Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 556 artistes • 822 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Puis vint enfin la mort, la mort si difficile à mourir.…, Niels Lyhne; écrivain encensé par Rainer Marie Rilke dans Lettres à un jeune poète


  • André Breton : L'Union libre

    Ma femme à la chevelure de feu de bois
    Aux pensées d’éclairs de chaleur
    A la taille de sablier
    Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre
    (suite…)


  • William Shakespeare : Roméo et Juliette

    Prince
    Rebellious subjects, enemies to peace,
    Profaners of this neighbour-stained steel,
    Will they not hear? What, ho! you men, you beasts,

    Le Prince
    Sujets rebelles, ennemis de la paix !
    Profanateurs qui souillez cet acier par un fratricide !…Est-ce qu’on ne m’entend pas ?… Holà ! vous tous, hommes ou brutes,

    (suite…)

  • appel du vent

    quand le vent des arbres et des champs
    glissant par la fenêtre ouverte
    se frotte à toi sans préambule
    quand les mésanges piaillent
    sous la bourrasque ébouriffante
    quand le ciel te salue solennel
    dans un nuage de feuilles alanguies
    mourant en jouant
    alors fou d’amour et d’orgueil
    tu rêves d’union aux forces vivantes
    tu embrasses l’air bourru
    dans les hauteurs paresseuses
    tu voudrais que l’esprit
    expire un souffle vert
    tu serais cet oiseau décidé
    qui rit sans savoir où il va

    mais la caresse a fui
    virgule distraite
    la nature immobile se tait
    tout n’est plus que décor
    en soupirant tu fermes la fenêtre
    une fois de plus lourd indécis
    tu ne t’es pas envolé

    il aurait pourtant suffi d’une inflexion
    suivre le sillon d’une larme
    guetter l’effluve à paraître 
    sur la nervure cambrée d’un tourbillon vivant
    tendre les bras vers le ciel aspirant

    mais qui sait un jour peut-être
    tu ne resteras pas insensible à l’appel du vent


  • brise écaillles et ribambelles

    la brise frise la mer qui se meurt
    sur les rocs noirs habillés d’écailles
    les algues longues et vertes s’affalent
    couvrant des ribambelles de sable gris

    brins en tas grains mouillés qui s’étalent
    dessinant des taches brunes et ocres
    la pluie luit sur la vase rase
    vide au premier coup d’oeil
    si peuplée quand la mer l’abandonne

    ce pays d’eau de bas en haut
    baigne de lames désarmées
    mes larmes d’enfance dense
    le regret croit quand le souvenir gît
    l’avenir fuit devant la nostalgie


  • vieux amis

    immuables rochers battus par la mer des ans
    vaillants rocs ridés ils se taisent souvent
    indifférents au vent chahuteur
    l’œil bienveillant comme une invitation
    ils partagent l’implicite sans évocation

    chacun sa voie et toujours ce même plaisir
    se retrouver sans se chercher se quitter sans se perdre
    ils sont plus forts que l’amour plus indulgents
    ici on pardonne volontiers ou alors on oublie

    les vieux amis n’ont plus rien à se prouver
    mais ils peuvent encore s’étonner
    comme surprennent parfois
    a lumière sur un nuage
    une mélodie en la mineur
    la dentelle du brouillard nappant les champs
    le sourire volé d’une rencontre fugitive
    un cri de joie déchirant l’air

    un cœur serein est à l’affût
    tellement prêt à écouter
    que plus rien n’est à inventer
    des ajustements tout au plus
    quelques détours à empocher

    jamais de silences plus chauds
    battements du cœur plus profonds
    doux moments intimes plus longs
    à boire et chanter hisser haut

    on peut se battre à perdre haleine
    et tout oublier dans un rire
    quand vient le hoquet fuit la haine
    on se dit tout dans un sourire

    ne mourant pas comme l’amour
    les vieux amis seront un jour
    dans l’infini beauté des choses
    là où les anges font la pose

    quelque part dans l’azur bleuté
    flotte le jardin des amis
    c’est bien mieux que le paradis
    et surtout bien moins fréquenté



Art et Poésie : dernières publications

  • pays rêvé (Hommage à David Hockney)

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  • Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

    Du bist die Zukunft, großes Morgenrot
    über den Ebenen der Ewigkeit.
    Du bist der Hahnschrei nach der Nacht der Zeit,
    der Tau, die Morgenmette und die Maid,
    der fremde Mann, die Mutter und der Tod.

    Du bist die sich verwandelnde Gestalt,
    die immer einsam aus dem Schicksal ragt,
    die unbejubelt bleibt und unbeklagt
    und unbeschrieben wie ein wilder Wald.

    Du bist der Dinge tiefer Inbegriff,
    der seines Wesens letztes Wort verschweigt
    und sich den andern immer anders zeigt:
    dem Schiff als Küste und dem Land als Schiff.

    Tu es l’avenir, la grande aurore
    sur les plaines de l’éternité.
    Tu es le cri du coq après la nuit du temps,
    la rosée, la prière du matin, la jeune fille.
    l’étranger, la mère et la mort.

    Tu es la forme qui sans cesse change,
    qui, toujours solitaire, émerge du destin,
    qui demeure sans gloire ni regret
    et vierge comme une forêt sauvage.

    Tu es l’essence même des choses
    qui tait le dernier mot de son être
    et qui se montre aux autres toujours autre :
    au navire comme une côte, à la terre comme un navire

    (1875-1926). Né à Prague donc autrichien, puis tchécoslovaque.
    Das Stunden-Buch. Le Livre d’heures. Traduction française de Maurice Betz et Luc Fayard

    Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

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  • Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

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  • Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

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  • William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

    LEAR
    Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow!
    You cataracts and hurricanoes, spout
    Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks!
    You sulphurous and thought-executing fires,
    Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts,
    Singe my white head! And thou, all-shaking thunder,
    Smite flat the thick rotundity o’ the world!
    Crack nature’s moulds, all germens spill at once
    That make ingrateful man!

    LEAR
    Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez,
    Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez
    Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes !
    Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée,
    Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne,
    Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle,
    Aplatis l’épaisse rotondité du monde,
    Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes
    Qui font l’homme ingrat !

    Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats

    William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

  • Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

    Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025