Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 556 artistes • 822 auteurs
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Citation Amavero du jour
L’idéologie, c’est ce qui pense à votre place.
…, La Grande Parade. Cité sur Fb par Didier D


  • Marc Desgrandchamps, ou l’universalité de l’incertain

    Marc Desgrandchamps – Les Lettres (2021) © Marc Desgrandchamps – courtesy Galerie Lelong

    Depuis toujours, la peinture – comme la photographie ou la sculpture – cherche à figer le temps et l’espace : les artistes expriment ce désir de capturer l’instant, ce qui ne se voit pas, ce qu’ils sont les seuls à avoir vu dans un paysage, un visage, dans leur tête… Et tout leur travail consiste à matérialiser cette fugacité. Louis Aragon disait des tableaux de Paul Klee qu’il y avait vu le vent. Claude Monet voulait peindre l’air. Leur justification est que dans leur travail pour saisir l’instant, il y a une forme d’éternité.
    Marc Desgranchamps, lui, fait l’inverse : il multiplie le temps et l’espace sur ces tableaux, il crée une nouvelle dimension qui est celle de sa vision. Ce n’est pas l’instant qu’il chasse, c’est la sensation qui, par définition, est multiple, part dans toutes les directions. Son objectif n’est pas l’éternité

    mais au contraire le multi-temporel, dans une ambiance flottante, décentrée. Dans la lignée de Francis Bacon qui disait : « Je veux peindre la sensation de l’instant, non sa représentation. »

    Les artistes cherchent à reproduire la réalité dans une forme à leur manière. Les impressionnistes ou les cubistes reconstruisent avec des points ou des formes. Les abstraits vont peut-être plus loin en tentant de montrer une autre réalité. Marc Desgrandchamps, lui, ne vise pas le réel mais le rêve ou, plutôt, il mélange le rêve et la réalité. Il est plus .proche de nous en ce sens, qui sommes en permanence partagés entre le réel qui nous contraint et le désir qui nous fait vibrer. Son rêve n’est pas surréaliste, mais inquiet, traversé de mémoire, de discontinuité.

    La peinture classique s’est construite sur la perspective. Les cubistes ont essayé de la déconstruire mais elle était toujours là. Marc Desgrandchamps, lui, se moque des perspectives ou plutôt il joue habilement avec elles comme dans « Les Lettres » (2021), ses lignes partent vers le haut, vers le bas, la statue qui n’est pas une statue mais une silhouette regarde à gauche tandis qu’un trait noir s’échappe à droite, des arbres montent à la verticale tandis que le sommet des montagnes crée une ligne horizontale brisée. Pour lui le repère n’est pas dans la géométrie euclidienne mais dans la construction personnelle que le spectateur se fait de tous les éléments qu’il lui offre.

    Enfin, la forme a toujours eu un contenu dans l’art, du figuratif à l’abstrait. Chez Marc Desgranchamps, elle est fragmentaire, comme s’il superposait des strates de mémoire, elle est fantomatique, spectrale. Le corps est à la fois présent et absent, inachevé, transparent. Le spectateur pourrait y voir une métaphore de son identité mouvante. Et cette originalité de la forme va de pair chez Marc Desgrandchamps avec celle des médias utilisés, originaux, des lavis, des transparences, des superpositions.

    Dans son étrangeté de la stratification et du multi-temporel, le peintre atteint une forme rare d’universalité, celle de l’incertain.


  • prison

    Brice Marden – Yellow Square (2015) – Matthew Marks Gallery

    Texte de Luc Fayard, inspiré par Yellow Square, de Brice Marden


  • Maurice de Vlaminck : Bateaux sur la Seine à Châtou (1906)

    Maurice de Vlaminck – Bateaux sur la Saine à Châtou (1906)

  • Amavero : je parle de poésie sur France Inter

    Extirpé des archives InfoTekArt, ce petit son d’il y a 6 ans : je n’ai pas souvent été interviewé à la radio sur ma poésie. Alors je vous ressors avec frisson ce grand moment où Mathilde Munos (qui fut mon assistante sur BFM 10 ans avant!) m’interroge à 6h du matin sur mon recueil de poésie « Amavero ». A la fin, je réussis quand même à placer mon couplet sur l’écriture poétique, la seule, la vraie..

