Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
femme et vase se répondent deux formes le sombre et le clair mais les bras et les feuilles se disputent la potiche nous dit ce n’est pas moi qu’il faut regarder c’est elle et que nous disent d’autre impératifs les doigts crispés de la femme sur le fauteuil ils disent regardez-moi donc
Texte de Luc Fayard, inspiré par La Femme et la potiche, d’Edgar Degas
beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023
Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023 COMMANDER LE LIVRE
Claude Monet – Les Coquelicots, dit aussi La Promenade (1873)
ils sont tellement hauts ces coquelicots qu’ils vont avaler l’enfant au loin la maison de famille chaperonne la promenade les odeurs chatouillent les narines émues les souvenirs d’enfance font remonter à la surface les lentes déambulations dans les champs sans horloge où rien n‘était plus important que la suite du chemin cachée par le virage et sur sa peau les goûts épicés de la campagne
Texte de Luc Fayard, inspiré par La Promenade, de Claude Monet
beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023
Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023 COMMANDER LE LIVRE
je veux tout oublier des anciens jours sépia célestes ou grossiers que rien ne recopia
ni les pleurs ni les chants de la lumière bleue ni l’accord dissonant du matin malheureux
je veux tout oublier la magie floue du monde le tournis mésallié dansant sa folle ronde
oublier la cité du concert fracassant l’impétuosité du cynique impatient
je veux tout oublier les mots si malhabiles sur les plaies repliées des rendez-vous fragiles
la mémoire infiltrée au détour du chemin par de nouveaux portraits regardant vers demain
je veux tout oublier pour qu’enfin recommence l’émotion relayée par le spleen sans souffrance
que souffle l’infini des contrées inconnues cajolant dans son nid mon âme mise à nu
Gustave de Smet – Femme à la fenêtre (1919) – gravure sur boisHenri Lebasque – Jeune femme devant la fenêtre à l’île d’Yeu (1920)Simon – Regard à travers la fenêtre
Texte finaliste du Diplôme d’Honneur – Concours Europoésie-Unicef 2023 Texte illustré par l’illustration Femme regardant par la fenêtre de Simon, par le tableau Femme à la fenêtre face à l’Île d’Yeu, d’Henri Lebasque et par le tableau Woman at the window on a holiday, de Gustave de Smet. Je ne sais pas pourquoi c’est cette image de femme à la fenêtre qui m’est venue pour illustrer ce texte de l’oubli renaissance : on pourrait en faire toute une galerie tellement ce thème a inspiré d’artistes! Alors, j’en ai créée ma galerie de chefs-d’œuvre (une soixantaine) qui pourra s’agrandir avec vos suggestions sur cette page dédiée :
Camille Claudel – La Vague ou Les Baigneuses (1897) – sculpture plâtre puis onyx
La vague devient chair sous le ciel dénudé, Le long de son corps embrasé se perd le temps, L’onde enserre la lumière de vert veinée, Oblitérant de ses doigts le jour en suspens.
Lors, la vague émeraude vomit la colère Dans la danse de ses lames effrénées, Se pétrifie dans les coulures de l’éther Son âme déchue où s’émiettent les trophées.
Les trois belles à l’entour de l’intempérance Éclaboussent la vague de leur nudité, Quand leurs cœurs ceints d’onyx vibrent dans les luisances.
La grâce susurre à la vague captivée : « Sursois à briser mon âme qui bat encore Dans la danse des corps où vacillent les ors ».
Texte de Laurence Sophie inspiré par la sculpture La Vague ou Les Baigneuses de Camille Claudel
d’où vient-elle cette énergie à diffusion lente dans l’esprit le corps
je connais sa seule source la beauté pure invisible sans forme intouchable et vibrante
pour la sentir je deviens ermite assis sur la montagne contemplant au rythme d’un souffle lent la vallée de mon cœur
j’y vois ma vie défiler en pointillé les passants des rencontres n’y sont que des ombres
et enfin je les vois les oiseaux libres et chanteurs ravisseurs d’espace dansant en cercle faisant la farandole peu à peu ils se taisent et s’en vont au loin planer en vol longtemps rétrécis à n’être plus qu’un point
alors je ferme les yeux les bras tendus tournant mes paumes vers le bas avec encore dans mes oreilles cette merveille le chant des mésanges noires si aigu
c’est comme si j’embrassais tout le paysage c’est comme si l’énergie des monts et des brumes l’énergie du vent chaud et humide l’énergie des plaines et des forêts me traversait tout le corps des pieds ancrés en terre à la tête souriant aux anges
Texte de Luc Fayard inspiré par Bords de mer , de Hélène Averous, encre de Chine sur papier de riz
Dernières publications d’art et de poésie
Ajouts d’œuvres d’art contemporain (Galerie 8)
John Wood et Paul Harrison : Headstand (1995) – vidéo performance
Quand le grand rabbin Israël Baal Shem-Tov pensait qu’une menace se profilait contre le peuple juif, il avait coutume d’aller concentrer son esprit en un certain lieu du bois; là, il allumait un feu, récitait certaine prière et le miracle s’accomplissait : le danger était écarté. Plus tard, quand son disciple, le célèbre Maguid de Nezeritsch, devait implorer le ciel pour les mêmes raisons, il accourait au même endroit et disait : « Maître de l’Univers, écoute-moi. Je ne sais comment allumer le feu, mais je suis encore capable de réciter la prière. » Et le miracle s’accomplissait. Plus tard, le rabbin Mosh-Leib de Sassov allait également au bois pour sauver son peuple, et il disait : « Je ne sais comment allumer le feu, je ne connais pas la prière, mais je peux me placer à l’endroit propice et cela devrait suffire. » Et cela suffisait, et le miracle s’accomplissait. Ensuite, c’est au rabbin Israël de Rizsin qu’il revint d’éloigner la menace. Assis dans son fauteuil, la tête entre les mains, il parlait à Dieu en ces termes : « Je suis incapable d’allumer le feu, je ne connais pas la prière, je ne puis même pas trouver le lieu du bois. Tout ce que je sais faire c’est raconter cette histoire. Cela devrait suffire. » Et cela suffisait. Dieu a créé l’homme parce qu’il aime les histoires.
Une mer robuste, d’un bleu profond, t’a éclairé le visage. Chassés par le soleil, tous les morts.
Les pêcheurs sont passés avec des paniers vides. La lune palpitait sur tes genoux. Rien ne séparait plus le vide de la plénitude.
Le temps s’allonge, tu t’allonges. Ton image immobile sur le mur intérieur.
Cette peur d’avoir oublié quelque chose que j’aurais dû prendre. Et la peur qu’une telle immensité ne connaisse une fin.
Erotica. Le mur dans le miroir et autres poèmes. nrf Poésie / Gallimard (extraits).
Yannis Ritsos : Nudité du corps
Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)
George Bellows — California Headlands (1917)
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