Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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Citation Amavero du jour
Donnez-moi un moulin à bras et je vous donnerai la société féodale.(moulin à bras ou moulin à vent ? cité par Dominique Strauss-Kahn,… Lire
Karl Marx


  • inutiles mains

    Sculpture représentant deux énormes mains émergeant de l'eau, situées près d'un bâtiment à Venise, symbolisant un appel à l'aide ou une lutte contre la montée des eaux.
    Lorenzo Quinn – Support (2017) – sculpture à Venise

    quatre milliards d’années
    à construire la vie
    quelques décennies
    pour la détruire
    il est trop tard
    les mains ont beau
    surgir de l’eau
    magnifiques
    pour crier au secours
    et tenter de soutenir
    les murs branlants
    de notre aveuglement
    il est trop tard
    rentrez sous l’eau
    membres de l’espoir inutile
    cachez-vous
    laissez crouler le monde
    devenu fou
    Venise aussi mourra
    campagnes et villes
    se noieront
    ne faisant plus dans l’eau
    que de petits ronds
    s’amenuisant
    et nos enfants pleureront

    Texte de Luc Fayard inspiré par la sculpture « Support » de Lorenzo Quinn, à Venise (2017)


  • Delphine Desane : The night was made for rest and sleep it was not made for grief and tears (2020)

    Delphine Desane – The night was made for rest and sleep it was not made for grief and tears (2020)

  • Giorgio de Chirico : Malinconia Torinese (1965)

    Giorgio di Chirico – Malinconia Torinese (1965)

  • la lune pleure (illustré par 32 œuvres d'art contemporain)



    la lune pleure

    je n’irai pas décrocher la lune
    je la laisse où elle est
    pour que perdurent mes rêves
    les soirs de grise mine
    quand je lève la tête
    et m’imagine
    un monde moins dur
    aux vallons embrumés

    bleutée au loin
    dans mes nuits d’insomnie
    elle m’envoie de son coin
    des mots d’amour attendris

    depuis des siècles
    ni astre ni matière
    la lune n’est que prières
    supplications espoirs
    larmes et joies
    sphère aspirant
    les émotions du monde
    qui montent vers elle

    surtout
    ne pas la prendre
    dans ses bras
    qu’elle reste là-haut
    au chaud
    à nous regarder
    la tête penchée

    quel plaisir alors
    de suivre sa courbe
    dans le ciel rose
    pour que la nuit durant
    respirant autre chose
    que le fardeau de l’âge
    mon âme légère
    s’élève jusqu’à elle
    comme une feuille d’or
    libérée de la gravité

    vous ne le saviez pas
    la lune parfois
    verse une larme
    mais ça ne se voit pas
    ces nuits-là elle se cache
    au fond des nuages

    aujourd’hui la lune est triste
    elle chante lasse
    pour que les cœurs tendres
    entendent son sélène soupir

    il dit
    pauvres humains
    je vous aimais bien
    mais vous avez cassé votre jouet
    plus rien ne sera comme avant
    aujourd’hui je ne peux retenir
    ni les vents de l’enfer ni les raz de marée
    vous mourrez par l’eau et par le feu
    que vous n’avez pas su contenir

    la lune c’est affreux
    une nuit bientôt
    va nous dire adieu
    couchée pour de bon
    loin du regard des hommes
    implosant de mille cratères
    aplatie comme une serpillère

    alors sur la terre ronde
    la mer en furie
    pourra lâcher
    ses vagues titanesques
    et les vents tourbillonner
    en arabesques
    siphons libérant les tsunamis
    de la fin du monde

    regardez bien
    la lune pleure
    en son recoin
    sur le malheur

    Domenico Amato

    Texte de Luc Fayard illustré par 32 œuvres d’art contemporain

    Cette fois-ci je me suis contenté de chercher dans la base d’œuvres d’art contemporain Nicole’s Museum celles qui avaient une lune : aussi bête que cela ! Où l’on voit que la lune libère les imaginations !…

    Auteurs des oeuvres (de haut en bas, de gauche à droite, autour du texte, puis en dessous) :
    Gani Kistauov, Whelan, Paul Lancaster, Federico Garcia-Lorca, Yuri Laptev, Phyllis Jackson, André Masson, Adrian Borda, Annie Stegg-Gerard, Hector Acevedo, Arseniy Lapin, Juan-F. Beja, Kashinath Chawan
    , Mils Bertho, Josep Guinovart, Domenico Amato, Richard Chalmers, Rithika Merchant, Dominika Morariu, Barbara Allaert, Alice Assouline, Peter Doig, Carson Ellis, Olivier de Rivaz, Joanne Delomba, Bronu Novelli, Yui Sakamoto, John-Henry Toney, Katsushika Hokusai, Michel Naze, Peter Harskamp, Linda Vachon

    Lire également le le poème en version texte seul.


