Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 441 artistes • 760 auteurs
publiés dans Amavero

  • passion

    Pierre-Auguste Renoir – La Liseuse (1875)

    absorbée par sa lecture
    yeux baissés teint frais
    chignon rapidement fait
    joues rougies par l’émotion
    la lectrice est pressée
    d’empoigner son livre
    on aimerait savoir
    ce qu’il raconte
    histoire d’amour
    ou poésie
    Romances sans paroles
    vient de paraître
    peut-être lit-elle Verlaine
    poète impressionniste
    de l’extase langoureuse


    Texte de Luc Fayard, inspiré de : 
    Pierre-Auguste Renoir
    Limoges 1841 – Cagnes-sur-Mer 1919
    La Liseuse
    1874-1876

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
    COMMANDER LE LIVRE


  • le poète est un rat

    le poète est un rat
    terré dans ses mots
    obsédé de visions
    rongeur de sens troué

    son âme torturée
    s’effraie du moindre bruit
    qui deviendrait une musique
    plus belle que la sienne

    dans son terrier
    sale et sombre
    il pond jaloux
    ses mots fantômes

    mots égarés
    poule devenue folle
    couvant toute la nuit
    des œufs de serpent

    il n’écoute que le bruit
    de son cœur excité
    qui lui dresse un rempart
    fatal à la réalité

    la vie s’écoule
    en-dehors de lui
    jamais ses mots
    ne la rattraperont

    toujours grognant
    il râcle le papier
    comme un chien
    renifle la bouse

    jamais la rose
    n’y fleurira
    juste des ronces
    et des orties

    il aura beau
    les retailler jour et nuit
    elles le gratteront
    toute sa vie

    Image Dall.e pour illustrer le poème « le poète est un rat »

    Texte de Luc Fayard illustré par l’IA


  • terminus

    étrange destin
    pour l’homme
    approcher de la fin
    sans le vouloir
    pas après pas
    marche inéluctable
    au rythme du cœur
    horloge atomique
    au décompte inlassable
    chaque pulsation
    est un trait de plus
    gravé sur l’arbre de vie
    par l’assassin comptable
    des jours achevés
    c’est un train direct
    sans le moindre arrêt
    objectif terminus
    durée du trajet
    indéterminée
    pour tous
    les grands
    les minus
    les sereins
    les atrophiés
    galériens enchaînés
    obligés de ramer
    vers l’inconnu
    et sa seule certitude
    le jour de l’arrêt
    à la station néant
    il fera noir
    pour toujours

    Image créée par Dall.e pour illustrer le poème « terminus » de Luc Fayard

    Texte de Luc Fayard illustré par l’IA. Voir une autre mise en scène avec un tableau contemporain dans Galerie d’art contemporain


  • être et matière

    Pascale Catoire – Manechs (sculpture)

    l’être et la matière
    se ressemblent
    tellement
    qui est vivant
    qui bouge vraiment
    où est la réalité
    peut-être la trouvera-t-on
    d’abord et surtout
    dans notre esprit
    sensible à la création
    dans notre vision
    d’un monde capable
    d’accueillir en son sein
    une éternité statufiée
    plus vraie que la vie

    Texte de Luc Fayard inspiré par Manechs, de Pascale Catoire (sculptures)


  • petits riens de bonheur

    apparition
    cœur en surchauffe
    sa peau de louve
    ses yeux de brume
    long nez fier
    cheveux cachés
    envie de les lisser
    ah la belle oracle
    tête inclinée
    elle écoute
    réfléchit
    quand elle marche
    fragile

    son corps agile
    crée sa bulle
    le vent s’écarte
    sur la silhouette
    dansante
    statue vivante
    art en mouvement
    le temps perplexe
    contemple l’instant
    à peindre sur site
    quand tout se fige
    les lignes fuient
    l’ombre s’agrandit
    et puis voila
    elle est partie
    sur un soupir
    un sourire
    le monde s’enroue
    et dans la brèche
    créée par elle
    dans l’éternelle ronde
    il ne restera à peine
    qu’un souvenir de parfum
    la gracilité des mains
    l’image floue
    de sa moue
    rien que des petits riens
    de bonheur

    Image créée par Dall.e pour illustrer le poème « petits riens de bonheur »


    Texte de Luc Fayard illustré par l’IA; voir une autre illustration d’art moderne


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  • Maulpoix (Jean) : Adieu

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  • Azzhara : J’écris à jeun

    J’écris à jeûn
    Soif et faim dans tout le corps
    Un lot de remords dans le cœur
    Je bois mes larmes
    Je mange mes pleurs
    J’avale le silence, il glisse dans la gorge sèche
    Du miel silencieux
    Derrière moi, je ressens la présence rassurante et généreuse
    Comme l’odeur du pain chaud qui me couvre
    Je le cherche
    Le froid gris de son absence me gifle
    J’ai mal
    J’ai soif
    J’ai faim
    J’écris à jeun
    Mes pensées troublées
    Ma main tremblante
    Mes ongles rongés
    Mes pieds attachés
    Je veux sentir le manque
    J’écris à jeun

    Azzhara. Nuit intranquille. 2021

    Azzhara : J’écris à jeun

  • Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)

    C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre et vous pousse vers l’art en général. L’envie de fixer une vision, de maîtriser des manifestations extérieures (auxquelles il faut donner un nom et un sens). Sans elle, ce travail serait absurde, et, comme l’art pour l’art, il ne se justifierait pas.

