Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 556 artistes • 822 auteurs
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Citation Amavero du jour
Le corps humain est composé à 90% d’eau. Fondamentalement, on est juste un concombre avec de l’anxiété. (une fraise aussi, ou un… Lire
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  • écharpe rouge

    René Gruau – Rouge et noir (1989) – affiche

    j’aurais aimé croiser un soir
    cette femme et m’emmitoufler
    dans l’écharpe rouge niché
    comme un bébé dans son berceau

    arborant l’étrange sourire
    au dessin si proche lointain
    elle m’aurait pincé la joue
    de ses doigts gantés de soie noire

    enivré d’essence divine
    et de frôlements chaleureux
    j’aurais enfin fermé les yeux
    pour le début d’un amour fou

    mais d’un geste d’épaule théatral
    la femme dans sa longue robe noire
    se serait échappée comme un héron
    qui se déhanche sur ses hauts talons

    seul laissant à regret s’enfuir
    l’écharpe rouge agitée par le vent
    j’aurais alors décelé dans la nuit
    comme de larges rayures de sang

    Texte de Luc Fayard inspiré par l’affiche de René Gruau « Rouge et noir » (1989)


  • Juana-Inés de la Cruz : Detente, sombra de mi bien esquivo (1689) – Arrête-toi, ombre de mon bien insaisissable

    Detente, sombra de mi bien esquivo,
    imagen del hechizo que más quiero,
    bella ilusión por quien alegre muero,
    dulce ficción por quien penosa vivo.

    Si al imán de tus gracias atractivo
    sirve mi pecho de obediente acero,
    ¿para qué me enamoras lisonjero
    si has de burlarme luego fugitivo?

    Mas blasonar no puedes satisfecho
    de que triunfa de mí tu tiranía:
    que aunque dejas burlado el lazo
    estrecho

    que tu forma fantástica ceñía,
    poco importa burlar brazos y pecho
    si te labra prisión mi fantasía.

    Arrête-toi, ombre de mon bien insaisissable,
    image du charme que j’aime le plus ;
    belle illusion pour qui je meurs heureuse,
    douce fiction pour qui je vis douloureuse.

    Si, aimant attiré par tant de grâces,
    mon cœur se fait acier docile et fidèle,
    pourquoi me séduire, flatteur et cruel,
    si c’est pour fuir et me trahir sans trace ?

    Mais ne crois pas pouvoir te glorifier
    du triomphe orgueilleux de ta tyrannie :
    même si se rompt le lien resserré

    dont ton fantôme entourait ma folie,
    qu’importe d’échapper à mes bras blessés,
    si ma pensée te retient prisonnière.

    Miguel Cabrera – Sor Juana Inés de la Cruz (1750)

    Juana Inés de Asbaje y Ramírez de Santillana, ou sœur Juana Inés de la Cruz ou Jeanne-Agnès de la Croix, née le 2 décembre 1648 ou le 12 novembre 1651 à San Miguel Nepantla (Espagne), une localité rattachée par la suite à la municipalité mexicaine de Tepetlixpa et morte le 17 avril 1695 à Mexico (Vice-Royauté de Nouvelle-Espagne), est une religieuse catholique (hiéronymite), poétesse et dramaturge de la Nouvelle-Espagne, considérée comme mexicaine par de nombreux auteurs. Son œuvre poétique figure parmi les plus emblématiques de la langue espagnole (Wikipedia). Ce poème paraît dans le premier volume de ses œuvres complètes, intitulé : « Inundación Castálida » (L’Inondation Castalide), publié à Madrid en 1689.


  • Admirez les œuvres d’art de votre année de naissance

    Collection Amavero

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  • Ton regard bleu mon vieux

    Ton regard bleu mon vieux,
    Tes bras comme deux bouts de bois craquent,
    Comme les feuilles qui tapissent ton univers,
    Où tu écoutes parler la forêt en fumant ta pipe.
    Et voilà l’hiver qui t’attrape dans le labyrinthe,
    De cette vie faite de collines et de rêves en relief.
    J’aurais aimé garder ces moments sur la terrasse,
    Où tu écoutais mes récitations peignant le néant ou la liberté.  