  • lumière du soir

    Claire Gruson – Lumière du soir

    on entend craquer
    la vieille charpente
    et les poutres lasses
    la lumière appose
    son filtre d’or tamisé
    sur la pièce alanguie
    le canapé attend
    son visiteur du soir
    venu d’un pas lent
    il franchira la porte
    se penchera pour saisir
    l’ouvrage hier délaissé
    et s’assiéra encore
    pour lire lentement
    le bras sur l’accoudoir
    quelque part
    dans la maison
    une horloge fatiguée
    décompte le temps

    Texte de Luc Fayard inspiré par Lumière du soir, de Claire Gruson



Art et Poésie : dernières publications

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  • Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

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  • Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

    Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

  • William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

    LEAR
    Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow!
    You cataracts and hurricanoes, spout
    Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks!
    You sulphurous and thought-executing fires,
    Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts,
    Singe my white head! And thou, all-shaking thunder,
    Smite flat the thick rotundity o’ the world!
    Crack nature’s moulds, all germens spill at once
    That make ingrateful man!

    LEAR
    Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez,
    Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez
    Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes !
    Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée,
    Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne,
    Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle,
    Aplatis l’épaisse rotondité du monde,
    Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes
    Qui font l’homme ingrat !

    Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats

    William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

  • Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

    Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

  • Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

    Il n’y a rien en nous. Il n’y a personne. Il n’y a en nous qu’une attente sans couleur et sans forme. Elle n’est l’attente d’aucune chose. Elle est en nous comme de l’air mélangé à de l’air. Elle ne ressemble à rien, sinon peut-être à l’extrême pointe d’une lassitude. Cette attente n’a pas toujours été là. Nous n’avons pas toujours été rien, personne. Dans l’enfance nous étions tout et dieu n’était qu’une part infime de nos domaines – quelque chose comme un brin d’herbe dans un pré.

    C’est avec la fin de l’enfance que l’attente a commencé. C’est après notre mort que nous avons commencé à attendre.

    (1951-2022). Une petite robe de fête. folio/Gallimard, 1991.

    Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

  • Francis Ponge : Le Chêne (1942)

    Francis Ponge : Le Chêne (1942)

  • Octavio Paz : Source

    Parle laisse tomber une parole
    Bonjour j’ai dormi tout l’hiver et maintenant je me réveille
    Parle
    Une pirogue glisse vers la lumière
    Une parole légère avance à pleines voiles
    Le jour a la forme d’un fleuve
    Sur ses rives brillent les plumes de tes chants
    Douceur de l’eau dans l’herbe endormie
    Eau claire voyelles à boire
    Voyelles parures du front des chevilles
    Parle
    Touche la cime d’un silence heureux
    Et puis ouvre les ailes parle sans cesse
    Un visage oublié passe
    Tu passes toi-même allure de vent dans un champ de maïs
    L’enfance avec ses flèches son idole son figuier
    Romps les amarres passe avec la tour et le jardin
    Passent futur et passé
    L’heure déjà morte et l’heure à tuer
    Passent des éclairs qui portent dans leur bec des morceaux de temps encore vivant
    Volées de comètes qui se perdent dans mon front
    Parle
    Mouille les lèvres dans la pierre fendue qui jaillit inépuisable
    Plonge tes bras blancs dans l’eau féconde en prophéties imminentes

    Le Tournesol in Condition de nuage (1939-1955) in Liberté sur Parole, nrf/Poésie/Gallimard, 2014.
    Mexicain (1914-1998). Prix Nobel de littérature en 1990.

    Octavio Paz : Source

  • Camillo Innocenti : Nuit (1913)

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  • Thomas Hart Benton : Night Firing of Tobacco (1943)

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  • Andrew Wyeth : Pennsylvania Landscape (1941) – tempera sur panneau

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025