    Mon interview à propos de mon recueil de poésie Amavero, ce matin sur France-Inter, dans « Déjà debout », par Mathilde Munos. J’essaie de dire que la poésie est un langage direct, universel, moderne, sans pub, ni marketing, ni arrière-pensée…

    Portrait de Mathilde Munos, animatrice de l'émission 'Le 5/7' sur France Inter, avec un fond jaune.

    parution initiale dans InfoTekArt: 25 septembre 2019


  • Maîtriser son information – Cours donné à l’Université Paris-Dauphine (2005)

    Ce texte est issu d’un cours dispensé par Luc Fayard en 2005 à l’Université Paris-Dauphine. Bien qu’antérieur à l’explosion des réseaux sociaux, il garde une pertinence surprenante. Dans un monde saturé de signes et d’écrans, il offre des repères précieux pour maîtriser l’information, la penser, la lire, l’écrire, la transmettre.

    image IA

    Extrait de l’introduction :

    « L’information est une prothèse. Elle nous rend plus efficaces mais elle nous déforme si nous ne la comprenons pas. Apprendre à lire activement, à formuler clairement, à trier le bruit du sens : voilà ce que propose ce cours, simple et exigeant à la fois. »

    Pourquoi le relire aujourd’hui ?

    Il ne s’agit pas ici de nostalgie, mais d’utilité.
    Ce cours est un manuel de lucidité dans un monde de confusion douce.
    Il s’adresse autant à l’étudiant qu’au professionnel, au citoyen, à l’écrivain, au lecteur.

    Relire ce texte aujourd’hui, c’est redonner à l’attention, à la clarté et à la lenteur leur juste valeur.

    👉 Cliquez ci-dessous pour télécharger “Maîtriser son information” (PDF)



Art et Poésie : dernières publications

  • André Derain : Trois Arbres, l’Estaque (1906)

    André Derain : Trois Arbres, l’Estaque (1906)

  • Campbell Lindsay Smith : Les deux corbeaux (1892)

    Campbell Lindsay Smith : Les deux corbeaux (1892)

  • Edmond Jabès : L’auberge du sommeil (1949) – II

    Les souvenirs sont des rubans de salves de clairière
    les banderoles du vent à Noël sur la terre

    Les forêts ont leurs feuillures secrètes
    leurs nids de miel de hiboux du bal
    et leurs anneaux de chiffon d’émail de lumière
    pour habiller les fées

    Tu m’appelais par mon nom
    et plantais des œillets d’azyme aux boutonnières des naufragés
    Tu m’appelais par mes désirs
    par toute chaude caresse pulvérisée au sol
    par la pelisse de groseille de plomb des colloques de midi

    Tu m’appelais par ma fièvre
    par le violon de noix de mes pulsations
    par le grillon d’arcade de chaque torche de néant

    Tu m’appelais par ma voix
    par l’arrogant brassard de tulipe de harpe de ton fidèle amour
    du premier cri de mousseline de rameau d’amour
    qui crépite dans l’âtre
    Les souvenirs sont des échasses de moelle de silence
    Le soleil promène le monde dans sa cage de roseau
    Les enfants le guident

    *

    Maçon d’eau d’air d’ombre
    je l’ai reconnu à sa carrure
    aux tunnels de ses mains profondes
    transparentes par endroits
    comme des taches de jour sur l’onde

    Ses couteaux mûrissent dans mes sentiers
    Ils tournent dans l’air comme des étoiles
    et deviennent flèches de ma nuit quand je dors