    Texte d’Agnès T, lectrice d’Amavero qui a tiré au sort une liste de 20 mots dans notre jeu poétique « 20 mots pour votre poème » et en a fait ce poème. Merci à Agnès de sa contribution !
    Liste des mots: regard, bleu, vieux, bras, deux, bout , bois, feuille, univers, écoute, parler, voilà, hiver, vie, rêve, aimer, , garder, moment, néant, liberté


  • La Galerie des Impressionnistes : immersion dans 460 chefs d’œuvres

    Bienvenue dans cette galerie monumentale : une immersion inédite au cœur de l’impressionnisme à travers 460 œuvres soigneusement sélectionnées par Amavero. Plus qu’une simple exposition, nous vous offrons ici un véritable outil d’exploration artistique, conçu pour s’adapter à votre curiosité.

    Les Galeries Interactives : Parcourez les œuvres au fil de leur publication. Chaque image est une porte d’entrée : un clic vous mène soit vers le poème et l’analyse dédiés à l’œuvre, soit vers un agrandissement plein écran pour en admirer la texture et la lumière.

    Les Index des Artistes : Vous recherchez un maître particulier ? Notre index alphabétique intelligent classe les œuvres par nom de famille. De Caillebotte à Van Gogh, accédez instantanément à l’intégralité des tableaux répertoriés pour chaque peintre.

    Navigation Fluide : Utilisez la pagination au bas de la galerie pour voyager à travers les collections sans perdre le fil de votre contemplation.

    Laissez-vous porter par la couleur et le mouvement : tout l’esprit impressionniste est désormais à votre portée.



Art et Poésie : dernières publications

  • Charles Fourier : Hiérarchie du cocuage (1808)

    Charles Fourier : Hiérarchie du cocuage (1808)

  • Miguel Ángel Asturias : Autochiromancie (1958)

    Je lis dans ma main, ô Patrie,
    si douce ta géographie.
    Ma ligne de vie qui s’élève
    suit le tracé de tes volcans,
    puis redescend, ligne de cœur,
    jusqu’à la base de mes doigts.

    Mes mains sont ta superficie,
    l’image vive de ta peau.
    Carte de monts. Monts que je veux
    appeler: Coutchoumatanès¹,
    cimes qui montrent leur turquoise
    au saphir de la Mer du Sud.

    Que le Tacana², doigt géant,
    garde l’entrée de la surprise
    quand le maïs enfin se change
    en grain comestible pour l’homme,
    de ta chair céréale humaine.

    Le mont diaphane de la Lune
    est, dans ta main, un lac ancien
    avec sur ses bords douze temples.
    De là partit ton peuple enfant
    — potier, sculpteur ou tisserand —
    à la conquête de l’aurore.

    Poussière de clarté dans l’ombre,
    harmonie au creux de ma main,
    ma ligne solaire est la conque
    profonde où j’entends retentir
    des fleuves sourds, tels des atlantes,
    d’autres rapides, suicidés.

    J’écoute, l’oreille collée
    au sol de ta carte vivante
    que je porte ici dans mes mains,
    carillonner toutes tes cloches,
    clignoter toutes tes étoiles,

    Pour mon mariage avec ma terre,
    mes amis, je veux comme anneau
    une luciole solitaire.
    Que, l’immense nuit de ma mort,
    ma tempe dorme sur ma main
    à la luciole solitaire.

    1. Coutchoumatanès (Cuchumatanes): hautes montagnes du Guatemala. Elles servaient de point de repère aux marins dans la mer du Sud. (N. d. T.)
    2. Le Tacana (El Tacaná): volcan du Guatemala. (N. d. T.)

