Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 433 artistes • 758 auteurs
publiés dans Amavero

  • Celan (Paul) : Fugue de la mort (Todesfuge)

    Lait noir du petit jour nous le buvons le soir
    nous le buvons midi et matin nous le buvons la nuit
    nous buvons et buvons
    nous creusons une tombe dans les airs on y couche à son aise

    Schwarze Milch der Frühe wir trinken sie abends
    wir trinken sie mittags und morgens wir trinken sie nachts
    wir trinken und trinken
    wir schaufeln ein Grab in den Lüften da liegt man nicht eng

    (suite…)

  • Sans P

    ‌Un ‘eu de ‘oésie, dans ce monde de brutes,
    ‘our les ‘etits en lutte, et ‘our les grands en rut.
    Oui, mais en su »rimant la lettre à ‘ostillons,
    gouttelettes à virus, ‘artout en ‘a’illons

    (suite…)

  • Malika

    Keltoum Delfouss – Malika (détail)

    À mes mamas algériennes.
    Deux mamas qui ne se connaissent pas, sont pourtant tatouées dans mon cœur.
    L’une est ma belle mama de la poésie et l’autre est ma mama Malika.
    Même le prénom MALIKA comporte le nom de Ali BELKAHLA.
    On ne récolte ce que l’on s’aime, j’ai été baptisée Yacuta par Linda.
    Encore une autre mama, à laquelle je tatoue le signe de l’amour,
    Ave Maria, si tu me reconnais, je suis ta tata.
    Cette toile figurative est le caméléonisme du culturisme.
    Je développe ma masse musculaire pour faire de l’esthétisme.
    À plusieurs, les mamas deviennent QUEEN
    À l’image de Malika.
    Des femmes fortes qui ont enfantées les plus beaux insignes.
    SAL’ÂME ALI BOOM, KELTOUM !
    Ils sont DEFFOUS ces Algériens !

    Texte d’Angélique Leroy, inspiré par Malika, de Keltoum Deffous


  • Celan (Paul) : Anabase

    ANABASIS

    Dieses
    schmal zwischen Mauern geschriebne
    unwegsam-wahre
    Hinauf und Zurück
    in die herzhelle Zukunft.

    ANABASE

    Cet
    aller en haut et retour dans
    l’avenir clair-cœur,
    mal praticable et vrai,
    écrit étroit entre des murs.

    (suite…)

  • je me souviens

    Une œuvre abstraite en noir et blanc, présentant des formes angulaires et des contrastes entre des zones sombres et claires.
    Célia Ebert – Cartographie mentale (2024)

    Frottage au fusain & lavis d’encre de Chine. Effacement, grattage – 2024.

    Tirage pigmentaire signé et numéroté.

    Née au contact direct de la pierre, cette œuvre explore la trace et l’empreinte.

    Le fusain capte les reliefs du sol, comme une mémoire spontanée.

    Le lavis d’encre de Chine habite ces formes, jusqu’à faire émerger une cartographie mentale, où l’accident dialogue avec l’aléatoire.

    je me souviens
    j’étais un crabe triste
    glissant d’une algue à l’autre
    et le soir aux piaillements crissants
    des grands oiseaux blancs
    j’allais me terrer dans mon antre

    je me souviens
    j’étais une araignée maigre
    pendue à sa filandre
    aux arbres de branche en branche
    et dans le matin cru éblouissant
    je me recroquevillais en pleurant

    je me souviens
    la vie prenait mille teintes
    sans frontière entre noir et blanc
    c’était avant l’arrivée de la couleur
    mais personne n’en avait besoin
    les enfants le savent bien

    je me souviens
    des épaules basses des visages longs
    ce n’est pas grave disait-on
    il faut juste un peu
    de poussière et d’encre
    pour pleurer

    je me souviens
    quand tout a changé
    l’horizon frondeur
    a voulu se teindre en bleu
    ce fut la bataille de la terre et du feu
    et le ciel a fini par gagner

    je me souviens
    quand la tristesse s’en est allée
    faisant place au sourire
    dans les chemins moins escarpés
    aux pierres moins glissantes
    les grains de sable se sont mis à jouer

    je me souviens de ton premier rire

    Texte de Luc Fayard inspiré par Cartographie mentale, de Célia Ebert


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  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025