Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 556 artistes • 822 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Le maquereau terrestre est une variété de requin qui transforme à coups de beignes de jolies sirènes en morues à pigeons. …, journaliste à… Lire


  • allusions

    Paul Sérusier – Paysage au Bois d’Amour, dit aussi Le Talisman
    (1888)

    l’étape est franchie
    de la forme ne reste que
    couleurs réinventées
    et allusions
    chaque chose
    pourtant à sa place
    on devine on imagine
    on se laisse emporter
    par la musique douce
    des teintes accolées
    on voit la maison
    on voit les arbres
    on voit l’eau
    ensuite
    il faut fermer les yeux
    pour que le spectacle continue
    en chacun de nous

    Texte de Luc Fayard inspiré par ce tableau de Paul Sérusier vu au Musée d’Orsay

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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  • rouge sang

    Maurice Denis – Taches de soleil sur la terrasse (1894)

    tout le monde aurait aimé
    savoir peindre
    des flaques de soleil
    comme celles-là
    un vrai rouge sang
    violent
    gluant
    qui tache
    qui fait mal
    et chaud au coeur
    le vert est vert
    la vie est contraste
    la vie explose
    comme une tache
    de sang

    Texte de Luc Fayard inspiré par Taches de soleil, de Maurice Denis

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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  • rêve d’amour

    Émile Bernard – Madeleine au Bois d’Amour (1894)

    symbole total du rêve
    zeste de langueur
    pose alanguie
    sanglée dans sa robe
    Madeleine songe
    et le temps
    les arbres
    l’eau se figent
    pour l’escorter
    dans son rêve
    au Bois d’Amour
    si bien nommé
    sera-t-il exaucé

    Texte de Luc Fayard inspiré par Madeleine au Bois d’Amour, d’Émile Bernard
    Duo poème-œuvre paru dans « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les Impressionnistes. », Éditions Amavero, 2023
    Voir nos deux autres galeries d’art (œuvres seules) : Art contemporain, Art moderne


  • l'homme nu

    les lumières jaillirent de la nuit
    crépitant comme un feu d’artifice
    lanceur de fausses étoiles
    vers le dôme du monde

    je vis la folie des hommes
    le passé reconstruit le présent occulté
    le futur antérieur éparpillé
    l’espace infini courbé par le temps

    puis un long chant d’amour
    rivière tortueuse et lente
    coula en déchirure aiguë
    cicatrisant les champs de vie

    à genoux l’humanité priait
    ses totems qui lui psalmodiaient
    peuple né de la pénitence
    tu vivras dans la souffrance

    une longue plainte naquit
    mère de tous les cris
    fil d’ariane reliant les cœurs
    tiraillés entre désirs et pleurs

    indifférent aux maux
    je marchai jusqu’à l’aube
    et le jour advenu
    j’étais un homme nu

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « l’homme nu »


    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte


  • malgré tout

    automne est là malgré tout
    malgré la folie des hommes
    la fin des embrassades
    et des câlins furtifs
    malgré le regard méfiant planétaire
    l’automne est venu sans se presser
    les feuilles du chêne roux me narguent
    le liquidambar a fini par rougir
    l’acacia a pris sa forme squelettique
    ce n’est pas encore de l’espoir
    c’est une lueur dans la lourde brume
    des esprits martelés par l’angoisse
    le temps me dit qu’il est plus fort que moi
    bah je le savais déjà
    mais je l’avais peut-être oublié
    déboussolé et perdu
    dans la contagion prégnante des corps
    et des cœurs
    dans l’éternité apparente de la maladie
    j’ai peur de mourir dans d’atroces souffrances
    et de laisser en plan tous ceux que j’aime
    alors je regarde le chêne mur
    et je souris presque
    malgré la pesanteur des jours morts
    malgré l’incohérence de la parole inutile
    et doucement en respirant je me dis
    que je reverdirai comme lui

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « malgré tout »


    Texte de Luc Fayard illustré par une image de Dall.e créée pour ce texte



Art et Poésie : dernières publications

  • Guy Tirolien : Gouaches (1961)

    Guy Tirolien : Gouaches (1961)

  • Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

    Du bist die Zukunft, großes Morgenrot
    über den Ebenen der Ewigkeit.
    Du bist der Hahnschrei nach der Nacht der Zeit,
    der Tau, die Morgenmette und die Maid,
    der fremde Mann, die Mutter und der Tod.