    Messages indiens (1958) in Poèmes indiens, nrf/Poésie/Gallimard, 2024.. Traduction de Claude Couffon et René L.-F. Durand. 1899-1974, Guatemaltèque, Prix Nobel de littérature en 1967

    Merci à la jeune agrégée de lettres Sibylle Fouilland pour sa lecture documentée du poète.

    Miguel Ángel Asturias : Autochiromancie (1958)

  • Madame Deshoulières : Réflexions diverses (1695)

    Madame Deshoulières : Réflexions diverses (1695)

  • Antonio Porchia : Voces (Voix) (1943) – extraits

    Parfois, la nuit, j’allume une lumière, pour ne pas voir.
    A veces, de noche, enciendo una luz, para no ver.
    129

    Si je pouvais laisser tout comme c’est, sans bouger ni une étoile ni un nuage. Ah, si je pouvais!
    Si pudiera dejar todo como está, sin mover ni una estrella, ni una nube. ¡Ah, si pudiera!
    149

    Je suis un habitant, mais d’où ?
    Soy un habitante, pero ¿de dónde?
    190

    La vie paraît être deux points, sans points intermédiaires.
    La vida parece ser dos puntos, sin puntos intermedios.
    399

    Pour s’élever il faut s’élever, mais il faut aussi qu’il y ait de la hauteur.
    Para elevarse es necesario ele-varse, pero es necesario también
    que haya altura.
    542

    Quand les étoiles s’abaissent, qu’il est triste de baisser les yeux pour
    les voir !
    Cuando las estrellas bajan, ¡qué triste es bajar los ojos para verlas!
    594

    Mes mains se sont tellement raccourcies, de tellement se tendre en vain, qu’elles n’arrivent même plus jusqu’aux étoiles.
    Mis manos se han acortado tanto, de tanto alargarse en vano, que ya no alcanzan ni hasta las estrellas.
    1098

    Il regarda tout vers le bas, il regarda tout vers le haut et se dit: « tout est amour perdu ».
    Miró hacia abajo todo, miró hacia arriba todo y se dijo: « todo es amor perdido que es manos yo
    nodria ser justo con lados y con
    1103

    Être, c’est s’obliger à être. Et s’obliger à être, c’est s’obliger à
    être. Ce n’est pas être.
    Ser es obligarse a ser. Y obligarse a ser es obligarse a ser. No es ser.
    1110

    Être en compagnie, ce n’est pas être avec quelqu’un, mais être en quelqu’un.
    Estar en compañía no es estar con alguien, sino estar en alguien.
    1122

    Connaître, au début c’est connaître et souffrir; à la fin, seulement
    souffrir.
    El conocer comienza siendo conocer y padecer, y termina siendo solamente padecer.
    1145

    Voces (1943) in Voix réunies, po&psy in extenso, Éditions Érès (2010). Numérotées de 1 à 1182
    Ces petites phrases , entre poésie et aphorismes, ont été écrites au jour le jour par Antonio Porchia, italien émigré en Argentine, ouvrier typographe. La première édition de 1943 est imprimée à compte d’auteur et les exemplaires donnés à la Société argentine des écrivains qui les distribue dans les bibliothèques du pays. Les gens commencent à les lire et les recopier. Roger Caillois les découvre en 1947 puis Jorge-Luis Borges et ils les font connaître au monde
    .


    Antonio Porchia : Voces (Voix) (1943) – extraits

  • Luis de León  : Oda a la vida retirada (Ode à la vie retirée) (1550)

    Luis de León : Oda a la vida retirada (Ode à la vie retirée) (1550)

  • Jorge-Luis Borges : Tankas (1986)

    1
    En haut sur la cime
    Le jardin entier est lune,
    Lune d’or.
    Plus précieux le frôlement
    De ta bouche dans l’ombre.

    2
    La voix de l’oiseau
    Que la pénombre recouvre
    On ne l’entend plus.
    Tu marches dans ton jardin
    Quelque chose, oui, te manque.

