Un portrait géométrisé aux lignes Art déco épurées met en valeur des volumes lisses et un port altier. Yan Bernard Dyl use d’une palette contrastée aux contours tranchés, conférant à la figure une élégance graphique et distante.
Informations récupérées sur facebook sur le compte France Art Deco
Figure aujourd’hui oubliée mais fascinante de l’Art français du 20ème siècle : un artiste complet, élégant, mondain, expérimental… avec une fin tragique.
Son vrai nom était Bernard Louis Marie Morel. Né au Mans en 1887, il adopte le nom d’artiste « Yan Bernard Dyl ». Il était illustrateur, décorateur, affichiste, peintre, graveur, publicitaire, et même réalisateur occasionnel.
L’illustration est caractéristique de son univers : dessin stylisé des visages et fascination pour la dentelle et l’ornement. Cette planche appartient au portfolio Le Miracle du fil (1927), illustré par Dyl sur des textes d’Henri de Régnier. Ce livre célèbre les dentelles européennes et orientales au moyen de pochoirs en couleurs. La duchesse du titre est de fait le nom d’un style belge de dentelle.
Dyl appartient à la grande génération des illustrateurs des années 1920 : George Barbier, Erté, Charles Martin, et Paul Iribe. Mais son trait est plus étrange, parfois presque halluciné. Il a un côté cubiste, maniériste, voire surréaliste.
Et puis vient la guerre. Installé dans le Gers, il s’engage dans la Résistance communiste dans un des premiers maquis. Il est arrêté par la Gestapo en décembre 1943, déporté à Buchenwald, où il meurt en décembre 1944. Cette destinée tragique explique peut-être en partie pourquoi son nom a été éclipsé après-guerre. Il n’a pas eu la postérité commerciale des grands affichistes. Ses œuvres connaissent aujourd’hui un net regain d’intérêt.


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