• infinis sept

    7 secret magique cabalistique
    saints de bretagne premiers immigrés
    esther et ses belles prophétesses
    péchés capitaux tellement attirants
    thèbes et ses trop nombreuses portes
    menorah chandelier bizarre avec tant de branches
    elohim fatigué ajoutant un jour de repos
    rayons du dieu soleil quand il t’éblouit
    versets dans la sourate al-fatiha pas un de plus
    époque archaïque des sages grecs chacun sa maxime
    indicatif téléphonique international de la russie
    nombre de chakras et de villes saintes hindoues
    couleurs de l’arc en ciel 
    étoile polaire et ses copines de la petite ourse
    seven up youp la boum joyeux anniversaire
    diacres ordonnés par les apôtres
    ut et les autres notes ça suffit                     
    années de malheur si tu casses un miroir
    oumra période où tu marches tu marches 
    naga le serpent dont tu dois te méfier
    dormants d’éphèse jeunes et vieux
    et pour finir bien sûr et pour toi 
    la rose et ses foutus pétales

  • inanité

    mon âme est le vent
    mon corps la terre boueuse
    ma vie une plante
    entre ciel et terre

    nu l’arbre est un arbre
    feuillu aussi mais alors
    que se passe-t-il
    entre deux saisons

    la feuille tombe sur le sol
    et s’y installe
    qu’y recouvre-t-elle
    qui vit sous elle

    formes sons odeurs
    je vais tout oublier
    et rester arbre
    repliant mes branches

    et quand je serai vide
    nu de toute frondaison
    je ricanerai
    d’inanité

  • comme un son de renaissance inédit

    quand la mer frustrée de ses va-et-vient
    aura stoppé d’inutiles marées 
    quand les sourires se seront lassés
    d’avoir créé ce monde vide et plein

    quand la fin de l’amour aura tendu
    son manteau ouaté sur les âmes nues
    quand la poussière suspendue en l’air
    aura révélé de nouveaux mystères

    quand la course du ciel sera courbée
    par le poids des remords et des regrets
    quand les nuages auront dit au monde
    voici l’ultime ronde vagabonde

    quand les collines là-bas et les monts 
    auront tourné leurs obliques rayons
    vers d’autres esprits objets et regards
    que ceux des hommes lisses et hagards

    je me tairai mes mots n’auront plus d’âge
    ni mon cœur ni mon âme de courage

    peut-être alors rompant le non-dit
    tintera le chant d’un nouvel héraut
    prolongeant son air d’écho en écho
    comme un son de renaissance inédit

    encouragé par lui on pourra

    relancer la course des nuages
    faire retomber poussière et vent
    redresser la tête des montagnes
    libérer le ciel en mouvement
    caresser la mer et son tangage

    et c’est ainsi que nait la nouvelle ère
    abrupte qui renverse les chimères