Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

(suite…)Re-publication de ma fiche de lecture de « 21 leçons pour le XXIe siècle », de Yuval Noah Harari. Ses leçons m’avaient passionné et j’en avais écrit une fiche de lecture de 65 pages. Certains de mes amis m’avaient alors demandé quelque chose de plus condensé et j’avait pondu une fiche de 6 pages. J’avais publié sans commentaire ces deux fiches. Le livre est toujours d’actualité même si l’historien l’a prolongé depuis par « Nexus », davantage centré sur les technologies, dont je vous ferai probablement aussi une fiche de lecture !

J’ai bien aimé Roland Moreno, l’inventeur de la carte à puce et de la machine à tirer à pile ou face. J’ai eu le plaisir de l’interviewer plusieurs fois dans son antre confortable de Saint-Germain des Prés où il vivait sur un grand écran, surfant sur Google et Wikipedia et admirant le pull serpillère pendu au mur, trophée du film Le Père Noël est une ordure : il était fier que Thierry L’Hermitte lui en aie fait cadeau.
C’était un vrai inventeur et un homme libre et sensible. Il a aussi participé avec Sylvain Robert à une aventure musicale et poétique intéressante « Les Célimènes » où un lecteur lisant un texte connu, sa voix était mise en musique sur un air connu numérisé.
Sa fille Marianne, suite à une importante donation de prototypes de son père qu’elle a organisé l’année dernière à Beaubourg (suivie d’une exposition lui étant consacrée dans ce musée), organise le 24 mai prochain, à Paris, une vente aux enchères qui présentera de nombreux prototypes, objets et documents liés à son univers.
Lire aussi mon interview vidéo de Roland Moreno , le 1er mai 2011, à l’occasion de la sortie de son livre Victoire du Bordel Ambiant
Depuis aujourd’hui, vous pouvez lire le site au hasard.
Un poème, une œuvre, un texte du monde, une pensée, une citation…
Une nouvelle page vous permet de tirer au sort, à chaque clic, un contenu choisi dans nos publications.
👉 Découvrir la page “Tirage au sort”
À découvrir, à re-découvrir, ou à visiter au fil du vent.


Edmond Jabès : L’auberge du sommeil (1949) – II
Les souvenirs sont des rubans de salves de clairière
les banderoles du vent à Noël sur la terre
Les forêts ont leurs feuillures secrètes
leurs nids de miel de hiboux du bal
et leurs anneaux de chiffon d’émail de lumière
pour habiller les fées
Tu m’appelais par mon nom
et plantais des œillets d’azyme aux boutonnières des naufragés
Tu m’appelais par mes désirs
par toute chaude caresse pulvérisée au sol
par la pelisse de groseille de plomb des colloques de midi
Tu m’appelais par ma fièvre
par le violon de noix de mes pulsations
par le grillon d’arcade de chaque torche de néant
Tu m’appelais par ma voix
par l’arrogant brassard de tulipe de harpe de ton fidèle amour
du premier cri de mousseline de rameau d’amour
qui crépite dans l’âtre
Les souvenirs sont des échasses de moelle de silence
Le soleil promène le monde dans sa cage de roseau
Les enfants le guident
*
Maçon d’eau d’air d’ombre
je l’ai reconnu à sa carrure
aux tunnels de ses mains profondes
transparentes par endroits
comme des taches de jour sur l’onde
Ses couteaux mûrissent dans mes sentiers
Ils tournent dans l’air comme des étoiles
et deviennent flèches de ma nuit quand je dors
Maçon de neige de laine de leurre
l’envers d’une chevelure brouillée de clairons
je l’ai reconnu à sa cruauté
à la moisson de scalp de ses orgies de pou
Il riait de ma frayeur
Tailleur de griffes de sphinx il régnait
Je l’ai reconnu à la leçon des hauts mâts de vertige du porche
que nous franchirons côte à côte
quand tu m’auras secouru
Tu reviendras le jour où les grenouilles les grives
émanciperont l’air de l’herbe où tu t’étends
Tu reviendras avec ta promesse de colombe
heureuse d’avoir accepté la mort pour renaître
Je l’ai reconnu montreur de croix de joue
ton visage contre le mien
La voix d’encre (1949) in Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988, nrf/Poésie/Gallimard , 1959, 1975, 1990, 1981, 1987, 2003
Pour ceux qui veulent essayer de décrypter la poésie de Jabès, voici une analyse du texte par l’IA Gemini que je trouve intéressante.


Blaise Cendrars : Je ne suis pas de votre race (1926)
Je ne suis pas de votre race. Je suis du clan Mongol qui apportera une vérité monstrueuse : l’authenticité de la vie, la connaissance du rythme, et qui ravagera toujours vos maisons statiques du temps et de l’espace, localisées en une série de petites cases. Mon étalon est plus sauvage que vos engrenages poussifs, son sabot de corne plus dangereux que vos roues de fer. Entourez-moi des cent milles baïonnettes de la lumière occidentale, car malheur à vous si je sors du noir de ma caverne et si je me mets à chasser vos bruits. Que sur mes berges vos pontonniers ne réveillent jamais mon tympan endolori, car je ferais siffler sur vous le vent incurvé comme un cimeterre. Je suis impassible comme un tyran. Mes yeux sont deux tambours. Tremblez si je sors de vos murs comme de la tente d’Attila, masqué, effroyablement agrandi, revêtu de la seule cagoule, comme mes compagnons du bagne à l’heure de la promenade, et si avec mes mains d’étrangleur, mes mains rouges par le froid, je force le ventre aigrelet de votre civilisation!
(1887-1961). Moravagine, Éditions Grasset, 1926 Littérature et Poésie



Alix-Cléo Roubaud : Journal (1979-1983) – extraits
12.ΧΙΙ.82
vivre
vivre en dépit des nuits.
…
10.I.83
Retournant les phrases dans la bouche, l’une après l’autre avant de confier quoi que ce soir au papier.
– peur de la folie de l’égocentrisme. de tout.
-vient le moment de mettre de la crème sur les mains. je souhaite.intensement que ne meure pas le parfum de mimosa
puis, me couche.
et souhaite continuer à tenir ce journal pour y confier de pareilles choses irrépétables, incompréhensibles: simples.
légère mais réelle folie, cependant peu dangereuse (pour la vie civile); mais réelle.
était-ce la peine de faire toute cette psychanalyse pour me voir fondre comme du beurre au soleil et mourir de peur
(non)
11.I.83
assister, incrédule au temps.


