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quartz blanc
je parle encore
personne n’entend
parole sans liesse
comme le vent
murmure indistinct
magma lointain
sur la foule qui se presse
et m’ignorequand les remous
le secouent corps et âme
personne pour partager
la fièvre du marin qui rame
dans une barque ébranlée
par les vagues houleuses
de la solitudefaudra-t-il que je hurle
ma douleur d’être
pour que ma voix parvienne
sans filtre
au cœur sensible et doux
le pénètre
et que l’élu se penche vers moi
ému de mon émoisi jamais j’entendais
une voix comme la mienne
quel baume elle poserait
sur les plaies du silenceil y aurait tant à dire
pour toucher de près
les êtres qui doutent
les chercheurs de pureté
si l’on m’écoutait
je parlerais sans fin
de la beauté des choses
dans la lumière du soir
et de l’ombre qui les agrandit
je raconterais les méfaits
du serpent du souvenir
et le bienfait d’un sourire inattendu
je dirais tous les espoirs
reliés les uns aux autres
comme une ligne d’horizon
entre vert et bleuet avant de me taire
je dirais l’amour nu
cristallin de quartz blanc
recelé par le sable
qui sera découvert
le jour du grand refluxTexte de Luc Fayard
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La Genèse : extrait (traduction de Marc-Alain Ouaknin)
(Voir les tableaux proposés par Amavero pour illustrer ce texte)
(suite…) -
tu es
tu es la tortue
qui porte sur le dos
une caverne noire
d’angoisses et de préjugésle panneau rond
au carrefour des chemins
qui dit stop
au lieu de dire gol’herbe molle
courbée par la bise
sans la moindre idée
qu’elle va mourirla limace collée
à la poussière
par la glue de l’inaction
qui voudrait s’envolerla statue de bronze
immortelle
et admirée
qui voudrait se gratter le nezle poisson bleu
nageur béat
au milieu des requins
sans connaître le cielle vent invisible
et prégnant
qui se perçoit
quand il fait maltu es l’imparfait
de l’impuissance
l’inanité
du désir inassouvitu es l’humanité
Texte de Luc Fayard
