Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 556 artistes • 822 auteurs
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Citation Amavero du jour
Si le tailleur part en guerre contre le boulanger, il devra désormais cuire son propre pain.
…, économiste, cité par Steven Pinker in Le… Lire


  • jaune et rouille

    nappes de vignes
    aux multiples teintes
    tirées d’une palette 
    jaune et rouille
    pénétrant les sens à vif

    treilles dignes
    gémissantes 
    du poids du temps
    dépouillées de leurs apprêts
    les voici comme elles sont
    fatalement désossées
    maigres et nues
    cernées des compagnons
    chênes verts et blancs antiques
    tordus par un sorcier sadique

    ciel bleu et rose
    aux incroyables diagonales
    ouatées le matin
    cristallines ensuite
    ensorcelées le soir

    taches de sang
    des cailloux rouges
    incrustés toute l’année
    mais se détachant mieux
    d’un paysage écorché

    l’automne en provence
    ce n’est pas l’automne qui danse
    c’est une saison unique au monde
    aux odeurs et couleurs invisibles
    un jardin mystérieux
    calme impénétrable 
    et mythique

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « palette jaune et rouille »

    Texte de Luc Fayard illustré par une image créée par l’IA sur ce texte


  • dos courbé

    Pierre Bonnard – La Jeune fille aux bas noirs (1893)

    courbée du dos et des épaules
    elle est fragile timide apeurée
    recroquevillée
    on n’ose imaginer
    ce qui va se passer
    peut-être l’enfant est-elle
    tout simplement
    en train de jouer
    ou de sucer son pouce
    avant de se mettre au lit

    Texte de Luc Fayard inspiré par La Jeune fille aux bas noirs, de Pierre Bonnard

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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  • invention

    Pierre Bonnard – Tête de femme à contre-jour (1906)

    il fallait oser user
    du contre-jour
    dans la peinture
    pour justifier avec éclat
    le coup de pinceau
    à la fois précis
    et suggestif
    les teintes improbables
    du visage
    le dessin parfait du profil
    et le ton rêveur
    on peut alors
    rêver
    c’est un jeu un bonus

    Texte de Luc Fayard inspiré par Tête de femme à contre-jour, de Pierre Bonnard

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

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    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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  • corbeau

    Henri Rousseau, dit Le Douanier – Portrait de Madame M. (1863)

    pauvre douanier
    quelle peur soudaine
    a du l’envahir
    à l’apparition
    de ce corbeau saisissant
    pourtant
    à bien y regarder
    la figure est ronde
    et bonhomme
    et dans les yeux
    des nuages passent
    comme une interrogation
    elle ne doit pas être
    si méchante que cela
    elle grogne c’est sûr
    mais parfois
    peut-être
    sourit-elle

    Texte de Luc Fayard inspiré par Portrait de Madame M., de Henri Rousseau , dit Le Douanier

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

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    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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  • espace creux

    l’espace n’a plus les mêmes creux
    il se dilue se déforme
    le temps coule chaotique
    dégoulinant d’une montre molle 
    le soleil sourit satisfait 
    comme un projecteur de cinéma
    seuls les oiseaux chantent
    profitant du vide absolu
    laissé par nos âmes statues

    l’angoisse plane 
    on se croit malade
    on n’est que pantin pitoyable
    on ne rit plus c’est indécent
    le monde entier oublie ses gestes tendres
    transformé en robot appliqué

    on s’en souviendra forcément
    de ces gens croisés 
    la tête basse sur le côté
    craignant le miasme errant
    de ces frôlements évités
    de ces embrassades retenues
    la mémoire mise à nue
    le monde entier ne baise plus
    pas prononcé pas pensé pas fait
    le mot amour effacé de nos écrans

    quand la vie reviendra
    on ne saura plus quoi se dire
    on sera niais et gras
    le sourire béat

    j’irai pleurer dans la rue bondée
    cherchant un visage à caresser
    mais on fuira le pestiféré
    je crierai vous avez oublié la respiration
    maintenant il est trop tard le mal est fait
    ce n’est pas la maladie qui a gagné
    ce n’est pas le virus qui vous a tué
    vous individu société nation
    c’est le manque d’ambition

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « espace creux »


    Texte de Luc Fayard illustrée par une image créée par l’IA pour ce texte



Art et Poésie : dernières publications

  • pays rêvé (Hommage à David Hockney)

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  • Henry Moore : Large Upright, Internal/External Form (1981)

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  • Henri Matisse : Femme au chapeau (1905)

    Henri Matisse : Femme au chapeau (1905)

  • Guy Tirolien : Gouaches (1961)

    Guy Tirolien : Gouaches (1961)

  • Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

    Du bist die Zukunft, großes Morgenrot
    über den Ebenen der Ewigkeit.
    Du bist der Hahnschrei nach der Nacht der Zeit,
    der Tau, die Morgenmette und die Maid,
    der fremde Mann, die Mutter und der Tod.

    Du bist die sich verwandelnde Gestalt,
    die immer einsam aus dem Schicksal ragt,
    die unbejubelt bleibt und unbeklagt
    und unbeschrieben wie ein wilder Wald.

    Du bist der Dinge tiefer Inbegriff,
    der seines Wesens letztes Wort verschweigt
    und sich den andern immer anders zeigt:
    dem Schiff als Küste und dem Land als Schiff.

    Tu es l’avenir, la grande aurore
    sur les plaines de l’éternité.
    Tu es le cri du coq après la nuit du temps,
    la rosée, la prière du matin, la jeune fille.
    l’étranger, la mère et la mort.

    Tu es la forme qui sans cesse change,
    qui, toujours solitaire, émerge du destin,
    qui demeure sans gloire ni regret
    et vierge comme une forêt sauvage.

    Tu es l’essence même des choses
    qui tait le dernier mot de son être
    et qui se montre aux autres toujours autre :
    au navire comme une côte, à la terre comme un navire

    (1875-1926). Né à Prague donc autrichien, puis tchécoslovaque.
    Das Stunden-Buch. Le Livre d’heures. Traduction française de Maurice Betz et Luc Fayard

    Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

  • Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)

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  • Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)

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  • Mária Geszler-Garzuly : Between the Trees (2025) – porcelaine

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  • Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

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  • Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

    Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

  • William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

    LEAR
    Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow!
    You cataracts and hurricanoes, spout
    Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks!
    You sulphurous and thought-executing fires,
    Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts,
    Singe my white head! And thou, all-shaking thunder,
    Smite flat the thick rotundity o’ the world!
    Crack nature’s moulds, all germens spill at once
    That make ingrateful man!

    LEAR
    Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez,
    Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez
    Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes !
    Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée,
    Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne,
    Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle,
    Aplatis l’épaisse rotondité du monde,
    Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes
    Qui font l’homme ingrat !

    Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats

    William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

  • Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

    Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025