Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
© Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations, aux auteurs pour les textes.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 556 artistes • 822 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Quand on opère une société de technologies, on doit appendre à travailler sur des modelés économiques en mutation permanente.…, alors PDG… Lire


  • vieille hunzukut

    elle compte plus de rides sur sa peau cuivrée
    que d’années dans son corps voûté
    toujours elle baisse les yeux et fronce le nez
    sans sourire et sans le faire exprès
    le soleil distribue la lumière et l’ombre
    sur un visage auréolé
    ses fins cheveux gris et ambre
    amplifient la force de sa stature
    pour elle le temps qui passe et qu’il fait
    n’a pas notre valeur hypertrophiée
    elle l’a définitivement apprivoisé
    derrière ses yeux plissés

    voir dans Poésie de l’Art une mise en scène avec illustration IA

  • j'aime la musique qui chante

    j’aime la musique qui chante
    sans les piaillements d’un saxo courant après les notes
    j’aime l’harmonie horizontale qui raconte une histoire
    sans la fureur verticale qui plaque des accords impossibles
    j’aime le silence l’introduction l’espoir
    au piano je n’aime pas les mains qui s’entrechoquent
    j’aime la main gauche qui épaule la main droite
    qui lui permet de chanter
    j’aime la note qui dure un peu plus longtemps que prévu
    suspendue dans cette attente où tout s’imagine
    j’aime la musique qui permet de créer sa musique
    comme un tableau commencé par l’artiste qu’on pourrait poursuivre
    une palette de couleurs à compléter en ouvrant les mains
    j’aime quand le souvenir s’incruste
    quand la vibration s’accorde à l’âme
    une fréquence inconnue dans les livres
    j’aime la sublime guitare
    quand elle offre chaque note
    ciselée comme une œuvre d’art
    et la mélodie qui se déploie comme une symphonie


  • berceau

    dors l’enfant dors
    dors l’enfant d’or
    propre et sanglé dans la blancheur
    rentre ton petit pied sous le plaid
    ferme tes yeux de poupée
    envole-toi dans tes rêves purs
    mais pourquoi veux-tu que je dorme
    tu vois bien j’ai les yeux grands ouverts
    parle-moi plutôt d’un autre monde
    les gens s’aiment-ils chez toi
    les enfants y reçoivent-ils des câlins doux et chauds
    comme ceux de grand-mère quand elle se penche sur moi
    leur raconte-t-on aussi des histoires étranges
    sur les esprits des vallées qui reviennent vous voir
    et que dit-on le soir à la veillée
    dors l’enfant dors
    tu as le temps de grandir
    plus tard tu te diras
    j’étais si bien bébé
    dans mon berceau de bois sculpté
    dors l’enfant d’or
    l’autre monde peut attendre


  • homme d’ombre et d’onde (avant après)

