Voici donc, en appendice d’Amavero, le nouveau blog de Luc Fayard, « Fleureter« , selon le jeu de mots de Félix Fénéon, parce qu’il flirte avec les mots et les idées et que ce badinage littéraire peut déborder l’art et la poésie… Un article « Fleuret’ de temps en temps, discrètement annoncé en Une… Aujourd’hui, une petite madeleine…


« Point de livraison gaz client» : on imagine un camion qui arrive, déroule et branche son tuyau.. Ben non évidemment ! Ce panneau veut juste dire qu’à partir de là, le réseau devient privé .
Il fait chic je trouve. Surtout quand on s’appelle Jean Lignel (l’avionneur célèbre, né en 1908, sans avis officiel de décès, fondateur de la Société française de constructions aéronautiques, SFCA) et sa maison joliment « en bout de piste ».
Parce qu’elle est au bord de l’aéroport de Toussus-le-Noble? Ou bien parce que Lignel y prit sa retraite? Nul ne sait…
Jean-Charles, son petit fils, était propriétaire du Progrès à l’époque où j’étais rédacteur en chef du Dauphiné (1992, une année de folie avec les Jeux Olympiques d’hiver à Albertville). Je ne l’ai rencontré qu’une ou deux fois, pas suffisamment pour qu’il fasse partie de ma galerie de patrons de presse . Mais il aurait pu : il n’avait pas vraiment la réputation, lui non plus, d’aimer les journalistes ni d’avoir compris grand chose à leur métier ni même à la presse en général …
« Point de.. » on pourrait prendre l’expression au pied de la lettre: il n’y a pas de livraison de gaz au client !… Cette confusion me rappelle celle répétée que j’ai connue gamin, allant à pied à mon école primaire parisienne : tous les matins, je passais devant l’enseigne d’un magasin fermé et je levais les yeux vers elle car elle grinçait au vent comme des dents de sorcière et disait sèchement « Pas de porte à vendre« . À chaque fois intrigué, mais déjà curieux malgré mon jeune âge, je me disais: « Il faut que je demande à mes parents pourquoi ils disent qu’ils n’ont pas de porte à vendre. » Mais le soir, trainant dans les rues avec les copains et jouant au petit soldat (assis par terre, contre un mur, les jambes écartées sur un soldat de plomb et les autres à un mètre tentant de le faire tomber avec des trombones) , je passais par d’autres rues et j’oublIais. Jusqu’au lendemain matin… Cette enseigne m’a hanté de longues années jusqu’à ce qu’enfin je comprenne. Enfin, comprendre, c’est un bien grand mot parce que cette expression, tout de même…
