Beaux yeux, mes beaux yeux, en prison sous mes cheveux. Le vent entr'ouvre et ferme et secoue la prison. Il fait jour, il fait nuit. Je cours à travers champs.
Mes seins, mes seins blancs, en prison sous mes mains. Le vent passe entre les grilles, le vent glisse entre les doigts. Il fait chaud, il fait froid. Je cours à travers bois.
Mais ton cœur, et ton cœur, en prison dans mon cœur. Le vent chante et rit et pleure dans la prison. -Entends des portes s'ouvrir et se fermer dans le vent. - Cours à travers champs, cours à travers bois, cours délivrer ton cœur, cours après moi!
Ballades françaises, 1904
source du texte : Club des Poètes, sur fb
Paul Fort est un poète et dramaturge français[1], né le 1er février 1872 à Reims (Marne) et mort le 20 avril 1960 à Montlhéry (Essonne) Il est l’auteur d’une œuvre poétique abondante, réunie dans les Ballades françaises, mêlée de symbolisme, de simplicité et de lyrisme, utilisant le plus souvent le verset (wikipedia). Surnommé « Le Prince des poètes »


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