Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 556 artistes • 822 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Basically we are all cogs, working for a slavedriver, as we go through our daily drudgery working for a gang. Wow, work really sucks!
…,… Lire


  • Galerie Populaire (Mucem)

    Le Mucem (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) de Marseille ayant malheureusement hérité de milliers d’objets du Musée d’Ethnographie, du Musée de l’Homme et du Musée des Arts et Traditions Populaires, a essayé d’en faire une exposition d’art. C’est raté ! Le résultat n’est pas de l’art, c’est autre chose, de pas forcément inintéressant, un fourre-tout, un bazar, où, certes, l’on peut se promener en prenant ses aises (l’aménagement intérieur du musée est très bien fait) mais, à être autant assailli de milliers d’objets mélangés, on finit par en perdre la tête. Le seul atout du Mucem, finalement, ce sont les vieux murs impeccablement restaurés du Fort Saint-Jean et ses jardins, qui trônent sur un emplacement incroyable avec une vue exceptionnelle vers la mer, Notre-Dame de la Garde et le Vieux Port. Les expositions, elles, ne sont pas à la hauteur du lieu, qu’elles soient permanentes ou temporaires. Voir une vraie guillotine à côté d’une affiche publicitaire de boucher (qui vaut le coup d’œil regardez bien les détails de l’habillement du boucher et de la charcutière), si c’était fait exprès, ce serait drôle. Mais je ne le crois pas… D’ailleurs, le musée non plus n’est pas sûr de lui : il a mis un point d’interrogation dans le titre de son expo : « Populaire? »…


  • je veux de l’amour (illustré par 16 artistes contemporains)

    Article publié en avril 2025 mis à jour aujourd’hui avec deux œuvres supplémentaires : Bleu derrière le bleu, d’Aligne Gagnaire et Feux de broussaille, de Simone Sauzereau-Guérin – Galerie Les Atamanes

    je veux de l’amour

    je veux de l’amour dans les yeux
    et des gestes pleins de tendresse
    pour que sans larme sans ivresse
    on puisse espérer sans les dieux

    je veux des dessins qui dansent
    remplis d’ailes et de fusées
    où les anges de l’enfance
    viendront nous faire rêver

    dans la plaine je veux du vent
    qui secoue l’orge et le blé graciles
    pour que leur odeur de champs
    imprègne les murs des villes

    dans les frondaisons de la terre
    je veux toutes les couleurs du vert
    pour que droits vers leurs cimes
    nos arbres reprennent racines

    je veux la fin des pensées mortifères
    l’exil de la nostalgie triste et fière
    je veux des lendemains de passion
    de sourire et de déraison

    je veux que la pluie légère
    quand elle coulera sur nos visages
    nous murmure qu’à tout âge
    les pleurs sont nécessaires

    quand la nuit redeviendra claire
    je veux un noir plein de lumière
    pour que l’âme en résilience
    renaisse aux limbes du silence

    phénix je veux que nos ailes
    s’agitent oubliant le passé
    pour voler vers le ciel
    que nous aurons tracé

    je veux mille envies
    sur le fil de la vie
    où le cœur emballé
    ne cesse de cogner

    tous les jours
    je veux de l’amour
    qui batte tambour
    pour toujours

    Artistes cités (de haut en bas) : Kevin Lucbert, Marie-Laure Vareilles, Alice Auboiron, Valentin Guillon, Julie Legrand, Aline Gagnaire, Petrit Halilaj, Simone Sauzereau-Guérin, Bruno Raharinosy, Pascale-Martine Tayou, Marion Jdanoff, Alexandra Valenti, Julien Colombier, Marine de Soos, Lise Stoufflet, Dalel Ouasli

    Texte de Luc Fayard illustré par 16 artistes contemporain


  • Jürgen Habernas : la force sans violence de l’argument (extraits)

    Le potentiel de raison réside dans la base même de la parole humaine, dans l’acte de s’entendre avec autrui. […] L’espace public est le lieu où s’exerce la force sans violence du meilleur argument.

    Théorie de l’agir communicationnel, Tome 1 : Pour une critique de la raison fonctionnaliste, Fayard, 1981.

    Pour que la délibération démocratique soit possible, les citoyens doivent pouvoir se référer à un monde de faits qu’ils tiennent pour communs. La communication numérique actuelle menace ce socle en enfermant les individus dans des sphères de perception fragmentées, où l’émotion supplante la validité de l’argument

    Espace public et démocratie délibérative : un tournant, Gallimard, coll. « NRF Essais », 2023.

