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renaissance
albâtre l’âme fuit
barbare l’esprit luit
ce qui se cache est beau
ce qui s’expose est laid
la parole est de trop
place au silence
ni jour ni nuit tu viens
d’un drôle d’amalgame
envies inavouées
gestes inassumés
la chimie sans la flamme
le cœur éteint
la vie n’est que hasard
cheminement brumeux
carillon de chaos
molécules fragiles
paraboles frappées
par le grand gong
toute rencontre est vaine
l’un n’est jamais l’autre
les destins parallèles
n’ont qu’un point commun
tout au bout du chemin
il n’y a rien
mais avant le passage
humain inachevé
j’aurai vu la clarté
des couleurs et des mots
dessinant le plus beau
des paysages
où mes pensées suivront
ls flux de confluence
reliant au fond de moi
les courbes et les ronds
de mon ultime émoi
la renaissanceTexte de Luc Fayard; voir la version illustrée par des artistes contemporains
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questions
là-bas
les cloches sonnent le glas
d’un air las
les entendrais-je
à mon enterrement
quel chemin sinueux
suivra ce paysage
dans mon cœur vibrant
au gong du trépas
ira-t-il suinter
jusqu’à l’âmecomment l’amour
inconsistant par essence
peut-il durer
si longtemps
à ne plus savoir
qui il est
ni pourquoi
il t’incite encore
à baiser fiévreusement
ces lèvres amies
peut-on mourir
béat de passion
après avoir vécu
benêt de dévotionl’infini des questions irrépétibles
crée une montagne raide
grimpant au ciel
j’y marche perdu
dans la brume des possibles
la vie est un jet de dés
un coup tu souris
un coup tu meurs
tu n’y peux rien
c’est écrit
mais où
par quirevenu de tout
peut-on s’évanouir
sans souffrir
quand après la fournaise
on espère un vent frais
signe de renaissance
et que vient à sa place
le vent lourd
de l’irrévocable délivrancepour qu’enfin je comprenne
l’incomplétude des destins humains
il me faudra atteindre
le haut de la montagne
là je verrai
tous les chemins
converger vers elle
après mille détours
tous les cris tous les chants
s’unir dans la même plainte
qui deviendra silence
tout finit ici
où il n’y a plus de détours
plus de cris plus de chants
et surtout
plus jamais de questionsTexte de Luc Fayard
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souvenir
tu te souviens d’elle
mais ce n’est pas elle
ni son fantôme
juste l’image fardée
de tes préjugésle souvenir en émoi
te fait rentrer en toi
comme l'ours dans sa caverne
qui se terre et hiberneil est poison mensonge
tueur de couleurs passées
voileur de songe
sur paysage dispersé
courbe impossible
filtre d’humeur
créant l'incrédible
d'un monde d'ailleursle seul espoir
est devant toiallume un feu
de lumières bleues
va cherche des chemins à embrasser
sans mirage sans impasse
sans trace à effacer
qui te clouerait sur placeta vie est ce chemin qui avance
où tu ris où tu dansesTexte de Luc Fayard