    avant
    j’étais un homme d’ombre et d’onde
    pleurant seul
    ballot d’aube
    et me voici lumière active
    chassant l’inutile
    fuyant les prémices obscures de la mort
    long fut le temps où je cherchais l’indicible
    au-delà de la poussière des jours
    aujourd’hui je cours
    hâté par les battements du coeur
    peuplant le présent d’un corail de pacotille
    futile barrière anti-futur anti-noir anti-tout
    j’étais larve du soir fantôme d’attirance
    et me voici prévisible espérance
    fallait-il hier se fondre
    dans les couleurs neutres
    du feutre automnal
    ou faut-il maintenant
    vibrer bêtement
    sur des fréquences arc-en-ciel
    entre douleur et fureur
    par mon incomplétude structurelle
    plus je suis imparfait plus je m’ancre
    quand je crie mon impuissance
    l’écho de la terre se pare d’infini
    ma solitude est multiple
    mon désespoir infime
    mon avenir sans surprise
    mes mains fabriquent ma tour d’ivoire
    tandis que sèche mon coeur
    je vois une vie sereine
    avec des yeux de comptable
    quand je vivais l’errance
    avec une âme de poète
    la marque du bonheur
    imprime mon sourire
    ma peau est lisse
    comme un bébé
    j’ai perdu mes crevasses
    en même temps que mes cheveux
    je marche droit vers la fin
    avec une force joyeuse et contrôlée
    la route monte de plus en plus
    le soleil me frotte le dos
    il me dessine une ombre gigantesque
    je reste coi
    les oreilles bouchées de certitude
    un jour peut-être
    se marieront mes deux destins
    mon passé d’abondance et d’ébauches
    et mon présent de fer apparent
    ce jour-là gare je serai le roi de la terre
    je n’aurai plus qu’à mourir et comparaître
    alors je dirai à Dieu
    Seigneur, me voici
    pêcheur à occurence multiple
    (vous seriez jaloux d’un saint)
    j’ai cherché et suivi toutes les voies
    qui mènent à vous
    j’ai rêvé et j’ai agi
    j’ai aimé et j’ai créé
    j’ai pleuré et combattu
    j’ai écouté et j’ai dirigé
    j’ai donné et entrainé
    mes rêves me rapprochaient de vous
    mais dans une forme d’inutilité
    mes actes me rendaient insouciant
    mais je perdais le sens du bien
    l’amour m’a comblé
    dans un quotidien douteux
    mes pleurs étaient des gouttes d’insuffisance
    mes combats une vaine agitation
    et quand j’ai voulu emporter d’autres derrière moi
    j’ai souvent quitté les routes de la théorie
    pour un chemin ou tout est discutable
    Seigneur me voici
    que fallait-il faire
    et Dieu de sa voix caverneuse et douce
    me donnerait enfin cette réponse
    que je ne connais pas
    et qu’il faut que j’attende encore
    esclave combattant avec ses deux vies
    homme fatal de la dichotomie
    imparable amant du futur antérieur
    funambule de l’inestimable impossible
    gratteur de racines incomestibles
    chercheur d’ailleurs successifs
    vasectomisé génétique
    du chromosome bonheur


  • belzébuth

    tut tut tut
    la cahutte
    sur la butte
    belzébuth
    prend son luth
    ou sa flûte

    tut tut tut
    belzébuth
    persécute
    mi sol ut
    ça chahute
    c’est son but
    on l’bizute
    mais la brute
    belzébuth
    bête en rut
    a dit zut
    à la pute
    belzébuth
    tout hirsute
    sous sa hutte
    a l’scorbut
    on dit chut
    plus de flute
    ni de luth
    c’est la chute
    la culbute
    plus de lutte
    belzébuth
    sans volute
    parachute
    azimut


Art et Poésie : dernières publications

  • Guy Renne : Vénus trigonométrique au verre (1957)

    Guy Renne : Vénus trigonométrique au verre (1957)

  • Giovanni Segantini : Ave Maria à la traversée (1886-1888) – © Stephan Schenk, Segantini Museum

    Giovanni Segantini : Ave Maria à la traversée (1886-1888) – © Stephan Schenk, Segantini Museum

  • Blaise Cendrars : Je ne suis pas de votre race (1926)

    Je ne suis pas de votre race. Je suis du clan Mongol qui apportera une vérité monstrueuse : l’authenticité de la vie, la connaissance du rythme, et qui ravagera toujours vos maisons statiques du temps et de l’espace, localisées en une série de petites cases. Mon étalon est plus sauvage que vos engrenages poussifs, son sabot de corne plus dangereux que vos roues de fer. Entourez-moi des cent milles baïonnettes de la lumière occidentale, car malheur à vous si je sors du noir de ma caverne et si je me mets à chasser vos bruits. Que sur mes berges vos pontonniers ne réveillent jamais mon tympan endolori, car je ferais siffler sur vous le vent incurvé comme un cimeterre. Je suis impassible comme un tyran. Mes yeux sont deux tambours. Tremblez si je sors de vos murs comme de la tente d’Attila, masqué, effroyablement agrandi, revêtu de la seule cagoule, comme mes compagnons du bagne à l’heure de la promenade, et si avec mes mains d’étrangleur, mes mains rouges par le froid, je force le ventre aigrelet de votre civilisation!

