Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 439 artistes • 759 auteurs
publiés dans Amavero

  • grange

    Isabelle De Galzain – Halle à bois dans la Nièvre

    lieu de lumière et d’ombre
    où se mêlent sans ordre
    les souvenirs sépia
    et les rêves d’avenir
    la paille de l’enfance
    et les étreintes furtives
    les vieux outils rouillés
    et les échelles branlantes
    les nids abandonnés
    et le toit qui fuit
    on a tous au cœur
    une vieille grange craquante

    Texte de Luc Fayard inspiré par Halle à bois dans la Nièvre, d’Isabelle de Galzain


  • triplette

    Anne-Sophie de Galard – En goguette

    les trois fillettes jubilent
    le parc est à nous
    mais on ne court pas
    tenons-nous la main
    jusqu’à l’arrivée
    c’est promis
    quand on sera là-bas
    personne pour nous voir
    on pourra courir
    comme des folles
    mais là non
    c’est décidé
    on ne court pas

    Texte de Luc Fayard inspiré par En goguette, par Anne-Sophie de Galard


  • lettre

    Eval Le Goff – La Lettre

    le soleil couchant
    lui chauffait l’épaule
    visage à moitié caché
    par son chapeau
    elle lisait la lettre
    lentement
    mot à mot
    pour en déchiffrer
    le sens secret
    longtemps
    elle resta ainsi
    tête penchée
    puis ses mains tombèrent
    lâchant la missive à terre
    je crois bien
    qu’elle pleurait

    Texte de Luc Fayard inspiré par La Lettre, par Eva Le Goff


  • ligne bleue

    Véronique Lévy-Scheimann – L’Inconnu

    la nature manquait encore
    de formes adultes
    sa peau s’étirait
    transparente
    en multiples couches
    de limbes teintés
    fallait-il suivre
    la grande ligne bleue
    ou chercher
    à travers les vallons
    moussus et touffus
    son propre chemin

    Texte de Luc Fayard inspiré par L’Inconnu, par Véronique Levy-Scheimann


  • puzzle

    Florence Tedeschi – Saint-Paul

    la vie façon puzzle
    tout s’emboîte
    couleurs et formes
    en harmonie
    le village est un rêve
    où tout irait bien
    dans la rue chaude
    et silencieuse
    derrière les volets
    et les portes fermées
    on imagine des vies
    secrètes et poétiques

    Texte de Luc Fayard inspiré par Saint-Paul, de Florence Tedeschi


Dernières publications d’art et de poésie

  • Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

    We have not long to love.
    Light does not stay.
    The tender things are those we fold away.
    Coarse fabrics are the ones for common wear.
    In silence I have watched you comb your hair.
    Intimate the silence, dim and warm.
    I could but did not, reach to touch your arm.
    I could, but do not, break that which is still.
    (Almost the faintest whisper would be shrill.)
    So moments pass as though they wished to stay.
    We have not long to love.
    A night. A day….

    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    La lumière ne restera pas.
    Les choses tendres sont celles que nous rangeons.
    Les tissus grossiers sont ceux du quotidien.
    En silence, je t’ai observée peignant tes cheveux.
    Un silence intime, tamisé et chaleureux.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, tendre la main pour toucher ton bras.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, rompre l’immobile.
    (Le moindre murmure serait strident.)
    Ainsi passent les heures comme si elles voulaient rester
    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    Une nuit. Un jour…

    Tennessee Williams (1911–1983). In the Winter of Cities (Dans l’hiver des villes). 1956 (New Directions Publishing).

    Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

  • Galerie du baroque

    Galerie du baroque

  • Galerie de la Genèse

    Galerie de la Genèse

  • John McKinstry – Coastal Cottages (2024)

    John McKinstry – Coastal Cottages (2024)

  • Mimmo Paladino – Sans titre (2011)

    Mimmo Paladino – Sans titre (2011)

  • Léon Spilliaert – La couture (1917)

    Léon Spilliaert – La couture (1917)

  • Roger Bissière : Composition verte (1961)

    Roger Bissière : Composition verte (1961)

  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025