Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 556 artistes • 822 auteurs
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Citation Amavero du jour
En matière de modestie, je ne crains personne.Olivier Weil-Hébert, paraphrasant Alfred Capus : « Il n’a qu’une qualité : il est modeste. Et… Lire


  • libellule

    tu as la grâce libellule
    un sourire énigme de muse
    le cœur gros comme un gros diamant
    cœur d’or cœur d’amour cœur vibrant

    marchant sur la pointe des pieds
    de peur d’abimer le sentier
    de la vie riche que tu sculptes
    tu embrasses la terre entière
    les arbres les fleurs et la mer

    d’un air tranquille sans tumulte
    tu croques tes rêves d’enfant
    qui s’envolent en riant

    tu es si farouche et secrète
    qu’on n’ose t »effleurer
    mais du haut de ton port de tête
    victorieux altier
    tu abrites un monde bleu
    qui rend les gens heureux

  • pélican et iguane

    le pélican a-t-il des dents
    l’iguane une âme
    qui sait
    ici tout est différent
    tout respire autrement
    dans ces îles capricieuses
    la mer n’est pas un gouffre amer
    mais une vasque de coraux
    où se trémoussent des poissons bleus

    plus loin sur la côte 
    la terre exhibe fièrement
    ses orgues basaltiques
    et là-bas sur la ligne verte
    les surfeurs s’égaient en pirouettes
    le coco à coque dure
    tombe avec un bruit mat

    sur le sable de la plage

    la voile est un tamis 
    où l’on se niche
    entre le ciel et l’eau
    au soleil de l’ile papillon
    nos yeux se sont plissés
    nos peaux couvertes d’écailles
    nous sommes redevenus tortues
    nos cœurs battent lentement
    ici pour un instant
    le temps a posé ses fardeaux

  • noir pour mourir

    j’entends je vois la nuit
    poignées à abaisser
    volets de fer fermés
    crissements nus des bruits

    siffleurs de sphères vertes
    marches blanches du pin
    ronronnements urbains
    branches nouées désertes

    mats gris de parasol
    arrière-plans mêlés
    bleus blancs du haut lavés
    chats glissant sur le sol

    roulement lourd du train
    cris du bas des maisons
    fumées hélice en rond
    carrés de vitres teints

    puis les sons vont s’éteindre
    les visions s’obscurcir
    dans le noir pour mourir
    je ne pourrai plus feindre


  • las des brumes

    las des brumes
    délabrées
    l’enfant hume
    l’air vicié

    secouant
    nez et tête
    sur des joues
    maigrelettes

    il s’en va
    respirer
    tout là-bas
    un air frais


  • changement de pluie

    la pluie n’est plus ce qu’elle était
    tendre mélancolique rieuse
    annoncée par de subtils frémissements
    de l’air gai toujours printanier
    quand elle arrivait enfin
    heureuse
    quelle fraîcheur
    quel soulagement
    ses fines gouttes en prélude
    ne mouillaient pas vraiment
    prenant toutes les formes possibles
    selon son humeur
    elles se dégustaient sur la peau
    et le monde s’en accommodait
    avec le temps tout a changé
    la pluie est devenue brutale
    surgissant sans préambule
    tempétueuse en permanence
    longs jets penchés et coupants
    qui mouillent lourdement
    pour faire mal
    il pleure toujours dans mon cœur
    mais plus jamais comme il pleut sur la ville
    car il y pleut méchamment
    le chant n’est plus doux
    il est tumulte
    cacophonie
    la pluie est un océan furieux
    une houle obscure
    elle débarque et part sans préavis
    et quand sa tornade impétueuse disparaît
    elle laisse derrière elle un immense gâchis
    la terre dévastée
    et les cœurs malheureux
    la pluie ressemble à la vie



Art et Poésie : dernières publications

  • Guy Tirolien : Gouaches (1961)

    Guy Tirolien : Gouaches (1961)

  • Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

    Du bist die Zukunft, großes Morgenrot
    über den Ebenen der Ewigkeit.
    Du bist der Hahnschrei nach der Nacht der Zeit,
    der Tau, die Morgenmette und die Maid,
    der fremde Mann, die Mutter und der Tod.

