Les gens qui me connaissent croient tous que je parle d’eux et de moi dans mon livre 100 mots ou presque. Parfois, on frise le drame: une nouvelle parle de cancer et tous mes amis qui en ont un ou qui en ont eu un (et malheureusement j’en connais beaucoup et heureusement beaucoup s’en sont sortis) s’imaginent qu’il s’agit d’eux. Alors quand le héros dit « pas de rémission », imaginez le désastre! Donc à tous mes amis malades ou en bonne santé, je dis: ce livre est un roman, un livre de fiction, lisible y compris par les gens qui ne me connaissent pas, cela fera un peu plus de monde d’ailleurs. Bien sûr, c’est mon premier roman et on sait bien qu’un auteur pour son premier ouvrage puise dans son passé et son expérience. Mais j’ai tout imaginé car ce que je veux, ce que j’aime, c’est créer des personnages et des situations. Souvent le point de départ est infinitésimalement vrai mais ensuite je pars en voyage, mes voyages à moi, dans ma tête. Par exemple: dans la nouvelle « Cinéma », le héros croit assister à un meurtre et sa vie en est changée. Au risque de vous décevoir, cela ne m’est jamais arrivé: la seule chose vraie dans cette histoire, c’est que moi aussi je fais de la moto!
