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sortilège
quelques instants seulement
le temps se souviendra de nous
le vent de notre odeur
le soleil de notre peau
et l’océan de nos crispuis ils se lasseront
des miasmes embrumés
de nos vies opaques
insensiblement
nos traces fatiguées
s’évanouiront
dans l’obscuritéqui saura dire alors
dans ce nouveau désert
ce qui nous a fait rire
ou pleurer
qui saura raconter
les trébuchements
les vagues les passions
qui saura trouver
la joie dans l’ombre
des chemins escarpésavec le vent
balayant le souvenir
comme du sable
avec le soleil
brûlant le paysage
jusqu’à la cendre
le monde sera propre et nu
même les taches
disparaîtrontet quand tout se taira
que la ligne de nos vies
s’envolera filandre
un dernier sortilège
effacera nos pas
pour que jamais
l’on ne sache
qui nous avons aimé
Texte de Luc Fayard, inspiré par Old School, de Deb Garlick.Voir Galerie Amavero -
la voix de l'invisible
je suis le courant abyssal
portant la mer sur ses épaules
je suis la rosée du matin
avant sa première perle
je suis la racine de l’arbre
qui le pousse vers le ciel
je suis le murmure des feuilles
pénétrant la peau
comme une perfusion de douceurmon pollen donne la vie à tout être
qui veut la goûter
mes parfums enivrent les âmes
unies dans le même souffle
ma tristesse façonne l’esprit
pour le fortifier
mes désirs vibrent à l’unisson
comme les cordes d’une harpe
mes ondes créent l’arc-en-ciel de lumière
sur la voûte du cheminje suis le vent de toutes les colères
et de l’amour aussi
je suis l’aiguille de l’horloge des cœurs
et quand mes rêves construisent
la réalité du silence
je suis l’impossible pensée avant les motsje suis le destin la peur
la mort
je suis la beauté
née avant toute chose
avant même
la gravité de l’universVoir mise en scène dans Galerie Amavero. -
voie étroite
pourquoi écouter
cette voix absurde qui clame
du fond des siècles
fais comme les autres
ne regarde pas en arrière
avance c’est toutpourquoi au contraire
ne pas s’arrêter de courir
et laisser la foule te dépasser
c’est elle qui risque de coulerpouvoir enfin construire
pas à pas ton chemin
à ton rythme
le façonner à ton image
chaque pas te rend plus fort
et plus serein
chaque mètre parcouru
est une victoire
sur l’écho fatal
des voix anciennes
carcans de sorcièrescrée ta voie
elle sera belle et pure
toile unique
tissée de tes passions
de tes contraires épaulésd’abord étonnés
les autres te regarderont
puis ils viendront
marcher avec toi
sur cette voie étroite
de la libertéTexte de Luc Fayard
Voir Galerie Amavero