    3
    La coupe d’un autre,
    L’épée qui fut une épée
    Dans une autre main,
    La lune de cette rue,
    Dis-moi, n’est-ce pas assez?

    4
    Il est sous la lune
    Le tigre fait d’or et d’ombre
    Il fixe ses griffes
    Il ne sait pas qu’au matin
    Elles ont tué un homme.

    5
    Triste cette pluie
    Qui sur le marbre s’égoutte,
    Triste d’être terre.
    Triste, n’être pas les jours
    De l’homme, le rêve, l’aube.

    6
    N’être pas tombé
    Comme d’autres de ma race,
    Au champ de bataille.
    Être dans la vaine nuit
    Seul à compter les syllabes.

    Les Conjurés,1986 in La Proximité de la Mer, nrf/Gallimard, 2010

    NDLR : le tanka ou chant court est un poème japonais traditionnel né avant le haïku (vers 600 ap. J.-C.) , basé sur le rythme 5-7-5-7-7 qui en japonais ne sont pas des syllabes mais des sons, plus précisément des « mores » qui sont des unités de temps. Un tanka en japonais est lu sur un rythme de 8 mesures par vers: 5 mores puis un silence de 3 temps, 7 mores puis 1 silence de 1 temps etc. La traduction française du texte espagnol (Argentine) de Jacques Ancet essaie de s’approcher le plus possible de cette rythmique, sans y parvenir totalement.

    Jorge-Luis Borges : Tankas (1986)

  • Octavio Paz : Un jour se perd (1939)

    Un jour se perd
    Dans le ciel fait en hâte
    La lumière ne laisse pas de trace dans la neige
    Un jour se perd
    Ouvrir et fermer des portes
    La graine du soleil s’ouvre sans bruit
    Un jour commence
    La brume gravit la colline
    Un homme descend la rivière
    Ils se rencontrent dans tes yeux
    Tu te perds dans le jour
    Chantant dans le feuillage de la lumière
    Des cloches sonnent au loin
    Chaque appel est une vague
    Chaque vague ensevelit à jamais
    Un geste une parole la lumière contre le nuage
    Tu ris et te peignes distraite
    Un jour commence à tes pieds
    Chevelure main blancheur ne sont pas les noms
    De ces cheveux de cette main et de cette blancheur
    Ce qui est visible et palpable dehors
    Ce qui est intérieur et sans nom
    A tâtons se cherchent en nous
    Suivent la marche du langage
    Passent le pont que leur tend cette image
    Comme la lumière entre les doigts ils glissent
    Comme toi-même entre mes mains
    Comme ta main avec mes mains ils s’entrelacent
    Un jour commence en mes paroles
    Lumière qui mûrit jusqu’à devenir chair
    Ombre de ton corps lumière de ton ombre
    Maille de chaleur peau de ta lumière
    Un jour commence dans ta bouche.

    Le Tournesol in Condition de nuage (1939-1955) in Liberté sur Parole, nrf/Poésie/Gallimard, 2014.
    Mexicain (1914-1998). Prix Nobel de littérature en 1990.

    Octavio Paz : Un jour se perd (1939)

  • Antonio Corradini : Dama velata (1722)

    Antonio Corradini : Dama velata (1722)

  • Roberto Juarroz

    Et comme nous savons déjà qu’il n’existe pas de paradis perdus, il ne nous reste dès lors qu’à être le paradis.

    Poésies verticales. 11-21. nrf/Poésie/Gallimard, 2021. Date de publication originale: 1988

    Roberto Juarroz

  • Paul Signac : Arbres en fleurs (1896)

    Paul Signac : Arbres en fleurs (1896)

  • Ajouts d’œuvres d’art contemporain (Galerie 8)

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  • John Wood et Paul Harrison : Headstand (1995) – vidéo performance

    John Wood et Paul Harrison : Headstand (1995) – vidéo performance

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d'Amavero n°5 du 26 mai 2025