    Du bist die sich verwandelnde Gestalt,
    die immer einsam aus dem Schicksal ragt,
    die unbejubelt bleibt und unbeklagt
    und unbeschrieben wie ein wilder Wald.

    Du bist der Dinge tiefer Inbegriff,
    der seines Wesens letztes Wort verschweigt
    und sich den andern immer anders zeigt:
    dem Schiff als Küste und dem Land als Schiff.

    Tu es l’avenir, la grande aurore
    sur les plaines de l’éternité.
    Tu es le cri du coq après la nuit du temps,
    la rosée, la prière du matin, la jeune fille.
    l’étranger, la mère et la mort.

    Tu es la forme qui sans cesse change,
    qui, toujours solitaire, émerge du destin,
    qui demeure sans gloire ni regret
    et vierge comme une forêt sauvage.

    Tu es l’essence même des choses
    qui tait le dernier mot de son être
    et qui se montre aux autres toujours autre :
    au navire comme une côte, à la terre comme un navire

    (1875-1926). Né à Prague donc autrichien, puis tchécoslovaque.
    Das Stunden-Buch. Le Livre d’heures. Traduction française de Maurice Betz et Luc Fayard

    Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

  • Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)

    Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)

  • Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)

    Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)

  • Mária Geszler-Garzuly : Between the Trees (2025) – porcelaine

    Mária Geszler-Garzuly : Between the Trees (2025) – porcelaine

  • Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

    Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

  • Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

    Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

  • William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

    LEAR
    Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow!
    You cataracts and hurricanoes, spout
    Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks!
    You sulphurous and thought-executing fires,
    Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts,
    Singe my white head! And thou, all-shaking thunder,
    Smite flat the thick rotundity o’ the world!
    Crack nature’s moulds, all germens spill at once
    That make ingrateful man!

    LEAR
    Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez,
    Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez
    Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes !
    Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée,
    Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne,
    Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle,
    Aplatis l’épaisse rotondité du monde,
    Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes
    Qui font l’homme ingrat !

    Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats

    William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

  • Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

    Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

  • Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

    Il n’y a rien en nous. Il n’y a personne. Il n’y a en nous qu’une attente sans couleur et sans forme. Elle n’est l’attente d’aucune chose. Elle est en nous comme de l’air mélangé à de l’air. Elle ne ressemble à rien, sinon peut-être à l’extrême pointe d’une lassitude. Cette attente n’a pas toujours été là. Nous n’avons pas toujours été rien, personne. Dans l’enfance nous étions tout et dieu n’était qu’une part infime de nos domaines – quelque chose comme un brin d’herbe dans un pré.

    C’est avec la fin de l’enfance que l’attente a commencé. C’est après notre mort que nous avons commencé à attendre.

    (1951-2022). Une petite robe de fête. folio/Gallimard, 1991.

    Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

  • Francis Ponge : Le Chêne (1942)

    Francis Ponge : Le Chêne (1942)

  • Octavio Paz : Source

    Parle laisse tomber une parole
    Bonjour j’ai dormi tout l’hiver et maintenant je me réveille
    Parle
    Une pirogue glisse vers la lumière
    Une parole légère avance à pleines voiles
    Le jour a la forme d’un fleuve
    Sur ses rives brillent les plumes de tes chants
    Douceur de l’eau dans l’herbe endormie
    Eau claire voyelles à boire
    Voyelles parures du front des chevilles
    Parle
    Touche la cime d’un silence heureux
    Et puis ouvre les ailes parle sans cesse
    Un visage oublié passe
    Tu passes toi-même allure de vent dans un champ de maïs
    L’enfance avec ses flèches son idole son figuier
    Romps les amarres passe avec la tour et le jardin
    Passent futur et passé
    L’heure déjà morte et l’heure à tuer
    Passent des éclairs qui portent dans leur bec des morceaux de temps encore vivant
    Volées de comètes qui se perdent dans mon front
    Parle
    Mouille les lèvres dans la pierre fendue qui jaillit inépuisable
    Plonge tes bras blancs dans l’eau féconde en prophéties imminentes

    Le Tournesol in Condition de nuage (1939-1955) in Liberté sur Parole, nrf/Poésie/Gallimard, 2014.
    Mexicain (1914-1998). Prix Nobel de littérature en 1990.

    Octavio Paz : Source

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025