    Penser que l’art copie la nature est un sinistre malentendu. Car l’art a toujours œuvré contre la nature et pour la raison.

    Chaque mot, chaque trait nous est insufflé par notre époque et par les circonstances. Les liens, les aspirations relèvent du passé et du présent. Il est donc impossible d’agir, de penser arbitrairement et indépendamment d’eux. D’une certaine manière, ceci est réconfortant puisque chaque individu est en quelque sorte entouré, lié par la contemporanéité. Il y aura toujours un possible même dans le pire des malheurs.

    Vouloir rendre visible l’invisible, la chose connue, inconnue ou plausible, et même l’impensable est une revendication, une prétention absurde. Certes, nous pouvons déduire l’invisible, donc présupposer son existence avec une quasi-certitude, mais nous ne sommes pas en mesure de représenter cet invisible par un symbole qui le remplace et qui soit lui aussi invisible.

    Il n’y a aucune raison d’accepter sans réserve ce que la tradition nous a transmis. Rien n’est bien ou mal en soi, sauf dans certaines circonstances et à condition que nous le voulions. Cet état de fait annihile les conventions, les garanties et les inconditionnels et nous oblige, chaque jour, à prendre nos responsabilités et à décider du bien et du mal.

    S’imaginer une chose, se la représenter, fait de nous des hommes L’art, c’est donner du sens, générer du sens au même titre que la quête de Dieu ou la religion. Même sachant que tout sens donné ou tout tableau peint est un simulacre, une illusion, nous ne pouvons y renoncer. Car la foi (penser, réfléchir le présent et l’avenir) est notre trait de caractère essentiel.

    Les moyens de l’art (la manière de représenter une chose, le style, la technique et la chose représentée en soi) sont les conditions néces­saires à l’art tout comme les qualités de l’artiste (mode de vie, capacités, entourage). L’art peut naître autant de l’harmonie que de la contradic­tion avec les conditions qui le génèrent. Il n’est en soi, ni visible ni définissable, seules les conditions qui l’ont généré sont visibles et repro­ductibles ; on a tendance à les confondre avec l’art en soi.

    Dès que l’activité artistique est devenue un « isme », elle cesse d’en être une. Car seul ce qui lutte quotidiennement pour prendre forme et exister, est vivant. (À titre de comparaison : le social est une forme et une méthode juste qui correspond aux conceptions actuelles ; mais si en revanche, il se prétend socialisme, ordre social ou dogme, il renonce à ce qui lui est propre et risque de courir à sa perte.)

    Je ne suis pas venu ici pour fuir le matérialisme. Il règne ici d’une manière plus radicale et plus perfide encore, mais j’ai dû fuir l’idéa­lisme criminel des socialistes.

    La peinture na rien à voir avec la pensée. Quand on peint, la pensée est peinture. La pensée est un langage, un registre qui doit fonctionner avant et après. Einstein ne pensait pas quand il faisait ses calculs, il calculait, chaque équation réagissait à la précédente, tout comme en peignant, une forme répond à une autre et ainsi de suite.

    L’art sert à la socialisation. Il nous relie aux autres et à ce qui nous entoure au sein d’une même conception et d’une même quête.

    Pour moi, l’enjeu n’est jamais l’art, mais uniquement la chose pour laquelle l’art peut être utile.

    Comme il n’existe ni certitude, ni vérité absolue, nous aspirons toujours à une vérité artificielle faisant autorité, donc humaine. Nous avons des jugements de valeur et fabriquons une vérité qui en exclut d’autres. Dans la production de vérité, l’art est la composante qui met en forme.

    Les sciences de la nature ont assurément influencé les arts. Pour l’Aztèque, le coucher du soleil était un événement inintelligible auquel il ne survivait que grâce aux représentations divines. Depuis, ces manifestations évidentes ont trouvé une explication. Mais, au vu de l’immensité de l’inconcevable, de ce qui ne peut être expliqué, l’inex­plicable semble tellement gigantesque, que nous sommes pris de vertige et que les images d’antan éclatent comme des bulles de savon. Songer à l’absolu ineffable (par exemple en regardant le firmament), savoir qu’il est impossible de donner un sens à cette immensité nous touche à tel point que nous ne pouvons survivre qu’en ignorant.

    Aussi curieux que ceci puisse paraître, « ne pas savoir où vont les choses », l’impression de se perdre et d’avoir perdu, est source de foi et d’un immense optimisme, elle n’engendre ni certitude ni sécurité collective. Il faut avoir perdu Dieu pour croire, et l’art pour peindre.

    Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)

  • Uguay (Marie) : Tu m’apprends l’âge, mon amour

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  • Trois espaces

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025