Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 397 artistes • 745 auteurs
publiés dans Amavero

  • petit avion

    Céline Verdière – Mary

    j’aimerais tant
    être un petit avion
    souple et vif
    doué de pirouettes
    et de farandoles
    planant dans l’éternité
    sur les champs de lavande
    les lacs les montagnes
    égal du ciel
    et des oiseaux migrateurs
    les nuages me salueraient
    avec respect
    à la fin du voyage
    je me poserais sur terre
    dans la poussière
    avec lenteur
    dans un dernier regret
    de la vie en hauteur

    Texte de Luc Fayard inspiré par Mary, de Céline Verdière


  • l'amour la mort

    Image Dall.e créée pour ce texte
    Arthur Hughes – Ophelia (1851-1853)

    un jour, elle apparut sur la terrasse d’en face
    s’installa dans le fauteuil
    prit son livre
    et ne le quitta plus des yeux jusqu’au soir

    plongé dans ses propres tourments
    il n’avait pas détecté sa présence jusqu’alors

    au bout de quelques jours
    la routine s’était installée
    elle se montrait dans l’après-midi
    glissant comme un fantôme dans la chaleur épaisse
    trouvait le même coin d’ombre et n’en bougeait plus
    la tête légèrement penchée sur le côté
    vers les pages

    auréolé par la lumière blanche du soleil
    il ne pouvait distinguer son visage à contrejour
    il l’imaginait jeune et belle triste
    cherchant à se consoler dans ses lectures
    ou bien à oublier

    son amant l’avait quittée c’est sûr
    et la vie ne possédait plus de sens pour elle
    lui-même vivait un désespoir abyssal

    elle était toujours seule
    personne ne venait la voir
    seule une vieille servante s’occupait d’elle

    solitaire lui aussi
    et n’ayant finalement rien d’autre à faire
    il la fixait des yeux chaque jour un peu plus

    mais jamais elle ne fit le moindre geste
    signifiant qu’elle avait remarqué son manège
    alors il l’aima encore plus fort

    un soir où à son habitude
    la servante vint la chercher à la tombée de la nuit
    il décida de déclarer sa flamme dès le lendemain

    cette idée l’asphyxia toute la nuit
    mais le lendemain elle n’apparut pas
    il comprit alors qu’elle était morte et se mit à respirer de plus en plus mal
    il mourut dans la journée

    par hasard
    ils furent enterrés tous les deux cote à cote
    au fond du cimetière
    contre le vieux mur en pierre rongé par les plantes

    en quelques mois
    le lierre recouvrit les deux tombes
    d’un même manteau
    comme pour les réunir à jamais

    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte et par Ophelia d’Arthur Hughes, qui est la version publiée dans « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 2 : Art moderne et contemporain« , Éditions Amavero, 2024

    Hommage à la tombe des frères Van Gogh, à Auvers-sur-Oise


  • disco

    Kragethe – Disco

    en ce temps-là
    on s’habillait en couleur
    la musique était folle
    tout était possible
    le sexe le bruit la nuit
    les gens dansaient
    des heures en transe
    dans les discothèques
    au petit matin
    on riait encore
    de ses accoutrements
    pattes d’eph et coiffure afro
    c’était le temps du disco

    Texte de Luc Fayard inspiré par Disco, de Kragethe


  • entrer dans l’eau

    Alexia Rouaud – Dernier bain

    l’entrée dans l’eau de mer
    surtout quand elle est fraîche
    est un rituel très personnel
    on y va franchement
    ou bien en sautillant
    ici on plonge d’emblée
    là on s’accroupit
    c’est un défilé de gestes
    mimiques postures
    pour que s’accordent les fluides
    il y a tous les cris
    toutes les nages
    tous les âges
    le bain c’est la vie

    Texte de Luc Fayard inspiré par Dernier bain, d’Alexia Rouaud


  • envol

    Dary Jullien – L’Envol (2022)

    le souffle rauque du vent
    secouant fleurs et plantes
    le ruissellement crissant de l’eau
    sur la mousse feutrée des pierres
    un mini-cyclone
    dans un jardin secret
    des fils qui s’emmêlent
    en se tortillant
    et pour couronner le tout
    la lumière blanche
    support à l’envoûtement
    de ce fin tourbillon

    Texte de Luc Fayard inspiré par L’Envol, de Dary Jullien


Dernières publications d’art et de poésie

  • Trois espaces

    Trois espaces

  • Elle était là dans le silence pluvieux

    Elle était là dans le silence pluvieux

  • Tu cours dans un espace fini

    Tu cours dans un espace fini
    Blanc fulgurant
    dans un océan de noirceur
    le feu a tout détruit
    mais toi tu portes l’espoir
    Franchiras-tu les limites
    de ce monde sinistre ?
    Détache-toi
    Envole-toi
    Brise le carcan
    Terrasse l’ombre
    et jette le fantôme
    qui veut t’enfermer

    Texte et calligramme de Baronne, inspiré par John Caple(2000) ;

    Tu cours dans un espace fini

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    Comme je laissais derrière moi

  • Il est là monstrueux

    Il est là monstrueux démesuré
    debout par miracle
    Dans un maelström de particules
    Raide et impassible
    dans ce magma coloré
    Poursuivi par ce spectre grimaçant
    qui se cache à lui et veux l’engloutir
    Inconscient, il marche
    et va vers son destin
    Dans un tourbillon d’électrons dorés
    dont la beauté adoucira la fin

    Texte de Véronique Demant, inspiré par Silence d’or, de Sophie Rocco ; écrit en Atelier de poésie

    Il est là monstrueux

  • J’ai plongé dans cette mer

    J’ai plongé dans cette mer

  • J’aimerais que mes pensées se libèrent

    J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse.
    J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour.
    J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.

    Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi
    Texte écrit en Atelier de poésie

    J’aimerais que mes pensées se libèrent

  • Cent et onze années

    Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées
    Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées
    La blancheur lactique de tes bras
    Tes bras qui faisaient
    Comme des branches
    Me rendaient extatique, enfant soudain,
    Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant
    Quand nous dansions
    Et que tu m’entrainais
    De tes bras pratiques,
    Des branches lactiques, extatiques
    Cette mémoire me fait défaut désormais
    Seul cet océan nouveau me fait peur
    Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors
    Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur
    Cent et onze années ont passé
    Et ce voile goudronné sur mes souvenirs
    Est la preuve même de ton existence
    Car tout recto a son verso

    Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie

    Cent et onze années

  • Exil de l’âme

    Exil de l’âme

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025