Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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Citation Amavero du jour
L’ingrédient essentiel pour façonner notre univers c’est la conscience qui l’observe. … citée dans Le symbole perdu de Dan Brown


  • météo marine

    gros grain noir à l’horizon
    inquiétude à bord
    nouvelles données météo
    perplexité
    le marin cherche sa voie
    moi aussi

    mer hachée
    voilier secoué
    combien de temps sans respirer
    le marin veut souffler
    moi aussi

    grand soleil et bon vent
    le voilier trace son sillage
    la mature siffle
    les dauphins jouent
    le marin sourit
    moi aussi

    et cette aube toujours
    en majesté
    mon âme en paix


  • fusion ici et là (ici et là)

    le bateau et la mer
    ici coins et recoins
    à portée de main
    là le plein le lointain
    ici le fixe le solide
    le rassurant
    métal bois filin
    là le fluide le mouvant
    la métamorphose
    ici la multitude des petits objets
    utiles à la vie à la survie
    là le désert de l’unicité

    jamais il n’y eut pareille antinomie
    et pourtant tout concorde
    tout s’accorde
    l’esquif et la houle
    la voile et le vent
    l’homme et la mer
    fusion


  • en mer (horizon sans toi)

    la mer est mon horizon
    le ciel mon toit ma loi
    la houle rythme mon cœur
    le bateau trace ma route
    son sillage est ma lumière
    ses voiles mon espoir
    son carré ma maison
    alors apaisé par cet univers
    de la longue attente
    au creux des heures
    de veille et de merveilles
    je dis à la lune
    à la croix du sud
    aux dorades perdues
    au cormoran fidèle
    je dis au monde ébahi
    que pour être parfait
    il ne manque que toi


  • sursis (états d’âme de dame ou d’homme)

    état d’âmes de dame ou d’homme
    dans ton voilier sur la mer ancre flottante
    tu n’es qu’un sursis une vie latente
    un passager de l’ombre buveur de rhum

    tant d’autres ont vu ce que tu vois
    passé et avenir sillage et cap mêlés
    tant d’autres ont souffert et aimé
    les mêmes moments sensations émois

    infime grain imberbe rond
    dans l’infinie répétition
    que cherches-tu étranger
    te demande l’océan
    avec tes rêves ton fil des ans
    et ton âme dérangée

    je cherche la beauté la vérité
    la pureté 
    l’éternité
    que toi seul peux me donner

    bah répond l’océan
    tu pourras sillonner tous les flots 
    braver tous les ouragans
    ton cœur est tout ce qu’il te faut


  • mer et désert (désert apparent)

    la mer est un désert apparent
    qui ne tient pas aux hommes
    mais à l’histoire à l’éternité
    la vague est un mouvement
    une flamme
    sans début ni fin
    elle n’a qu’une vie de parcours
    sans état
    le vent n’existe pas
    et pourtant il emporte tout
    la mer est chinoise
    une fois yin une fois yang
    tout est changement

    alors contemple et remercie
    tu ne peux étreindre
    ni le vent des ouragans
    ni l’eau des océans
    tout passe par tes mains
    mais rien ne demeure
    seul resteront dans ton âme
    le goût de sel 
    la pureté du vent du large
    la brulure de l’aube

    tu es né de cette eau
    fluide et immatérielle
    tu es né de ce vent
    souffle et nomade

    souviens-t’en



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  • Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

    Du bist die Zukunft, großes Morgenrot
    über den Ebenen der Ewigkeit.
    Du bist der Hahnschrei nach der Nacht der Zeit,
    der Tau, die Morgenmette und die Maid,
    der fremde Mann, die Mutter und der Tod.

    Du bist die sich verwandelnde Gestalt,
    die immer einsam aus dem Schicksal ragt,
    die unbejubelt bleibt und unbeklagt
    und unbeschrieben wie ein wilder Wald.

    Du bist der Dinge tiefer Inbegriff,
    der seines Wesens letztes Wort verschweigt
    und sich den andern immer anders zeigt:
    dem Schiff als Küste und dem Land als Schiff.

    Tu es l’avenir, la grande aurore
    sur les plaines de l’éternité.
    Tu es le cri du coq après la nuit du temps,
    la rosée, la prière du matin, la jeune fille.
    l’étranger, la mère et la mort.

    Tu es la forme qui sans cesse change,
    qui, toujours solitaire, émerge du destin,
    qui demeure sans gloire ni regret
    et vierge comme une forêt sauvage.

    Tu es l’essence même des choses
    qui tait le dernier mot de son être
    et qui se montre aux autres toujours autre :
    au navire comme une côte, à la terre comme un navire

    (1875-1926). Né à Prague donc autrichien, puis tchécoslovaque.
    Das Stunden-Buch. Le Livre d’heures. Traduction française de Maurice Betz et Luc Fayard

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  • Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

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  • William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

    LEAR
    Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow!
    You cataracts and hurricanoes, spout
    Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks!
    You sulphurous and thought-executing fires,
    Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts,
    Singe my white head! And thou, all-shaking thunder,
    Smite flat the thick rotundity o’ the world!
    Crack nature’s moulds, all germens spill at once
    That make ingrateful man!

    LEAR
    Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez,
    Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez
    Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes !
    Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée,
    Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne,
    Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle,
    Aplatis l’épaisse rotondité du monde,
    Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes
    Qui font l’homme ingrat !

    Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats

    William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

  • Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

    Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

  • Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

    Il n’y a rien en nous. Il n’y a personne. Il n’y a en nous qu’une attente sans couleur et sans forme. Elle n’est l’attente d’aucune chose. Elle est en nous comme de l’air mélangé à de l’air. Elle ne ressemble à rien, sinon peut-être à l’extrême pointe d’une lassitude. Cette attente n’a pas toujours été là. Nous n’avons pas toujours été rien, personne. Dans l’enfance nous étions tout et dieu n’était qu’une part infime de nos domaines – quelque chose comme un brin d’herbe dans un pré.

    C’est avec la fin de l’enfance que l’attente a commencé. C’est après notre mort que nous avons commencé à attendre.

    (1951-2022). Une petite robe de fête. folio/Gallimard, 1991.

    Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025