    (1887-1961). Moravagine, Éditions Grasset, 1926 Littérature et Poésie

    Blaise Cendrars : Je ne suis pas de votre race (1926)

  • Theo Balden : Geschwister (Frères et Sœurs) (1974)

    Theo Balden : Geschwister (Frères et Sœurs) (1974)

  • Yan Bernard Dyl : La Duchesse de Bruxelles (1927)

    Yan Bernard Dyl : La Duchesse de Bruxelles (1927)

  • Gabriele Münter : Dame im Sessel, schreibend. Stenographie, Schweizerin in Pyjama (1929)

    Gabriele Münter : Dame im Sessel, schreibend. Stenographie, Schweizerin in Pyjama (1929)

  • Alix-Cléo Roubaud : Journal (1979-1983) – extraits

    12.ΧΙΙ.82

    vivre

    vivre en dépit des nuits.

    10.I.83

    Retournant les phrases dans la bouche, l’une après l’autre avant de confier quoi que ce soir au papier.

    – peur de la folie de l’égocentrisme. de tout.

    -vient le moment de mettre de la crème sur les mains. je souhaite.intensement que ne meure pas le parfum de mimosa

    puis, me couche.

    et souhaite continuer à tenir ce journal pour y confier de pareilles choses irrépétables, incompréhensibles: simples.

    légère mais réelle folie, cependant peu dangereuse (pour la vie civile); mais réelle.

    était-ce la peine de faire toute cette psychanalyse pour me voir fondre comme du beurre au soleil et mourir de peur

    (non)

    11.I.83

    assister, incrédule au temps.

    Alix-Cléo Roubaud : Journal (1979-1983) – extraits

  • Joy Harjo : Weapons (Armes)

    Joy Harjo : Weapons (Armes)

  • La Gazette d’Amavero n°26 – juin 2026

    La Gazette d’Amavero n°26 – juin 2026

  • Gaston Miron : La marche d’amour (1970)

    Tu as les yeux pers des champs de rosées
    tu as des yeux d’aventure et d’années-lumière
    la douceur du fond des brises au mois de mai
    dans les accompagnements de ma vie en friche
    avec cette chaleur d’oiseau à ton corps craintif
    moi qui suis charpente et beaucoup de fardoches (1)
    moi je fonce à vive allure et entêté d’avenir
    la tête en bas comme un bison dans son destin
    la blancheur des nénuphars s’élève jusqu’à ton cou
    pour la conjuration de mes manitous maléfiques
    moi qui ai des yeux où ciel et mer s’influencent
    pour la réverbération de ta mort lointaine
    avec cette tache errante de chevreuil que tu as

    tu viendras tout ensoleillée d’existence
    la bouche envahie par la fraîcheur des herbes
    le corps mûri par les jardins oubliés
    où tes seins sont devenus des envoûtements
    tu te lèves, tu es l’aube dans mes bras
    où tu changes comme les saisons
    je te prendrai marcheur d’un pays d’haleine
    à bout de misères et à bout de démesures
    je veux te faire aimer la vie notre vie
    t’aimer fou de racines à feuilles et grave
    de jour en jour à travers nuits et gués
    de moellons nos vertus silencieuses

    je finirai bien par te rencontrer quelque part
    bon dieu!
    et contre tout ce qui me rend absent et douloureux
    par le mince regard qui me reste au fond du froid
    j’affirme ô mon amour que tu existes
    je corrige notre vie

    nous n’irons plus mourir de langueur
    à des milles de distance dans nos rêves bourrasques
    des filets de sang dans la soif craquelée de nos lèvres
    les épaules baignées de vols de mouettes
    non
    j’irai te chercher nous vivrons sur la terre
    la détresse n’est pas incurable qui fait de moi
    une épave de dérision, un ballon d’indécence
    un pitre aux larmes d’étincelles et de lésions
    profondes
    frappe l’air et le feu de mes soifs
    coule-moi dans tes mains de ciel de soie
    la tête la première pour ne plus revenir
    si ce n’est pour remonter debout à ton flanc
    nouveau venu de l’amour du monde
    constelle-moi de ton corps de voie lactée
    même si j’ai fait de ma vie dans un plongeon
    une sorte de marais, une espèce de rage noire
    si je fus cabotin, concasseur de désespoir
    j’ai quand même idée farouche
    de t’aimer pour une tendresse que je n’ai pas connue
    dans les giboulées d’étoiles de mon ciel
    je passe les poings durs au vent
    j’ai un cœur de mille chevaux-vapeur
    j’ai un cœur comme la flamme d’une chandelle
    toi tu as la la tête d’abîme douce n’est-ce-pas
    la nuit de saule dans tes cheveux
    un visage enneigé de hasards et de fruits
    un regard entretenu de sources cachées
    et mille chants d’insectes dans tes veines
    et mille pluies de pétales dans tes caresses

