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Hommage à Magritte
Dany a des livres plein la tête.
Des livres savants,
Des livres d’enquêtes,
Des livres à l’eau de pluie,
A l’eau de rose,
Certains qu’on utilise comme parapluie
D’autres qu’on pose…
Et qui calent une porte, ou un creux.
Des livres que l’on dévore,
Dont on tombe amoureux.
Certains dont on se lasse avant la fin,
Certains qui nous agrippent par les mains,
Avec lesquels on danse jusqu’au petit matin.Des livres,
Aussi discrets qu’un sémaphore,
Aussi secrets qu’une métaphore,
Aussi dévorants qu’un rébu
s De Magritte au début,
Puis mystérieux sur la fin,
Avec un goût de jamais lu.
Des histoires d’art et d’épées,
De capes et d’été,
De soleil qui vous toisent,
Et puis de mer d’Iroise.
Des livres en somme !
Qui emplissent la tête,
Que dis-je ? Le cœur des hommes.Texte: Léa Cerveau
inspiré de Hommage à Magritte, de Dany -
trait noir
trait noir d’horizon
surmonté d’un demi-cercle
qui deviendra cercle
se hissant lentement
fatalement
le plus haut possible
dans le ciel
tous les jours
jusqu’à la fin du mondecoincés entre la voûte bleue
et le vaste foncé
glissant parfois vers le vert
bloquées entre ces deux univers
de fines couches orangées
font les tampons ouatés
entre deux mondestous les matins sans musique
à l’heure à peine glissante
se déroule la même lente
et splendide cinématiquerien ni personne d’autre
pour la goûter
pas même un cri d’oiseau
silence de pleine mer
sauf ce léger bruissement
de brise tiède
aux multiples futurset si en plus ce jour-là
la mer est plate
l’homme vivra
il le sait
la seule expérience possible
du paisible infiniconscient de son humble position
invité du dernier rang
quand la nature oxygène
l’âme du marin
il respire sans fards la splendeur
du plus beau spectacle du mondechaque jour
minimaliste
le même scénario
et pourtant chaque jour
une émotion différente
étreinte de vérité
crainte de faiblesse
offrande de beauté
mystère de demain
bout d’éternité
dans un bout d’âme
fenêtre ouverte
sur l’absoludebout sur le pont
tête haute
main serrant la filière
dire merciparfois à l’aube
les couleurs grimacent
vers le plus noir
le vent a choisi de forcer
la mer aussi se fonce et bouge
secouée par en-dessous
du bruit plein les oreilles
ça siffle et ça tape
beaucoup de travail
les mains prises
pas le temps de rêvermais le marin le sait
là-bas derrière la brume
et la barrière de pluie
même dans le gris
et la lourde fureur
le disque se lève encore
et encoreimmuable beauté
de la nature
sans spectateurTexte: Luc Fayard -
atomes d'astres
regarder vers le ciel
une nuit de beau temps
et dans la lumière
scintillante des astres
ne voir que la vérité
figurant objets
personnages
allégories
rien d’autre
pas de religion
ni de morale
du bien et du mal
rien que le passé lointain
brillant encore
qui te dit non
tu ne viens pas
de nulle part
dans ton corps vivent
des atomes d’astres
des bouts d’étoiles mortes
ne les laisse pas mourir
une deuxième fois
comme nous là-haut
bêtement vieillies
par le temps
ainsi quand tu partiras
un souffle d’éternité
pourra s’échapper de toi
et montant vers nous
il nous rajeunira
Texte de Luc Fayard inspiré de : Astre, de Clara Daguin (Église Saint-Eustache de Paris, janvier 2024)<<
Voir mise en scène illustrée dans Galerie Amavero.