    Du bist die sich verwandelnde Gestalt,
    die immer einsam aus dem Schicksal ragt,
    die unbejubelt bleibt und unbeklagt
    und unbeschrieben wie ein wilder Wald.

    Du bist der Dinge tiefer Inbegriff,
    der seines Wesens letztes Wort verschweigt
    und sich den andern immer anders zeigt:
    dem Schiff als Küste und dem Land als Schiff.

    Tu es l’avenir, la grande aurore
    sur les plaines de l’éternité.
    Tu es le cri du coq après la nuit du temps,
    la rosée, la prière du matin, la jeune fille.
    l’étranger, la mère et la mort.

    Tu es la forme qui sans cesse change,
    qui, toujours solitaire, émerge du destin,
    qui demeure sans gloire ni regret
    et vierge comme une forêt sauvage.

    Tu es l’essence même des choses
    qui tait le dernier mot de son être
    et qui se montre aux autres toujours autre :
    au navire comme une côte, à la terre comme un navire

    (1875-1926). Né à Prague donc autrichien, puis tchécoslovaque.
    Das Stunden-Buch. Le Livre d’heures. Traduction française de Maurice Betz et Luc Fayard

    Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

  • Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)

    Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)

  • Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)

    Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)

  • Mária Geszler-Garzuly : Between the Trees (2025) – porcelaine

    Mária Geszler-Garzuly : Between the Trees (2025) – porcelaine

  • Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

    Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

  • Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

    Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

  • William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

    LEAR
    Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow!
    You cataracts and hurricanoes, spout
    Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks!
    You sulphurous and thought-executing fires,
    Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts,
    Singe my white head! And thou, all-shaking thunder,
    Smite flat the thick rotundity o’ the world!
    Crack nature’s moulds, all germens spill at once
    That make ingrateful man!

    LEAR
    Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez,
    Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez
    Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes !
    Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée,
    Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne,
    Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle,
    Aplatis l’épaisse rotondité du monde,
    Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes
    Qui font l’homme ingrat !

    Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats

    William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

  • Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

    Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

  • Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

    Il n’y a rien en nous. Il n’y a personne. Il n’y a en nous qu’une attente sans couleur et sans forme. Elle n’est l’attente d’aucune chose. Elle est en nous comme de l’air mélangé à de l’air. Elle ne ressemble à rien, sinon peut-être à l’extrême pointe d’une lassitude. Cette attente n’a pas toujours été là. Nous n’avons pas toujours été rien, personne. Dans l’enfance nous étions tout et dieu n’était qu’une part infime de nos domaines – quelque chose comme un brin d’herbe dans un pré.

    C’est avec la fin de l’enfance que l’attente a commencé. C’est après notre mort que nous avons commencé à attendre.

    (1951-2022). Une petite robe de fête. folio/Gallimard, 1991.

    Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

  • Francis Ponge : Le Chêne (1942)

    Francis Ponge : Le Chêne (1942)

  • Octavio Paz : Source

    Parle laisse tomber une parole
    Bonjour j’ai dormi tout l’hiver et maintenant je me réveille
    Parle
    Une pirogue glisse vers la lumière
    Une parole légère avance à pleines voiles
    Le jour a la forme d’un fleuve
    Sur ses rives brillent les plumes de tes chants
    Douceur de l’eau dans l’herbe endormie
    Eau claire voyelles à boire
    Voyelles parures du front des chevilles
    Parle
    Touche la cime d’un silence heureux
    Et puis ouvre les ailes parle sans cesse
    Un visage oublié passe
    Tu passes toi-même allure de vent dans un champ de maïs
    L’enfance avec ses flèches son idole son figuier
    Romps les amarres passe avec la tour et le jardin
    Passent futur et passé
    L’heure déjà morte et l’heure à tuer
    Passent des éclairs qui portent dans leur bec des morceaux de temps encore vivant
    Volées de comètes qui se perdent dans mon front
    Parle
    Mouille les lèvres dans la pierre fendue qui jaillit inépuisable
    Plonge tes bras blancs dans l’eau féconde en prophéties imminentes

    Le Tournesol in Condition de nuage (1939-1955) in Liberté sur Parole, nrf/Poésie/Gallimard, 2014.
    Mexicain (1914-1998). Prix Nobel de littérature en 1990.

    Octavio Paz : Source

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025