Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Cet article humoristique sur les travers des rois de la tech a exactement dix ans aujourd’hui! Hélas, l’heure n’est plus à l’humour car d’autres, encore plus nocifs, se sont mêlés à la bagarre. Mais que fait le peuple?…
Dans le ciel, règne Dieu. Sur terre, règnent les Monarques. Entre les deux, dans le Cyberespace, règne Dictateur Gafa, fruit bâtard de grandes familles tour à tour alliées et ennemies. Chacune protège son territoire et convoite celui des autres, comme dans Game of Thrones : Google, à qui on est obligé de poser une question par jour ; Amazon, à qui on est obligé d’acheter un produit par jour ; Facebook, à qui on est obligé d’envoyer un message par jour; et enfin Apple, qui n’oblige à rien mais qui voudrait bien.
Petite pépite exhumée des archives InfoTekArt : la définition mathématique de l’information qui nous emporte vers des concepts insoupçonnés…
« La quantité d’information dans un message est inversement proportionnelle à la probabilité d’apparition de ce message. »
Ce n’est pas moi qui le dit mais Claude Shannon, l’inventeur en 1949 de la seule grande théorie de l’information, celle qui a créé le bit et donné naissance à l’informatique. Si je sais à l’avance ce que tu vas me dire, il n’y a pas d’info! C’est pas beau? Shannon a même trouvé la formule (ci-dessus) en calculant l’entropie ou logon. L’entropie exprimée en bits est égale à moins la somme des probabilités des diverses éventualités possibles multipliées par le logarithme de base 2 de ces probabilités. Exemple : si je tire à pile ou face, la probabilité p de pile (comme celle de face) est de ½, l’entropie H sera : H = – (1/2 log ½) + (1/2 log ½ ) = – 2 (1/2 log ½ ) = – log ½ = 1 bit. Le bit est donc tout simplement la quantité d’information qui émerge dans la réponse « oui » ou « non » à une question ; d’où la naissance de l’informatique qui adore ce genre de réponse par oui ou par non, par 0 ou 1 : dans tel circuit, dans tel composant, le courant passe ou ne passe pas. Un point , c’est tout. On peut aller très loin dans la réflexion intellectuelle par la succession de réponses en oui ou non…
première publication : 24 novembre 2004 (un des premiers articles d’InfoTekArt!)
Nouvelle bonne pioche dans les archives d’Infotekart. Une vision de l’entreprise un peu différente de l’image idyllique que tentent de nous donner certains thuriféraires du management moderne. Où l’on voit que simplement garder sa place pour éviter d’être sur les « listes » est un travail de tous les jours. Je ne renie aucune de ces lignes et regrette simplement de ne pas en avoir fait un livre qui raconte plus en détail la réalité vécue : l’entreprise est d’abord et avant tout une source de profit pour les actionnaires (voir ma définition dans Dictionnaire impertinent des branchés), c’est tout. Tout le reste est mensonge et marketing (pléonasme).
Dans la lignée de la sélection des meilleurs articles piochés dans les archives d’InfoTekArt, voici un collector : mon interview vidéo de Raymond Kurzweil, génial inventeur (voir son wikipedia) où il parle de l’intelligence artificielle dont il fait son sujet principal. C’était il y a 14 ans, en novembre 2011 ! Ces quelques années d’avance sur le commun des mortels, en a-t-il vraiment profité depuis qu’il a rejoint Google en 2012 comme directeur de l’ingénierie ? Son projet d’ebook universel Blio a capoté. Il a contribué à Smart Reply, fonctionnalité IA de Gmail et lancé le projet Kona pour doter l’IA d’un langage équivalent au langage humain. Mais on attendait peut-être mieux de lui… Il est connu aussi pour être un tenant de la singularité, le moment où l’IA dépassera l’homme (prévu selon lui en 2045) et pour avoir décidé se faire cryogéniser à sa mort (avec plein de nanorobots partout) pour être ressuscité au bon moment en homme bionique en pleine forme. Un vrai fan du transhumanisme ! Dans mon interview vidéo ci-dessous, je le trouve plutôt raisonnable, voire passionnant !.
Mon texte de l’époque : « Ray Kurzweil est une des plus grandes figures de l’informatique mondiale. Inventeur et futurologue, il est à l’origine de nombreuses innovations (scanner à plat, OCR, reconnaissance de la parole, musique synthétique); auteur de nombreux livres – dont le dernier « The singularity is new » – il prédit l’avenir proche d’un homme bionique, mi-homme, mi-robot, et d’une intelligence artificielle égalant et dépassant celle de l’homme. Une interview vidéo webtv exclusive (en anglais) réalisée par le journaliste indépendant Luc Fayard, dans le cadre de l’Université du Système d’information (USI 2011), un évènement Octo Technology.»