    Maçon de neige de laine de leurre
    l’envers d’une chevelure brouillée de clairons
    je l’ai reconnu à sa cruauté
    à la moisson de scalp de ses orgies de pou
    Il riait de ma frayeur
    Tailleur de griffes de sphinx il régnait
    Je l’ai reconnu à la leçon des hauts mâts de vertige du porche
    que nous franchirons côte à côte
    quand tu m’auras secouru

    Tu reviendras le jour où les grenouilles les grives
    émanciperont l’air de l’herbe où tu t’étends
    Tu reviendras avec ta promesse de colombe
    heureuse d’avoir accepté la mort pour renaître
    Je l’ai reconnu montreur de croix de joue
    ton visage contre le mien

    La voix d’encre (1949) in Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988, nrf/Poésie/Gallimard , 1959, 1975, 1990, 1981, 1987, 2003
    Pour ceux qui veulent essayer de décrypter la poésie de Jabès, voici une analyse du texte par l’IA Gemini que je trouve intéressante.

    Edmond Jabès : L’auberge du sommeil (1949) – II

  • Guy Renne : Vénus trigonométrique au verre (1957)

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  • Giovanni Segantini : Ave Maria à la traversée (1886-1888) – © Stephan Schenk, Segantini Museum

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  • Blaise Cendrars : Je ne suis pas de votre race (1926)

    Je ne suis pas de votre race. Je suis du clan Mongol qui apportera une vérité monstrueuse : l’authenticité de la vie, la connaissance du rythme, et qui ravagera toujours vos maisons statiques du temps et de l’espace, localisées en une série de petites cases. Mon étalon est plus sauvage que vos engrenages poussifs, son sabot de corne plus dangereux que vos roues de fer. Entourez-moi des cent milles baïonnettes de la lumière occidentale, car malheur à vous si je sors du noir de ma caverne et si je me mets à chasser vos bruits. Que sur mes berges vos pontonniers ne réveillent jamais mon tympan endolori, car je ferais siffler sur vous le vent incurvé comme un cimeterre. Je suis impassible comme un tyran. Mes yeux sont deux tambours. Tremblez si je sors de vos murs comme de la tente d’Attila, masqué, effroyablement agrandi, revêtu de la seule cagoule, comme mes compagnons du bagne à l’heure de la promenade, et si avec mes mains d’étrangleur, mes mains rouges par le froid, je force le ventre aigrelet de votre civilisation!

    (1887-1961). Moravagine, Éditions Grasset, 1926 Littérature et Poésie

    Blaise Cendrars : Je ne suis pas de votre race (1926)

  • Theo Balden : Geschwister (Frères et Sœurs) (1974)

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  • Yan Bernard Dyl : La Duchesse de Bruxelles (1927)

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  • Gabriele Münter : Dame im Sessel, schreibend. Stenographie, Schweizerin in Pyjama (1929)

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  • Alix-Cléo Roubaud : Journal (1979-1983) – extraits

    12.ΧΙΙ.82

    vivre

    vivre en dépit des nuits.

    10.I.83

    Retournant les phrases dans la bouche, l’une après l’autre avant de confier quoi que ce soir au papier.

    – peur de la folie de l’égocentrisme. de tout.

    -vient le moment de mettre de la crème sur les mains. je souhaite.intensement que ne meure pas le parfum de mimosa

    puis, me couche.

    et souhaite continuer à tenir ce journal pour y confier de pareilles choses irrépétables, incompréhensibles: simples.

    légère mais réelle folie, cependant peu dangereuse (pour la vie civile); mais réelle.

    était-ce la peine de faire toute cette psychanalyse pour me voir fondre comme du beurre au soleil et mourir de peur

    (non)

    11.I.83

    assister, incrédule au temps.

    Alix-Cléo Roubaud : Journal (1979-1983) – extraits

  • Joy Harjo : Weapons (Armes)

    Joy Harjo : Weapons (Armes)

  • La Gazette d’Amavero n°26 – juin 2026

    La Gazette d’Amavero n°26 – juin 2026

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025