Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 439 artistes • 759 auteurs
publiés dans Amavero

  • métamorphose

    Virginie Ressy – La Mue

    la cigogne étonnée
    regarde la guêpe
    en mauvais état
    sur le plancher
    elle préfère les criquets
    aura-t-elle le temps
    de la manger
    avant sa métamorphose
    en vieille dame
    à talons hauts
    les vieilles dames 
    ne mangent pas les guêpes

    Texte de Luc Fayard inspiré par La Mue, de Virginie Huillard Ressy


  • nouvelles correspondances

    il y  a de la musique dans un tableau
    mais elle joue une drôle de partition
    polyphonique
    à la fois solo dans chaque recoin
    qui nous attire irrésistible
    et symphonie qui éclate
    dès qu’on embrasse l’œuvre 
    d’un regard de spectateur lointain
    puis les solos reprennent ici et là
    en suivant l’âme des yeux
    qui déroule un parcours non écrit

    il y a de la peinture dans la musique
    chaque note possède sa propre couleur

    do tout en majesté 
    en tenue de majordome
    noir pour s’imposer

    si tout au bout du chemin
    note si joyeuse
    blanc de robe de mariée

    la grave et dominant
    tous comptent sur lui
    vieux monsieur digne et las
    fronçant les sourcils
    marron foncé évidemment

    le ré résonne 
    comme un renouveau

    une renaissance
    bleu indigo

    mi c’est une note du milieu 
    mélange mixité

    prête à tous les arrangements
    violet composite

    le fa sonne et claque 
    comme le printemps 
    comme un drapeau
    vert d’eau

    enfin le sol terre à terre
    pilier de tant de création
    clé qui ouvre toutes les portes
    rouge comme le sang des artistes


  • enfer

    le corps est prégnant
    jamais l’âme ne pourra s’envoler
    l’homme est lourd de chair
    et quand il veut rêver
    il se voudrait léger dans l’air
    mais il a mal aux dents

    il se plaint œil vide dos voûté
    j’ai perdu dit-il la grâce de l’enfance
    oublié la puissance du silence
    l’homme ne s’écoute même plus
    il ne fait que bouger se gratter
    comme si sa pensée pouvait se lessiver
    d’un coup d’ongle négligent

    créature du paradoxe et du soupir
    filandre perdue dans l’infini successif
    il se tait les mots ne servent à rien

    nous voici blêmes et bleus
    sans bouée de sauvetage
    dans l’océan du non dit du non partage

    l’enfer c’est cela
    se contenter d’une telle vanité
    sans pouvoir rire ni pleurer
    sans même avoir peur

    Image créée par Starry AI pour illustrer le poème « enfer »

    Texte de Luc Fayard illustré par une image créée sur ce texte par l’IA Starry AI


  • Michaux (Henri) : Lectures sur Zao Wou-Ki (Préambule)

    Les livres sont ennuyeux à lire. Pas de libre circulation. On est invité à suivre. Le chemin est tracé, unique.
    Tout différent le tableau: immédiat, entier. Puis on va à gauche, à droite, comme on veut, où l’on a envie, selon ses trajets, et les pauses ne sont pas indiquées.

    (suite…)

  • cercle

    j’aimerais découvrir un lieu
    où écouter le temps qui passe
    telle une musique à trois notes
    assis sur le pas de la porte
    dans la lumière douce et basse
    un rayon ocre savoureux
    protègerait le cœur les yeux
    du vent irréel gracieux

    quelques arbres se tiendraient loin
    et sous un ciel indéfini
    le bruit d’homme serait éteint
    alors à cet instant précis
    où le cercle se fermerait
    peut-être avec un peu de chance
    de la colline verte et dense
    entendrais-je l’âme pleurer

    image dall-e


    Texte de Luc Fayard illustré par une image Dall.e créée pour ce texte

    autres duos poème-œuvre


Dernières publications d’art et de poésie

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025