Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 556 artistes • 821 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Toute chose étant aidée et aidante, causée et causante, et les plus éloignées étant liées de façon insensible, je tiens pour impossible de… Lire


  • Sans P

    On quitte ici l’art visuel pour l’art oral.
    Écoutez et regardez l’étonnant speech de Yannick Nédélec, une performance à la fois orale et littéraire, encore mieux peut-être que Devos!
    Et qui plus en tout en alexandrins!  
    Tout est dans le titre.
    Un bijou!
    Une performance réalisée et enregistrée à la Coupe de la Ligue Slam de France 2021 (auteur de la vidéo dont j’ai pris cet extrait)
    Lire le texte en entier


  • quatre actes (en version poésique)

    Anne Defaucher – Quatre acryliques (2023)

    la branche et l’algue
    le ciel et la mer
    l’herbe et la mousse
    le ruisseau et la montagne

    on entend tous les chants
    le cri surpris des oiseaux
    le ruissellement soyeux de l’eau
    le frottement tiède du vent

    toutes les strates de la vie
    joie ou tristesse
    espoir ou peine
    se jouent en quatre actes

    Texte de Luc Fayard, illustré par :Quatre acryliques, d’Anne Defaucher (2023).


  • enfance

    Valérie Hadida – Plume (2023) – sculpture – (Photo: @SevBorgella)

    j’aimerai tant retrouver
    cet esprit d’enfance
    pétillant d’impertinence
    où l’on peut
    croire impassible
    aux infinis possibles
    s’asseoir persuadé
    que le monde guettera
    sa parole d’insouciance
    sentir le vent
    ébouriffer sa vie
    poser là
    son évidence
    sa vérité
    crue et nue
    laisser passer les rêves
    dans ses yeux mi-fermés
    sans se lasser
    en oubliant le temps
    l’enfance est sans horloge
    sans apparat ni toge
    et dans une moue sans rire
    montrer que l’on existe
    pour le meilleur de l’artiste
    et jamais pour le pire

    Texte de Luc Fayard inspiré par la sculpture Plume (bronze, 39 x 28 x 14 cm) de Valérie Hadida, publiée par Galry


  • Déserte

    Brigitte Biechy-Payrastre – N.167 (2019) –  acrylique sur toile

    D’argile et de pierres
    D’ocre et de sang

    Je suis façonnée
    Par les fumerolles
    Bercée par les légendes

    Mon corps n’est que parole
    Et ma parole est cendre
    Enfantée par les roches
    Par-delà les méandres

    Mes pieds foulent le sol

    Chaos incandescent
    D’où d’indomptables et folles
    Rivières prennent naissance

    Sauvage et éphémère
    Éternel mouvement
    Que celui de la terre
    Soulevée par les vents

    Je suis une prière
    Une femme mouvante
    Animale
    Déferlante
    Solitaire
    Reliée au vivant
    Par les racines dans mon ventre.
    Je suis le désert
    Le désert est mon antre.

    Texte de Léa Cerveau, dite Léa La Poétique, inspiré par le tableau N.167 de Brigitte Biechy-Payrastre  – 2019 –  acrylique sur toile -114 cm x 142 cm


  • brume

    Bérangère Costa – Le Conquet – photographie

    je suis l’humide gris
    perlant de gouttes
    sur le pont salé
    je suis le voile du marin
    enrobant le navire
    pour lui dérober la vie

    porteuse de poisse
    je suis la fatalité
    faiseuse d’angoisse
    à qui on finit
    par s’habituer

    quand je suis là
    sans m’être annoncée
    anxieux le marin
    ne voit plus rien
    silencieux aux aguets
    l’oreille tendue
    il écoute ausculte
    car il le sait
    je ne pardonne rien
    ni l’invisible rocher
    ni la boussole affolée

    sur la cote floutée
    le phare sans veilleur
    peut se moquer de moi
    mais que m’importe
    où son regard porte
    tenace obstinée
    d’une infinie patience
    je tisse ma toile
    d’ombre et de destin
    posément je déploie 
    mon filet de mailles
    à l’invisible ouate
    enserrant ses proies

    et pour un temps incertain
    sous la loi de l’indistinct
    moi juge suprême
    j’abolirai la frontière
    entre laideur et beauté
    pour tout emmêler
    sans aucun remords
    le jour et la terre
    la nuit et la mer
    la vie et la mort

