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allié (neige de plaine)
la neige n’est pas l’eden
elle est un autre paysage
elle n’habille pas elle transforme
le laid l’inutile l’inconnaissableobjets éléments souvenirs
tout se fond dans sa beauté
l’arbre devient totem la forêt montagne
la blême prairie un lac infini
qui vous invite à la mélancoliene cherchez pas de contours connus
vous avez changé de lieu de siècle
le temps est à l’envers la modernité enfouie
il ne reste que l’homme
face à la nouvelle nature
froide et chaude une et multiple
où tout est relié sans ruptureseule chaîne avec l’horizon de l’au-delà
esquisse d’éternité dans un grain de flocon
que le blanc a dessiné d’une seule envoléela neige est un allié
pensez à sa force qui vit en secret
et quand vous serez seul ici-bas
cherchez-y l’harmonie du temps qui va
prenez la dans vos mains et soufflez -
yeux d'ange
elle a des yeux d’ange et la peau d’un bébé
le sourire d’une star un port de reine
la voix rauque enjôleuse et la mine enjouée
et quand elle se penche sur vous
d’un coup d’épaule affectueux
elle vous enveloppe de tous ses parfums
déesse elle vous enivre
elle griffe la vie de ses doigts de pianiste
elle vieillit sans être jamais vieille
on est habitué à ses rides de marbre et de bois
comme s’ils avaient toujours été là
à sa longue main fripée toujours aussi douce
on dirait une lionne assoupie
qui profite d’un répit
pour rassembler ses petits
rien ne sert de lui mentir
elle ne voit que les sourires du cœur
elle devine les ombres entend le silence
elle est sarah cléopâtre pythie
mère de toutes les mères
fragile et forte
elle est le geste et la vie
elle est la tendresse
éternelle -
forêt
il y avait la forêt
les arbres les bosquets
Puis au petit matin
Cette brume pâle et sage
Comme un nouveau paysageIl y avait des lignes précises
Des couleurs de toutes les gammes
Et maintenant ce gris camaïeu
Ces teintes si proches et si distantesIl y avait les chants et les bruissements
Les feuilles qui se balançaient
L’herbe vibrant de mille vents
Et maintenant tout est figé
Dans ce froid surnaturel imposantLa vie est ainsi
Et le cœur aussiMais je sais que viendront les trouées de lumière
Et les frémissements sans manière
Peu à peu tout changera
Le nuage s’évanouira
Cachant ses rides et dévoilant son âme
Il n’y aura plus de joie éteinte ni de drames
Tout sera dit à nouveau
Murmuré au fil de l’eauSi les cris ont fusé
Ils seront inutiles et glacés
Si les larmes ont coulé
Elles seront bousculéesLe sourire donnera la paix la douceur
Et l’on ne saura plus le temps que l’on préfère
La nostalgie tapie à l’aube de son cœur
Ou le soleil rouge régnant sur l’univers
