme rare d’universalité, celle de l’incertain.
Sur le tard, je n’aime que la quiétude. Loin de mon esprit la vanité des choses. Dénué de ressources, il me reste la joie De retourner à ma forêt ancienne. La brise des pins me dénoue la ceinture ; La lune caresse les sons de ma cithare. Qu’elle est, demandez-vous, l’ultime vérité ? Chant des pêcheurs, dans les roseaux, qui s’éloigne…
Wang Wei 王维 – 701-761 – L’écriture poétique chinoise : une anthologie des poèmes des Tang, François Cheng, éditions du Seuil, 1977 – Source
Wang (Wei) : A Monsieur le magistrat Chang
La Gazette d’Amavero n°20- Lundi 9 mars 2026
Concert ouvert à tous Brahms-Schumann-Fauré-Massenet (piano-alto) ) Noisy-le-Roi dimanche 12 avril à 17 h
Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 4)
Ajout d’œuvres d’art moderne (Galerie 2)
Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 3)
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