    Texte de Luc Fayard, inspiré par une photo de Bérangère Costa



Art et Poésie : dernières publications

  • Octavio Paz : Un jour se perd (1939)

    Un jour se perd
    Dans le ciel fait en hâte
    La lumière ne laisse pas de trace dans la neige
    Un jour se perd
    Ouvrir et fermer des portes
    La graine du soleil s’ouvre sans bruit
    Un jour commence
    La brume gravit la colline
    Un homme descend la rivière
    Ils se rencontrent dans tes yeux
    Tu te perds dans le jour
    Chantant dans le feuillage de la lumière
    Des cloches sonnent au loin
    Chaque appel est une vague
    Chaque vague ensevelit à jamais
    Un geste une parole la lumière contre le nuage
    Tu ris et te peignes distraite
    Un jour commence à tes pieds
    Chevelure main blancheur ne sont pas les noms
    De ces cheveux de cette main et de cette blancheur
    Ce qui est visible et palpable dehors
    Ce qui est intérieur et sans nom
    A tâtons se cherchent en nous
    Suivent la marche du langage
    Passent le pont que leur tend cette image
    Comme la lumière entre les doigts ils glissent
    Comme toi-même entre mes mains
    Comme ta main avec mes mains ils s’entrelacent
    Un jour commence en mes paroles
    Lumière qui mûrit jusqu’à devenir chair
    Ombre de ton corps lumière de ton ombre
    Maille de chaleur peau de ta lumière
    Un jour commence dans ta bouche.

    Le Tournesol in Condition de nuage (1939-1955) in Liberté sur Parole, nrf/Poésie/Gallimard, 2014.
    Mexicain (1914-1998). Prix Nobel de littérature en 1990.

    Octavio Paz : Un jour se perd (1939)

  • Antonio Corradini : Dama velata (1722)

    Antonio Corradini : Dama velata (1722)

  • Roberto Juarroz

    Et comme nous savons déjà qu’il n’existe pas de paradis perdus, il ne nous reste dès lors qu’à être le paradis.

    Poésies verticales. 11-21. nrf/Poésie/Gallimard, 2021. Date de publication originale: 1988

    Roberto Juarroz

  • Paul Signac : Arbres en fleurs (1896)

    Paul Signac : Arbres en fleurs (1896)

  • Ajouts d’œuvres d’art contemporain (Galerie 8)

    Ajouts d’œuvres d’art contemporain (Galerie 8)

  • John Wood et Paul Harrison : Headstand (1995) – vidéo performance

    John Wood et Paul Harrison : Headstand (1995) – vidéo performance

  • Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 6)

    Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 6)

  • Roberto Juarroz : Entre tu nombre y el mío (Entre ton nom et le mien) (1958)

    Entre tu nombre y el mío
    hay un labio que ha dejado la costumbre de nombrar.

    Entre la soledad y la compañía
    hay un gesto que no empieza
    en nadie y termina en todos.

    Entre la vida y la muerte hay unas plantas pisadas
    por donde nadie ha caminado nunca.

    Entre la voz que pasó y la que vendrá
    hay una forma callada de la voz
    en donde todo está de pie.

    Entre la mesa y el vacío
    hay une línea que es la mesa y el vacío
    por donde apenas puede caminar el poema.

    Entre el pensamiento y la sangre
    hay un breve relámpago
    en donde sobre un punto se sostiene el amor.

    Sobre esos bordes
    nadie puede ser mucho tiempo,
    pero tampoco dios, que es otro borde,
    puede ser dios mucho tiempo.

    Entre ton nom et le mien
    il y a une lèvre qui a perdu l’habitude de nommer.

    Entre la solitude et le monde
    il y a un geste qui ne commence en personne et se termine en tous.

    Entre la vie et la mort
    il y a des plantes foulées
    sur lesquelles personne n’a jamais marché.

