Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
1 474 artistes • 860 auteurs publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Je m’estime peu quand je m’examine ; beaucoup quand je me compare.
Auguste Villiers de l’Isle-Adam
femme et vase se répondent deux formes le sombre et le clair mais les bras et les feuilles se disputent la potiche nous dit ce n’est pas moi qu’il faut regarder c’est elle et que nous disent d’autre impératifs les doigts crispés de la femme sur le fauteuil ils disent regardez-moi donc
Texte de Luc Fayard, inspiré par La Femme et la potiche, d’Edgar Degas
beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023
Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023 COMMANDER LE LIVRE
Claude Monet – Les Coquelicots, dit aussi La Promenade (1873)
ils sont tellement hauts ces coquelicots qu’ils vont avaler l’enfant au loin la maison de famille chaperonne la promenade les odeurs chatouillent les narines émues les souvenirs d’enfance font remonter à la surface les lentes déambulations dans les champs sans horloge où rien n‘était plus important que la suite du chemin cachée par le virage et sur sa peau les goûts épicés de la campagne
Texte de Luc Fayard, inspiré par La Promenade, de Claude Monet
beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023
Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023 COMMANDER LE LIVRE
je veux tout oublier des anciens jours sépia célestes ou grossiers que rien ne recopia
ni les pleurs ni les chants de la lumière bleue ni l’accord dissonant du matin malheureux
je veux tout oublier la magie floue du monde le tournis mésallié dansant sa folle ronde
oublier la cité du concert fracassant l’impétuosité du cynique impatient
je veux tout oublier les mots si malhabiles sur les plaies repliées des rendez-vous fragiles
la mémoire infiltrée au détour du chemin par de nouveaux portraits regardant vers demain
je veux tout oublier pour qu’enfin recommence l’émotion relayée par le spleen sans souffrance
que souffle l’infini des contrées inconnues cajolant dans son nid mon âme mise à nu
Gustave de Smet – Femme à la fenêtre (1919) – gravure sur boisHenri Lebasque – Jeune femme devant la fenêtre à l’île d’Yeu (1920)Simon – Regard à travers la fenêtre
Texte finaliste du Diplôme d’Honneur – Concours Europoésie-Unicef 2023 Texte illustré par l’illustration Femme regardant par la fenêtre de Simon, par le tableau Femme à la fenêtre face à l’Île d’Yeu, d’Henri Lebasque et par le tableau Woman at the window on a holiday, de Gustave de Smet. Je ne sais pas pourquoi c’est cette image de femme à la fenêtre qui m’est venue pour illustrer ce texte de l’oubli renaissance : on pourrait en faire toute une galerie tellement ce thème a inspiré d’artistes! Alors, j’en ai créée ma galerie de chefs-d’œuvre (une soixantaine) qui pourra s’agrandir avec vos suggestions sur cette page dédiée :
Camille Claudel – La Vague ou Les Baigneuses (1897) – sculpture plâtre puis onyx
La vague devient chair sous le ciel dénudé, Le long de son corps embrasé se perd le temps, L’onde enserre la lumière de vert veinée, Oblitérant de ses doigts le jour en suspens.
Lors, la vague émeraude vomit la colère Dans la danse de ses lames effrénées, Se pétrifie dans les coulures de l’éther Son âme déchue où s’émiettent les trophées.
Les trois belles à l’entour de l’intempérance Éclaboussent la vague de leur nudité, Quand leurs cœurs ceints d’onyx vibrent dans les luisances.
La grâce susurre à la vague captivée : « Sursois à briser mon âme qui bat encore Dans la danse des corps où vacillent les ors ».
Texte de Laurence Sophie inspiré par la sculpture La Vague ou Les Baigneuses de Camille Claudel
d’où vient-elle cette énergie à diffusion lente dans l’esprit le corps
je connais sa seule source la beauté pure invisible sans forme intouchable et vibrante
pour la sentir je deviens ermite assis sur la montagne contemplant au rythme d’un souffle lent la vallée de mon cœur
j’y vois ma vie défiler en pointillé les passants des rencontres n’y sont que des ombres
et enfin je les vois les oiseaux libres et chanteurs ravisseurs d’espace dansant en cercle faisant la farandole peu à peu ils se taisent et s’en vont au loin planer en vol longtemps rétrécis à n’être plus qu’un point
alors je ferme les yeux les bras tendus tournant mes paumes vers le bas avec encore dans mes oreilles cette merveille le chant des mésanges noires si aigu
c’est comme si j’embrassais tout le paysage c’est comme si l’énergie des monts et des brumes l’énergie du vent chaud et humide l’énergie des plaines et des forêts me traversait tout le corps des pieds ancrés en terre à la tête souriant aux anges
Texte de Luc Fayard inspiré par Bords de mer , de Hélène Averous, encre de Chine sur papier de riz
Tu cours dans un espace fini Blanc fulgurant dans un océan de noirceur le feu a tout détruit mais toi tu portes l’espoir Franchiras-tu les limites de ce monde sinistre ? Détache-toi Envole-toi Brise le carcan Terrasse l’ombre et jette le fantôme qui veut t’enfermer
Texte et calligramme de Baronne, inspiré par John Caple(2000) ;
Il est là monstrueux démesuré debout par miracle Dans un maelström de particules Raide et impassible dans ce magma coloré Poursuivi par ce spectre grimaçant qui se cache à lui et veux l’engloutir Inconscient, il marche et va vers son destin Dans un tourbillon d’électrons dorés dont la beauté adoucira la fin
Texte de Véronique Demant, inspiré par Silence d’or, de Sophie Rocco ; écrit en Atelier de poésie
J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse. J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour. J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.
Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi Texte écrit en Atelier de poésie
Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées La blancheur lactique de tes bras Tes bras qui faisaient Comme des branches Me rendaient extatique, enfant soudain, Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant Quand nous dansions Et que tu m’entrainais De tes bras pratiques, Des branches lactiques, extatiques Cette mémoire me fait défaut désormais Seul cet océan nouveau me fait peur Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur Cent et onze années ont passé Et ce voile goudronné sur mes souvenirs Est la preuve même de ton existence Car tout recto a son verso
Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie
Une première fois, elle saute Par la fenêtre ouverte Elle tombe et se relève Elle remonte aussitôt Et se jette à nouveau Cette fois, elle tombe plus fort Et se relève en sang Pourtant, elle y retourne Avec une obstination morbide Elle se jette dans le vide Heurte durement le sol La tête la première Un silence angoissant puis Elle se relève Part en courant On dirait une possédée, une folle Mais elle est bien vivante Cette métaphore est violente Mais peut-être l’avez-vous deviné ? C’est la maternité
Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie
Une première fois
Un seul nuage
Abonnez-vous à La Gazette d’Amavero Entrez votre email et vous recevrez notre newsletter un lundi sur deux : 100% bénévole, gratuit, sans pub, ni spam, ni traqueurs