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credo non credo
je ne crois pas aux rimes éternelles
à la vérité blanchie par les ans
aux serments ritournelles
aux adorateurs tremblantsje crois que rien n’est fini
ni certain
tout en devenir
même l’amour<br
je crois à la divine fragilité des mots
à la chaleur persistante du corps
à la jeunesse ardente
aux heures indécises
quand le jour assombri
ne sait pas encore
qu’il est devenu nuitje ne crois pas aux danses infidèles
à la sagesse miracle
derrière un paravent de lâcheté
aux souvenirs sépia
des émotions voléesje crois à l’intégrité de l’âme
reçue comme un don
mûrie par l’effort persistant
peuplée d’instincts
et de sensationsje ne crois pas au destin imposé
par la volonté imparable
d’une raison impératrice
tout est construit
par l’imaginationje crois à la force invincible
du cœur meurtri
à la parole de l’ami
perfusion de vie
au soutien des vents invisibles
qui te maintiennent deboutje crois à un avenir
construit sans promesses
je crois en toi
malgré mes faiblessesTexte: Luc Fayard
voir une mise en scène dans Poésie de l’art
et une autre dans @lucfayard.poete -
pays rêvé
je voudrais
un ciel en labyrinthe
de petits boudins bleus
une rivière en ruban
d’un bleu presque vert
un pommier malingre
en pieuvre aux longs bras
une pomme parfaite
en disque auréolé
une ombre liquide
en trace d’encre
une herbe de poils jaunes
en tapis de mousse dense
une haie de plantes serrées
en long muret tenace
et le tout serait
mon pays idéal
rempli de traits
verts jaunes et bleusTexte : Luc Fayard
inspiré de Apple Tree, de David Hockney
mis en scène dans Galerie Amavero -
ombres de plage
large bande de frontière
entre terre et eau
matière changeante
élastique et malléableterritoire des errances
agité par le vent
troublé par la brume
filtrant les silhouetteslieu d’existence plurielles
à l’écume frisée
et de soubresauts
du sable créateurqu’importe la pluie
il y a toujoursune épuisette à serpenterdans les mares glauqueset des corps occupés
dès le petit matinà soulever les galetscachant les trésorsinfatigable plageaux recoins secretsaux lignes floues
comme la vieTexte : Luc Fayard
inspiré par Scène de plage, de Marie Delourme
