Autres Textes et Poèmes choisis

  • Rimbaud (Arthur) : Après le déluge

    Aussitôt après que l’idée du Déluge se fut rassise,
          Un lièvre s’arrêta dans les sainfoins et les clochettes mouvantes, et dit sa prière à l’arc-en-ciel, à travers la toile de l’araignée.
          Oh! les pierres précieuses qui se cachaient, – les fleurs qui regardaient déjà.

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  • Verhaeren (Émile) : La Pluie

    Longue comme des fils sans fin, la longue pluie
    Interminablement, à travers le jour gris,
    Ligne les carreaux verts avec ses longs fils gris,
    Infiniment, la pluie,
    La longue pluie,
    La pluie.

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  • Baudelaire (Charles) : Spleen

    Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
    Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
    Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
    II nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

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  • Jabès (Edmond) : Chanson pour mon lecteur

    Tu ne trouveras pas, lecteur, dans cet album de chansons, ma préférée. Elle se cache ailleurs, dans le vent dorant tes cils. Ce regard qu’elle aère… Il faut bien qu’une fois endormi, tu entendes ma chanson…
    Je ne suis pas le chantre de la nuit. Je suis où tu ris, ton rire; là où tu pleures, la guêpe émerveillée de tes larmes. Tout le suc du monde sur tes lèvres. Il faut bien qu’une fois réveillé, tu chantes ma chanson…
    Edmond Jabès, Le Seuil Le Sable, Poésies complètes, 1943-1988, NRF Poésie Gallimard

  • Sabino (Fernando) : De tout, il resta trois choses

    De tout, il resta trois choses:
    la certitude que tout était en train
    de commencer,
    la certitude qu’il fallait continuer,
    la certitude que cela serait interrompu
    avant que d’être terminé.
    Faire de l’interruption un nouveau chemin,
    faire de la chute un pas de danse,
    faire de la peur un escalier,
    du rêve, un pont,
    de la recherche…
    une rencontre.
    Fernando Sabino, poète brésilien extrait de « O encontro marcado » (Le rendez-vous convenu); parfois attribué par erreur à Fernando Pessoa. Cité sur FB par Emmanuel E.