là-bas
les cloches sonnent le glas
d’un air las
les entendrais-je
à mon enterrement
quel chemin sinueux
suivra ce paysage
dans mon cœur vibrant
au gong du trépas
ira-t-il suinter
jusqu’à l’âme
comment l’amour
inconsistant par essence
peut-il durer
si longtemps
à ne plus savoir
qui il est
ni pourquoi
il t’incite encore
à baiser fiévreusement
ces lèvres amies
peut-on mourir
béat de passion
après avoir vécu
benêt de dévotion
l’infini des questions irrépétibles
crée une montagne raide
grimpant au ciel
j’y marche perdu
dans la brume des possibles
la vie est un jet de dés
un coup tu souris
un coup tu meurs
tu n’y peux rien
c’est écrit
mais où
par qui
revenu de tout
peut-on s’évanouir
sans souffrir
quand après la fournaise
on espère un vent frais
signe de renaissance
et que vient à sa place
le vent lourd
de l’irrévocable délivrance
pour qu’enfin je comprenne
l’incomplétude des destins humains
il me faudra atteindre
le haut de la montagne
là je verrai
tous les chemins
converger vers elle
après mille détours
tous les cris tous les chants
s’unir dans la même plainte
qui deviendra silence
tout finit ici
où il n’y a plus de détours
plus de cris plus de chants
et surtout
plus jamais de questions
Texte de Luc Fayard