    tu es mon amour
    ma clameur mon bramement
    tu es mon amour ma ceinture fléchée (2) d’univers
    ma danse carrée (3) des quatre coins d’horizon
    le rouet des écheveaux de mon espoir
    tu es ma réconciliation batailleuse
    mon murmure de jours à à mes cils d’abeille
    mon eau bleue de fenêtre
    dans les hauts vols de buildings
    mon amour
    de fontaines de haies de ronds-points de fleurs
    tu es ma chance ouverte et mon encerclement
    à cause de toi
    mon courage est un sapin toujours vert
    et j’ai du chiendent d’achigan (4) plein l’âme
    tu es belle de tout l’avenir épargné
    d’une frêle beauté soleilleuse contre l’ombre
    ouvre-moi tes bras que j’entre au port
    et mon corps d’amoureux viendra rouler
    sur les talus du mont Royal
    orignal, quand tu brames orignal
    coule-moi dans ta plainte osseuse
    fais-moi passer tout cabré tout empanaché
    dans ton appel et ta détermination

    Montréal est grand comme un désordre universel
    tu es assise quelque part avec l’ombre et ton cœur
    ton regard vient luire sur le sommeil des colombes
    fille dont le visage est ma route aux réverbères
    quand je plonge dans les nuits de sources
    si jamais je te rencontre fille
    après les femmes de la soif glacée
    je pleurerai te consolerai
    de tes jours sans pluies et sans quenouilles
    des circonstances de l’amour dénoué
    j’allumerai chez toi les phares de la douceur
    nous nous reposerons dans la lumière
    de toutes les mers en fleurs de manne
    puis je jetterai dans ton corps le vent de mon sang
    tu seras heureuse fille heureuse
    d’être la femme que tu es dans mes bras
    le monde entier sera changé en toi et moi

    la marche à l’amour s’ébruite en un voilier
    de pas voletant par les lacs de portage
    mes absolus poings
    ah violence de délices et d’aval
    j’aime
    que j’aime
    que tu t’avances
    frileuse aux pieds nus sur les frimas de l’aube
    par ce temps profus d’épilobes (5) en beauté
    sur ces grèves où l’été
    pleuvent en longues flammèches les cris des pluviers
    harmonica du monde lorsque tu passes et cèdes
    ton corps tiède de pruche (6) à mes bras pagayeurs
    lorsque nous gisons fleurant la lumière incendiée
    et qu’en tangage de moisson ourlée de brises
    je me déploie sur ta fraîche chaleur de cigale
    je roule en toi
    tous les saguenays (7) d’eau noire de ma vie
    je fais naître en toi
    les frénésies de frayères au fond du cœur d’outaouais (8)
    puis le cri de l’engoulevent vient s’abattre dans ta
    gorge
    terre meuble de l’amour ton corps
    se soulève en tiges pêle-mêle
    je suis au centre du monde tel qu’il gronde en moi
    avec la rumeur de mon âme dans tous les coins
    je vais jusqu’au bout des comètes de mon sang
    haletant
    harcelé de néant
    et dynamité
    de petites apocalypses
    les deux mains dans les furies dans les féeries
    ô mains
    ô poings
    comme des cogneurs de folles tendresses

