Autrefois j'aurais voulu être le dernier oiseau du dernier platane La première lueur du matin sur l'aile d'un olivier L'orange de midi, bien pendue sur ses feuillages de parfum Et ce nuage qui joue autour du phare J'aurais voulu être une phrase coupée au ras d'un poème Découvert par une jeune fille aux cils de pavot Au bord d'un grenier de Provence Mais maintenant Mon dernier désir est que mon souvenir brûle Les pierres où il est gravé Ici et là au petit vol de mes voyages Les sables de la mer n'ont pas besoin de dictionnaire Toutes les feuilles meurent en automne Rien n'est qu'un feu mort au fond d'un ruisseau sec Que mon visage s'écrase en vous Ombre de ma jeunesse Et qu'il ne reste rien de ce fer rouge In Marc Alyn : « André de Richaud » ; Pierre Seghers éditeur (Poètes d’aujourd’hui), 1966 Source sur fb : Bernard-Jean L’Herbier André de Richaud (1907-1968)
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