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Un brin
Un brin de soleil
Dans les cheveux du matin
C’est ton âme qui murmure
Quand tu vogues dans les rêves
De la grande vague du mondeTexte d’Emmanuelle de Dardel https://plumebis.ch/blog-de-poesie, inspirée par la photo Jeune fille au bain d’Aline Kurth
Voir la mise en scène dans Galerie Amavero -
oublier le temps
tu sens le temps vibrer en toi
comme un moteur chaud
à soubresauts incontrôlables
mi horloge mi comptable
et toujours à contre-tempsc’est comme si
au lieu de frémir
l’eau courait tel un zèbre
qui se tortille et se cabre
au lieu d’aimer
le cœur emballé froissait
les souvenirs pêle-mêle
dans un grand tintamarre
au lieu de s’élever dans le ciel
le nuage aplatissait sur l’horizon
ses formes alanguiesc’est comme si
au lieu de pousser la vie
le vent jouait avec les feuilles
pour les énerver
et ça monte et ça descend
et ça part en vrille
comme le fait ton âme
avec tes sentiments
coincés dans la grille
de tes préjugésle temps maître de l’univers
implose sans bruit
noircit comme un orage fou
fuit avec la pluie
se lisse paresseusementcomme un enduit moutu es pris au piège
de l’avant-après
rien n’existe sans lui
même pas la poésie
ni la mémoiretu voudrais l’arrêter
profiter de l’instant magique
il te glisse entre les doigts
tu voudrais avancer
franchir une étape
il te bloque sans préambule
à un carrefour cornélien
où tu resteras interdit
prisonnier de ton petit corps
dans l’interminable indécis
qui va de la vie à la mortn’écoute pas les faux maîtres du temps
vendeurs de ventgourous moins naïfs que toi
la solution existe
secrète et fluide
fais silence
entre au fond de toi
ne pense plus à rien
respireet quand tout sera
calme limpidedehors et dedans
tu auras oublié le tempsTexte de Luc Fayard illustré par Silence of the Ravine, d’Ethel Walker; voir Galerie Amavero; voir aussi sur instagram.com/lucfayard.poete
NDLR: Une femme nue pour illustrer la contrainte du temps et la nécessité de s’en libérer, pourquoi pas? Il y a dans ce tableau un calme intemporel, une attitude de contemplation, de libération, de pause dans le temps, de beauté pure et intemporelle…. qui vont bien je trouve avec le texte… -
qui parle
quel est ce chemin
sinuant de l’esprit à la phrase
cette invisible alchimie
transmuant une impression confuse
en envie de dire
puis en suite grammairienne
de mots aléatoires
objets complexes par définition
puisque signifiants et signifiésqui parle pour moi
le cœur l’âme les sentiments
la mémoire l’enfance
voire les préjugés les racismes ordinaires
les blocages l’inconscient le rapport à la mère
ou tout simplement l’amour la haine
en tout cas ce n’est pas la raison
c’est rassurantpourquoi tel mot me vient en tête
plutôt que tel autre
est-ce que sonnant mieuxje le crois plus vrai
conforme à ma vision
ce que j’écris dépend-il
de mon humeur du moment
ou bien d’une inclination profonde
qui serait la marque de mon êtreen quoi mon vocabulairede crabe aveugle
peut-il m’aider à peindre
l’essence des choses
comment ma révélation maladroite
de l’univers étroit de intime
pourrait-elle prétendre à l’universel
et surtout quel est cet enchantement
qui donnerait à ma construction
hasardeuse et personnelle
la volonté imparable
d’un parangon de beautéquand je commence une phrase
sais-je vraiment comment la finir
et quand je débute un texte
en connais-je déjà la chute
se pourrait-il donc
que cette maturation ontologique
ne fût que simple hasard
rencontre improbableentre l’homme et son contexteà conclusion déterminée
par la chimie des neurones
et de l’estomacdans ce monde en berne
une chose est sûre
le reste balivernes
quand j’ai cueilli fruit mûr
de ce monde en berne
ce texte lourd et gras
je n’avais pas décidé
qu’il se terminerait
par le mot estomacTexte de Luc Fayard, illustré par le tableau Constructive composition , de Joaquim Torres Garcia – 1943
Voir la mise en scène dans Galerie Amavero (lien dans profil instagram) https://amavero.fr/poemes-art//2024/06/qui-parle.html et dans https://instagram.com/lucfayard.poete