    mais que tu m’aimes et si tu m’aimes
    s’exhalera le froid natal de mes poumons
    le sang tournera ô grand cirque
    je sais que tout amour
    sera retourné comme un jardin détruit
    qu’importe je serai toujours si je suis seul
    cet homme de lisière à bramer ton nom
    éperdument malheureux parmi les pluies de trèfles
    mon amour ô ma plainte
    de merle-chat (9) dans la nuit buissonneuse
    ô fou feu froid de la neige
    beau sexe léger ô ma neige
    mon amour d’éclairs lapidée
    morte
    dans le froid des plus lointaines flammes

    puis les années m’emportent sens dessus dessous
    je m’en vais en délabre au bout de mon rouleau
    des voix murmurent les récits de ton domaine
    à part moi je me parle
    que vais-je devenir dans ma force fracassée
    ma force noire du bout de mes montagnes
    pour te voir à jamais je déporte mon regard
    je me tiens aux écoutes des sirènes
    dans la longue nuit effilée du clocher de
    Saint-Jacques

    et parmi ces bouts de temps qui halètent
    me voici de nouveau campé dans ta légende
    tes grands yeux qui voient beaucoup de cortèges
    les chevaux de bois de tes rires
    tes yeux de paille et d’or
    seront toujours au fond de mon cœur
    et ils traverseront les siècles

    je marche à toi, je titube à toi, je meurs de toi
    lentement je m’affale de tout mon long dans l’âme
    je marche à toi, je titube à toi, je bois
    à la gourde vide du sens de la vie
    à ces pas semés dans les rues sans nord ni sud
    à ces taloches de vent sans queue et sans tête
    je n’ai plus de visage pour l’amour
    je n’ai plus de visage pour rien de rien
    parfois je m’assois par pitié de moi
    j’ouvre mes bras à la croix des sommeils
    mon corps est un dernier réseau de tics amoureux
    avec à mes doigts les ficelles des souvenirs perdus
    je n’attends pas à demain je t’attends
    je n’attends pas la fin du monde je t’attends
    dégagé de la fausse auréole de ma vie

    L’homme rapaillé. nrf/Poésie/Gallimard, 1970
    Grande figure de la poésie contemporaine québécoise. (1928-1996) En québécois « rapailler » veut dire ramasser des choses dispersées. L’homme rapaillé c’est )à la fois le poète et sa mémoire et le peuple québécois et son identité.

    Explications des québécismes
    1. fardoche : broussaille
    2. ceinture fléchée : ceinture de laine tressée à la main avec des motifs en pointe de flèche portée traditionnellement au 19e siècle au Québec
    3. danse carrée : danse traditionnelle
    4. achigan : poisson d’eau douce combatif
    5. épilobe : plante sauvage aux fleurs à couleurs vives
    6. pruche : grand arbre résineux
    7. saguenay : nom d’une rivière`
    8. outaouais : nom d’une rivière
    9. merle-chat : oiseau au cri ressemblant à celui du chat

    Merci à la jeune agrégée de lettres Sibylle Fouilland qui nous a fait découvrir ce très grand poète québécois !

    Gaston Miron : La marche d’amour (1970)

  • Henri Michaux : La Lettre (1943)

    Henri Michaux : La Lettre (1943)

  • Jules Laforgue : Les après-midi d’automne

    Oh ! les après-midi solitaires d’automne!
    Il neige à tout jamais. On tousse. On n’a personne.
    Un piano voisin joue un air monotone;
    Et, songeant au passé béni, triste, on tisonne.

    Comme la vie est triste! Et triste aussi mon sort.
    Seul, sans amour, sans gloire! et la peur de la mort!
    Et la peur de la vie, aussi! Suis-je assez fort ?
    Je voudrais être enfant, avoir ma mère encor.

    Oui, celle dont on est le pauvre aimé, l’idole,
    Celle qui, toujours prête, ici-bas nous console !…
    Maman! Maman! oh! comme à présent, loin de tous,

    Je mettrais follement mon front dans ses genoux,
    Et je resterais là, sans dire une parole,
    À pleurer jusqu’au soir, tant ce serait trop doux.

    Poésies de jeunesse ou Le Sanglot de la Terre. Publication posthume en 1903 in Œuvres complètes, Mercure de France. Jules Laforgue est mort à 27 ans en 1887.

    Jules Laforgue : Les après-midi d’automne

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025