
NDLR : Charles Fourier (1772,1837), l’utopiste du Phalanstère (qui ne vit jamais le jour) , trouvait que les désordres du monde venaient de la méconnaissance des passions qui doivent guider l’homme. Il citait deux exemples: l’anarchie dans le commerce qui mène à la banqueroute et l’anarchie dans le mariage qui fait des cocus. Pour le bien de la société, il va donc analyser les causes de l’adultère et établir une liste de 80 types de cocus. Écrit en 1808, le texte a été publié en 1924, après sa mort
5.- LE COCU ARGUS OU CAUTELEUX
Cocu argus ou cauteleux est un fin matois qui, connaissant toutes les ruses d’amour et flairant de loin les galants, fait de savantes dispositions pour les mettre en défaut. || remporte sur eux des avantages signalés, mais, comme le plus habile général éprouve à la fin des revers, celui-ci est à la fin soumis à la commune destinée. Au moins, s’il est cocu, il ne l’est guère.
6.- LE COCU GOGUENARD
Cocu goguenard est celui qui plaisante sur les confrères et les donne pour des imbéciles qui méritent bien ce qui leur arrive. Ceux qui l’entendent se regardent en souriant et lui appliquent tacitement le verset 4 de l’Évangile tu vois une paille dans l’œil du voisin, tu ne vois pas une poutre dans le tien.
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29.- LE COCU POUPONNÉ OU COMPENSÉ
Cocu pouponné ou compensé est celui qui se doute de quelque chose, mais qui est si bien caressé, choyé et bichonné par sa femme, que ses soupçons comme ses reproches expirent dès qu’elle lui passe la main sous le menton.
30..- LE COCU ENSORCELÉ OU À CATARACTE
Cocu ensorcelé ou à cataracte est celui qu’une femme sait fasciner et endormir au point de lui faire croire les choses les plus absurdes; il est le seul à ignorer maintes fredaines qui sont la fable du public et il verrait la belle en flagrant délit qu’il n’en croirait pas ses propres yeux. Elle lui persuade que les bruits de sa galanterie sont répandus par des soupirants éconduits; il rit avec elle de leur prétendue disgrâce et elle rit bien mieux avec eux de la crédulité du bonhomme
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49.- LE COCU POSTHUME OU DES DEUX MONDES
Cocu posthume ou des deux mondes est celui dont la femme fait des enfants dix à douze mois après son décès. La loi les lui adjuge, quoiqu’il n’ait pas pu en être le père, et il se trouve par là cocu des deux mondes ou cocu en cette vie et en l’autre, puisqu’après lui en avoir fait porter en cette vie, on lui en plante encore sur son cercueil, Cette espèce est l’opposé avec le cocu en herbe, l’un étant cocu avant, l’autre après le mariage. Ils sont, de plein droit, appelés à ouvrir et fermer la marche de la procession. De ce nombre sont aussi compris ceux qui meurent avec un violent amour, sollicitant leur veuve à garder le célibat, et une crainte d’infidélité qu’on n’attend pas même après leur mort pour réaliser.
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