    L’intelligence artificielle peut simuler le langage, mais elle n’est pas un « auteur » au sens moral. Elle ne peut répondre de ses propos. Dans une démocratie, la légitimité repose sur la responsabilité de sujets qui se reconnaissent mutuellement comme capables de justifier leurs décisions. Déléguer la délibération à l’algorithme, c’est vider la politique de sa substance humaine.

    Synthèse des interventions récentes (2023-2024), notamment dans Die Zeit et Philosophie Magazine, sur le nouveau changement de structure de l’espace public.

    Le patriotisme constitutionnel n’est pas un attachement à une terre ou à une ethnie, mais une loyauté envers des procédures et des principes qui garantissent à chacun la liberté de n’être soumis qu’à des lois dont il a pu discuter la validité.

    Écrits politiques, Flammarion, coll. « Champs », 1990.


  • Jean-Marie Gleize : Léman (extrait)

    Creux, voûté. Il te dira : je suis. Cette courbe était où je suis. Les yeux courbés et cette ligne, c’est lui (lac), et sans le voir encore (et cette ligne). Tenu comme une de ses branches. Le second, comme un arc. Ou l’un de ses doubles.
    Ou bien : creusé en avant du regard, creusé comme (un lac). C’est lui, ou l’un de ses doubles, celui qui se courbe, celui qui se creuse, où maintenant je suis.
    « Est-ce qui, donné, n’est plus. »
    Et cette ligne est creusée sous les yeux. La courbe des ciels, l’étirement des ciels.
    Je tiens une de ses branches.
    Le récit, en marche, est le récit de ces courbes, ou de ces veines, tiré longuement comme un arc, et creusé, proche :
    (il n’y a plus que le mouvement des veines, et je vois maintenant sur sa peau le dessin). La forme creuse et voûtée d’un lac. La couleur creuse et voûtée d’un lac. Il tombe, il ouvre la bouche. A l’endroit où : la poussière d’un lac. Je dis : un récit commence, et cette phrase est vraie où je suis. Présent : à la couleur creuse et voûtée, à cette forme, à l’indistinction des ciels.
    Tu es tout entière dans ma bouche.
    Ici s’achevait la lecture.

    Il y avait encore ces mots : « couché, bientôt couché où je marche ».

    Jean-Marie Gleize. Léman. Seuil. 1990 (extrait)


  • écrin de rivière

    mon amour
    je te vois
    comme un fier
    écrin de rivière
    où tu brillerais
    de mille éclats
    car tu serais tout
    l’eau la rive
    la barque et le pont
    l’aval et l’amont

    sur l’eau tu serais
    ces rides décoiffées
    par le vent fripon
    qui polissent en passant
    les galets ronds
    trébuchant
    sur le fond

    tu serais
    cette eau rieuse
    à boire
    goulûment
    onde rafraichissante
    où désaltéré
    je pourrais enfin
    plonger longuement
    en apnée

    Peinture colorée représentant un paysage avec des arbres multicolores et un sol vibrant de rouge, bleu et jaune.
    André Derain – Bords De Rivière (1905)

    Texte de Luc Fayard illustré par Bords de Rivière (1905), d’André Derain



Art et Poésie : dernières publications

  • André Derain : Trois Arbres, l’Estaque (1906)

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  • Campbell Lindsay Smith : Les deux corbeaux (1892)

    Campbell Lindsay Smith : Les deux corbeaux (1892)

  • Edmond Jabès : L’auberge du sommeil (1949) – II

    Les souvenirs sont des rubans de salves de clairière
    les banderoles du vent à Noël sur la terre

    Les forêts ont leurs feuillures secrètes
    leurs nids de miel de hiboux du bal
    et leurs anneaux de chiffon d’émail de lumière
    pour habiller les fées

    Tu m’appelais par mon nom
    et plantais des œillets d’azyme aux boutonnières des naufragés
    Tu m’appelais par mes désirs
    par toute chaude caresse pulvérisée au sol
    par la pelisse de groseille de plomb des colloques de midi

    Tu m’appelais par ma fièvre
    par le violon de noix de mes pulsations
    par le grillon d’arcade de chaque torche de néant

    Tu m’appelais par ma voix
    par l’arrogant brassard de tulipe de harpe de ton fidèle amour
    du premier cri de mousseline de rameau d’amour
    qui crépite dans l’âtre
    Les souvenirs sont des échasses de moelle de silence
    Le soleil promène le monde dans sa cage de roseau
    Les enfants le guident

    *

    Maçon d’eau d’air d’ombre
    je l’ai reconnu à sa carrure
    aux tunnels de ses mains profondes
    transparentes par endroits
    comme des taches de jour sur l’onde

