Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 410 artistes • 754 auteurs
publiés dans Amavero

  • oublier l'amour

    l’amour fuit sur les lacs
    l’automne est dense et gris
    le vent soupire et rit
    de ta vie tout en vrac

    tu marches vers le trou
    sans laisser de trace
    ton âme lourde embrasse
    la mort de l’orgueil fou

    les femmes que tu aimes
    ont perdu leur regard
    elles vont au hasard
    perdues dans leur bohème

    l’amour s’en est allé
    rêver sous d’autres cieux
    sourire à d’autres dieux
    participe passé

    voici que tu regrettes
    les filles alanguies
    qui te rendaient groggy
    sur de molles banquettes

    mais le temps reste sourd
    bonhomme il te faut vivre
    encore libre et rire
    et oublier l’amour


  • souviens toi de l'île

    souviens toi de l’île 

    aux chevaliers guignettes
    où les sternes sont naines
    ou bien pierregarin
    les hérons toujours cendrés
    les mouettes rieuses
    ou mélanocéphales
    les gravelots toujours petits 
    et grises les bergeronnettes
    et noires les guifettes

  • pieds des stalles

    je regarde mon doigt de pied gauche
    et je me dis  un pied çà a l’air de quoi
    ce genre de trapèze improbable et plat
    ce bout du bout du corps
    qui nous tient debout
    par le bas
    on dit tu es bête comme tes pieds
    mais qui a dit que mes pieds étaient bêtes
    bien alignés et rangés par taille décroissante
    moi je leur trouve plutôt l’air ordonné
    à mes petits doigts de pied
    ils bougent quand j’en ai envie
    mais si jamais l’envie me prend
    le lever le troisième en partant de la gauche
    qui est aussi le troisième en partant de la droite
    et pourtant j’en ai cinq à chaque pied
    sans faire bouger ses confrères
    je risque d’y passer de longues nuits

    vous aussi
    tout çà pour vous dire qu’il vaut mieux
    compter sur ses dix bons doigts de pieds
    pour marcher et pour botter les fesses
    de ceux qui vous marchent sur les pieds
    remarquez
    si vous n’aviez plus de doigts de pieds
    on ne pourrait pas vous marcher dessus
    c’est chaud
    c’est sûr comme une chaussure
    alors gaffe un conseil
    tous les soirs
    avant de vous coucher
    comptez-les
    vos petits doigts de pieds
    on ne sait jamais

  • je meurs tu pleures

    Je meurs
    Tu meurs
    Je t’aime
    Tu pleures
    Je vogue
    Tu vogues
    Ils voguent
    Où çà
    M’en fous
    Quèqu’part
    Tu viens
    Je pars
    Tu m’aimes
    Je pleure
    Je dis
    Tu dis
    Tout çà
    Ils disent
    N’impor-
    Te quoi
    Tu ris
    Je nage
    Tu nages
    Vers moi
    Ou çà
    Plus loin
    Pourquoi
    Parc’que
    C’est beau
    C’est bon
    Et plus
    Que ça
    Encore
    Pour toi
    Je vis
    Tu vis
    Sans moi
    Je souffre
    Tu souffres
    S’en foutent
    Pourquoi
    Parc’que
    Ils ont
    Raison
    Les cons
    Je viens
    Tu veux
    Je veux
    Te voir
    T’aimer
    Plus fort
    M’aimer
    Dis-tu
    Et puis
    Je rêve
    Tu dors
    Petite
    Et douce
    Je souffle
    Sur tout
    Sur ça
    Sans ça
    Tu voles
    Plus loin
    Sans moi
    Tu joues
    Je perds
    Toujours
    Pourquoi
    Ta peau
    Ton corps
    Adieu
    Rideau
    Mais non
    Tu rêves
    De moi
    Peut-être
    Encore


  • offerte ta bouche douce

    offerte
    ta bouche douce
    pour moi qui pleure

    tes jambes longues
    ton ventre rond
    offerts

    douce ma belle tu souris
    et l’odeur de toi
    rose close ton parfum

    à genoux je caresse
    ta peau offerte
    tu m’enveloppes

    ton souffle chaud sur moi
    s’envole
    comme toi et moi

Dernières publications d’art et de poésie

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par Les Larmes de crocodile, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - Les Larmes de crocodile (1948)
    René Magritte – Les Larmes de crocodile (1948)

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

  • Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

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  • Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)

    Monde bleu pâle comme jusquiame,
    Monde bleu pâle dans le soir entré.
    Avec toi rien que celui et celle,
    Et rien que ceux qui sont fidèles.
    Crois ou ne crois pas en eux – 
    Ils vivent comme ils boivent,
    Vivent et attendent tout seuls,
    Eux-mêmes forgent eux-mêmes.
    Et puis – qui es-tu, tu es quoi ? – 
    Et puis – qui vas-tu devenir ? –
    C’est bien égal : philosophe
    Ou le berger d’un troupeau.
    C’est égal. Sans importance.
    Tu vis – eh bien vis ! ça suffit.
    Car il y a les étoiles en haut,
    Il y a le ciel entré dans le soir
    Il y a le seuil, bas comme le péché,
    Et toi, fidèle à toi seulement.

    Vasyl Stus – Palimpsestes. Poésie et lettres du Goulag (première édition en Allemagne en 1986, première édition française en 2026, 40 ans après, bravo les éditeurs français!)

    Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)

  • Ovide : Les Métamorphoses, extrait (an 8 ap. J.C.)

    Ovide : Les Métamorphoses, extrait (an 8 ap. J.C.)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025