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tourbillon
elle tourbillonne sans connaître sa force
moi je n’ai que des mots
elle est le tronc moi l’écorce
incroyable elle entre sans permis dans mon cœur
tandis que je gratte le sien coucou bonheur
elle est la vie qui bouge et bondit
avec elle tout est beauté
elle est la compassion née
chez elle est tout est vrai
elle souffre avec ceux qui crient
elle sait pleurer comme un gouffre
et moi je me terre de peur de sombrer
inassouvi le cœur buté
et pourtant pourtant
si j’avais le temps
je lui dirais les mots ne sont pas que des mots
ils sont aussi un bout d’âme brute
un morceau d’éternité
oui j’oserais dire l’infini face à la vie
je lui dirais
l’amour est une forteresse contre la mort
que je bâtis autour de toi mauvais maçon
ivre de mots remparts leviers pinceaux
mon tourbillon ma vérité
calligraphie de mes sentiments agités
ma respiration petit grain de blé
un poisson bouche ouverte vers l’immensité
ma réponse une pause un bras
un paysage qu’elle seule reconnaîtra
elle saura que j’en suis l’auteur
riant de toutes mes erreurs
des feuilles de hêtre sur un tronc de platane
elle me dira tu peins comme un âne
et elle m’embrassera attendrie
rêvant devant ce soleil éternel
que moi seul aura su créer pour elle
la tête sur mon épaule
alanguie -
guirlandes éclatées mes rêves d'elle
en guirlandes éclatées
en soleils nettoyés
en pas de danse sur des cristaux argentés
fragile autoroute de quatre heures du matin
quand les brouillards dessinent l’horizon
sont mes rêves mes rêves
en nostalgie confuse
en air de blues et d’alcools
sur des nuits trop longues
en larmes fraîches quand vient la rosée
en reflets mouillés de belles vitrines
gardant les avenues désertes
sont mes rêves d’elle
en tristesse repeinte et reniée
en éventail japonais
en chemins sillonnés
en air d’orifice aux étoiles
en cocasseries jalouses
en impuissances vermeilles
sur des vagues cassées
sont mes rêves mes rêves
en colliers picturaux
d’audace aux sommets prestigieux
en guitare désaccordée
en chiens nus pitoyables
comme les rames du dernier métro
en rimes balbutiantes
sont mes rêves d’elle
en véronique d’Espagne
dentelle rougissante
en noir comme le noir de ses yeux
où je me noie
en aiguilles du temps désaxées
brodant d’interminables ouvrages
sont mes rêves mes rêves
en noir comme ses cheveux
noir mêlé du rose que je crée
en hallucinations souveraines
en boucliers de caprices
brise libre par-dessus les toits
voguants vers l’infini à petits pas
sont mes rêves de toi -
agrippe-toi
agrippe-toi à moi je suis montagne
respire-moi je suis ton souffle
regarde-moi je suis ta lumière
plonge en moi je suis l’océan
suis-moi je suis ton chemin
habite-moi je suis ton île
vis-moi je suis ton âme
aime-moi je suis là
je suis l’amour