Conclusion de l’interview de Ray Kurzweil et mise à jour juin 2025
Ray Kurzweil a compris avant tout le monde l’importance de l’IA (intelligence artificielle) mais il n’a peut-être pas trouvé les terrains d’application qu’il aurait voulu ! Est-il bridé par Google ? Peut-être va-t-on quand même entendre parler de lui.? Sur Amavero, on utilise l’IA essentiellement comme assistant documentaire dans la recherche d’œuvres d’art susceptibles d’illustrer un poème, ou comme dessinateur: voir Poèmes illustrés par l’IA
Si tu lèves la tête vers un tableau qui t’emporte dans ses rêves, tu oublies soudain le reste et, pendant des heures, tu te perds dans sa contemplation qui aura duré en réalité une minute ou deux. C’est ainsi que tu réalises la relativité du temps. Si, en plongeant dans un poème, ses vers composent une musique douce à ton âme, c’est que tu es sorti du temps linéaire pour entrer dans l’espace multidimensionnel des émotions. Quand tu contemples une mer de nuages reliant la terre au ciel, tel le voyageur de Caspar David Friedrich en haut de sa montagne, c’est dans la beauté du paysage que tu visualises l’infini de l’espace et du temps. Quand les yeux, le visage, la lumière et les courbes d’un corps te donnent un coup de poing, c’est que la beauté est entrée dans ta mémoire en remontant ton passé jusqu’à l’enfance comme les madeleines de Proust. Ce que fait la beauté à l’homme, c’est qu’elle s’impose à lui sans sa volonté. Il ne consomme plus, il s’oublie face à l’impermanence. Ce que la beauté crée de différent dans l’homme, c’est qu’elle modifie sa relation au monde en le sortant de la raison et de l’histoire, car elle n’est plus faite d’objets temporels mais de liens. La beauté est résonance. La beauté est l’antidote du zapping. Voilà pourquoi elle est résolument moderne. En reliant tous les arts, Amavero se consacre à la beauté.
Peter Paul Rubens – Portrait de Nikolas (1619) – crayon noir et rouge sur papierAlbrecht Dürer – Portait de Barbara Dürer (1514) – crayon sur papier
PS: Je me souviens qu’Ernst Hans Gombrich, dans son inégalable et intemporelle Histoire de l’art, pour illustrer le questionnement de la beauté, comparait le portrait par Rubens de son fils Nikolas avec celui par Dürer de sa vieille mère Barbara : qui est le plus beau ?
« Le beau est toujours bizarre. »
Charles Baudelaire. Article « Salon de 1859 », publié dans la revue L’Artiste.
« La beauté, c’est l’éternité qui se regarde dans un miroir. Mais vous êtes l’éternité et vous êtes le miroir. »
Khalil Gibran. Le Prophète (1923)
« N’est-il pas aussi impossible de raisonner avec la mort que de peser la terre ou l’âme de la beauté? »
Jim Harrison. Légendes d’automne (1979)
« Ce qui fait la beauté, ce n’est pas la forme parfaite, mais le surgissement fragile. »
Georges Didi-Huberman. La survivance des lucioles (2009)
J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse. J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour. J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.
Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi Texte écrit en Atelier de poésie
Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées La blancheur lactique de tes bras Tes bras qui faisaient Comme des branches Me rendaient extatique, enfant soudain, Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant Quand nous dansions Et que tu m’entrainais De tes bras pratiques, Des branches lactiques, extatiques Cette mémoire me fait défaut désormais Seul cet océan nouveau me fait peur Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur Cent et onze années ont passé Et ce voile goudronné sur mes souvenirs Est la preuve même de ton existence Car tout recto a son verso
Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie
Une première fois, elle saute Par la fenêtre ouverte Elle tombe et se relève Elle remonte aussitôt Et se jette à nouveau Cette fois, elle tombe plus fort Et se relève en sang Pourtant, elle y retourne Avec une obstination morbide Elle se jette dans le vide Heurte durement le sol La tête la première Un silence angoissant puis Elle se relève Part en courant On dirait une possédée, une folle Mais elle est bien vivante Cette métaphore est violente Mais peut-être l’avez-vous deviné ? C’est la maternité
Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie
L’amère flamme ruisselant l’oxyde fragile boisé flot argenté du jour dormant dans la vaste nuit Fleure fœtus hermaphrodite Des aromates sauvages sont replongés en ma sève
Texte de Consuelo écrit avec le jeu des 20 mots : amer, flamme, ruisseler, oxyder, fragile, bois, flot, argent, jour, dormir, vaste, nuit, fleur, foetus, hermaphrodite, aromate, sauvage, être, plonger, sève
Ernst-Ludwig Kirchner : Poules près de Bergdorf (1919-1920)
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