    Ses couteaux mûrissent dans mes sentiers
    Ils tournent dans l’air comme des étoiles
    et deviennent flèches de ma nuit quand je dors

    Maçon de neige de laine de leurre
    l’envers d’une chevelure brouillée de clairons
    je l’ai reconnu à sa cruauté
    à la moisson de scalp de ses orgies de pou
    Il riait de ma frayeur
    Tailleur de griffes de sphinx il régnait
    Je l’ai reconnu à la leçon des hauts mâts de vertige du porche
    que nous franchirons côte à côte
    quand tu m’auras secouru

    Tu reviendras le jour où les grenouilles les grives
    émanciperont l’air de l’herbe où tu t’étends
    Tu reviendras avec ta promesse de colombe
    heureuse d’avoir accepté la mort pour renaître
    Je l’ai reconnu montreur de croix de joue
    ton visage contre le mien

    La voix d’encre (1949) in Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988, nrf/Poésie/Gallimard , 1959, 1975, 1990, 1981, 1987, 2003
    Pour ceux qui veulent essayer de décrypter la poésie de Jabès, voici une analyse du texte par l’IA Gemini que je trouve intéressante.

    Edmond Jabès : L’auberge du sommeil (1949) – II

  • Guy Renne : Vénus trigonométrique au verre (1957)

    Guy Renne : Vénus trigonométrique au verre (1957)

  • Giovanni Segantini : Ave Maria à la traversée (1886-1888) – © Stephan Schenk, Segantini Museum

    Giovanni Segantini : Ave Maria à la traversée (1886-1888) – © Stephan Schenk, Segantini Museum

  • Blaise Cendrars : Je ne suis pas de votre race (1926)

    Je ne suis pas de votre race. Je suis du clan Mongol qui apportera une vérité monstrueuse : l’authenticité de la vie, la connaissance du rythme, et qui ravagera toujours vos maisons statiques du temps et de l’espace, localisées en une série de petites cases. Mon étalon est plus sauvage que vos engrenages poussifs, son sabot de corne plus dangereux que vos roues de fer. Entourez-moi des cent milles baïonnettes de la lumière occidentale, car malheur à vous si je sors du noir de ma caverne et si je me mets à chasser vos bruits. Que sur mes berges vos pontonniers ne réveillent jamais mon tympan endolori, car je ferais siffler sur vous le vent incurvé comme un cimeterre. Je suis impassible comme un tyran. Mes yeux sont deux tambours. Tremblez si je sors de vos murs comme de la tente d’Attila, masqué, effroyablement agrandi, revêtu de la seule cagoule, comme mes compagnons du bagne à l’heure de la promenade, et si avec mes mains d’étrangleur, mes mains rouges par le froid, je force le ventre aigrelet de votre civilisation!

    (1887-1961). Moravagine, Éditions Grasset, 1926 Littérature et Poésie

    Blaise Cendrars : Je ne suis pas de votre race (1926)

  • Theo Balden : Geschwister (Frères et Sœurs) (1974)

    Theo Balden : Geschwister (Frères et Sœurs) (1974)

  • Yan Bernard Dyl : La Duchesse de Bruxelles (1927)

    Yan Bernard Dyl : La Duchesse de Bruxelles (1927)

  • Gabriele Münter : Dame im Sessel, schreibend. Stenographie, Schweizerin in Pyjama (1929)

    Gabriele Münter : Dame im Sessel, schreibend. Stenographie, Schweizerin in Pyjama (1929)

  • Alix-Cléo Roubaud : Journal (1979-1983) – extraits

    12.ΧΙΙ.82

    vivre

    vivre en dépit des nuits.

    10.I.83

    Retournant les phrases dans la bouche, l’une après l’autre avant de confier quoi que ce soir au papier.

    – peur de la folie de l’égocentrisme. de tout.

    -vient le moment de mettre de la crème sur les mains. je souhaite.intensement que ne meure pas le parfum de mimosa

    puis, me couche.

    et souhaite continuer à tenir ce journal pour y confier de pareilles choses irrépétables, incompréhensibles: simples.

    légère mais réelle folie, cependant peu dangereuse (pour la vie civile); mais réelle.

    était-ce la peine de faire toute cette psychanalyse pour me voir fondre comme du beurre au soleil et mourir de peur

    (non)

    11.I.83

    assister, incrédule au temps.

    Alix-Cléo Roubaud : Journal (1979-1983) – extraits

  • Joy Harjo : Weapons (Armes)

    Joy Harjo : Weapons (Armes)

  • La Gazette d’Amavero n°26 – juin 2026

    La Gazette d’Amavero n°26 – juin 2026

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025