    Entre la voix révolue et celle qui viendra
    il y a une forme silencieuse de la voix
    où tout est debout.

    Entre la table et le vide
    il y a une ligne qui est la table et le vide
    où peut à peine cheminer le poème.

    Entre la pensée et le sang
    il y a un éclair
    où sur un point l’amour s’appuie.

    Sur ces bords
    nul ne peut survivre longtemps,
    et dieu lui-même, qui est un autre bord,
    ne peut être dieu longtemps.

    Poésies verticalesI-4. 1958. Traduction de l’espagnol (Argentine) par Ferdinand Verhesen

    Roberto Juarroz : Entre tu nombre y el mío (Entre ton nom et le mien) (1958)

  • Anonyme (Texte de la tradition hassidique) : Dieu a créé l’homme parce qu’il aime les histoires

    Quand le grand rabbin Israël Baal Shem-Tov pensait qu’une menace se profilait contre le peuple juif, il avait coutume d’aller concentrer son esprit en un certain lieu du bois; là, il allumait un feu, récitait certaine prière et le miracle s’accomplissait : le danger était écarté.
    Plus tard, quand son disciple, le célèbre Maguid de Nezeritsch, devait implorer le ciel pour les mêmes raisons, il accourait au même endroit et disait : « Maître de l’Univers, écoute-moi. Je ne sais comment allumer le feu, mais je suis encore capable de réciter la prière. » Et le miracle s’accomplissait. Plus tard, le rabbin Mosh-Leib de Sassov allait également au bois pour sauver son peuple, et il disait : « Je ne sais comment allumer le feu, je ne connais pas la prière, mais je peux me placer à l’endroit propice et cela devrait suffire. » Et cela suffisait, et le miracle s’accomplissait. Ensuite, c’est au rabbin Israël de Rizsin qu’il revint d’éloigner la menace. Assis dans son fauteuil, la tête entre les mains, il parlait à Dieu en ces termes : « Je suis incapable d’allumer le feu, je ne connais pas la prière, je ne puis même pas trouver le lieu du bois. Tout ce que je sais faire c’est raconter cette histoire. Cela devrait suffire. » Et cela suffisait. Dieu a créé l’homme parce qu’il aime les histoires.

    Cité par Roberto Juarroz. Poésie et réalité. 1987

    Anonyme (Texte de la tradition hassidique) : Dieu a créé l’homme parce qu’il aime les histoires

  • Max Jacob : Je garde dans la solitude (1945)

    Je garde dans la solitude
    comme un pressentiment de toi.
    Tu viens ! et le ciel se déploie,
    la forêt, l’océan reculent.

    Tous deux le soleil nous désigne
    par-dessus la ville et les toits
    les fenêtres renvoient ses lignes
    les fleurs éclatent comme des voix.

    Lorsque ton jardin nous reçoit,
    ta maison prend un air étrange :
    comme un reflet, la véranda nous accueille,
    sourit et change.

    Les arbres ont de grands coups d’ailes
    derrière et devant les buissons.
    La vague, au loin, parallèle,
    se met à briller par frissons.

    Derniers Poèmes. publiés à titre posthume chez Gallimard en 1945

    Max Jacob : Je garde dans la solitude (1945)

  • Yannis Ritsos : Nudité du corps (1981)

    Une mer robuste,
    d’un bleu profond,
    t’a éclairé le visage.
    Chassés par le soleil,
    tous les morts.

    Les pêcheurs sont passés
    avec des paniers vides.
    La lune palpitait
    sur tes genoux.
    Rien ne séparait plus
    le vide de la plénitude.

    Le temps s’allonge,
    tu t’allonges.
    Ton image immobile
    sur le mur intérieur.

    Cette peur
    d’avoir oublié quelque chose
    que j’aurais dû prendre.
    Et la peur
    qu’une telle immensité
    ne connaisse une fin.

    Erotica. Le mur dans le miroir (1981) et autres poèmes. nrf Poésie / Gallimard (extraits), 2013

    Yannis Ritsos : Nudité du corps (1981)

  • Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

    Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025