De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.
À la fenêtre recélant
Le santal vieux qui se dédore
De sa viole étincelant
Jadis avec flûte ou mandore,
si le cercle est brisé
vais-je retourner sur mes pas
ou bien bâtir une passerelle
si les bouts scindés se relient
atteindrai-je mon départ
ou bien les traces d’un nouvel envol
si je franchis les traits de couleurs
verrai-je le ciel s’éclaircir
ou bien la terre sombrer
si la foule se presse en chemin
se tiendra-t-on vraiment la main
ou bien marcherai-je isolé
si trois notes franchissent la mer
entendrai-je une symphonie
ou bien le solo du désespoir
si je respire longtemps
sentirai-je une forme d’énergie
ou bien l’impermanence
dans l’infini du vide
le cercle ne dit rien me dit tout
je ne suis rien je suis tou
Luc Fayard récite son poème la ronde des si accompagné au violon par la musique composée
et interprétée par Chantal Hannes. Partition disponible sur la page « partitions de poésique » .
Texte: Luc Fayard inspiré par Cercle – Ascèse VIII, 2007- Série: « Silencieuse Coïncidence », de Fabienne Verdier, à qui j’ai demandé une autorisation de reproduction mais qui ne m’a pas répondu; alors, en attendant , je l’illustre avec Disques de Newton, de Frantisek Kupka (que j’aime aussi beaucoup !). Et puis finalement non ! Kupka n’est mort qu’en 1957 si je puis dire (donc moins de 70 ans).
En finale, j’ai choisi Auguste Macke et son tableau de 1912.
Ouf Mais si vous connaissez Fabienne Verdier, transmettez-lui ma supplique ! C’est quand même son tableau que je préfère…
Voir cette version de mise en scène
méfiant
toujours aux aguets
le singe pourrait être
un enfant animal
qui se souvient
de la souffrance
prêt à vivre
à tout prix
malgré la jungle
et le noir
il ravale ses pleurs
jamais tu n’oublieras
ce regard aveugle
pénétrant
qui te broie l’âme
et t’interroges
qui es-tu donc
vivant moitié mort
qui n’ose parler de toi
Texte de Luc Fayard inspiré par la sculpture « Singe » de Virginie Truchot

J’aimerais que mes pensées se libèrent
J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse.
J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour.
J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.
Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi
Texte écrit en Atelier de poésie
Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées
Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées
La blancheur lactique de tes bras
Tes bras qui faisaient
Comme des branches
Me rendaient extatique, enfant soudain,
Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant
Quand nous dansions
Et que tu m’entrainais
De tes bras pratiques,
Des branches lactiques, extatiques
Cette mémoire me fait défaut désormais
Seul cet océan nouveau me fait peur
Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors
Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur
Cent et onze années ont passé
Et ce voile goudronné sur mes souvenirs
Est la preuve même de ton existence
Car tout recto a son verso
Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie

Une première fois, elle saute
Par la fenêtre ouverte
Elle tombe et se relève
Elle remonte aussitôt
Et se jette à nouveau
Cette fois, elle tombe plus fort
Et se relève en sang
Pourtant, elle y retourne
Avec une obstination morbide
Elle se jette dans le vide
Heurte durement le sol
La tête la première
Un silence angoissant puis
Elle se relève
Part en courant
On dirait une possédée, une folle
Mais elle est bien vivante
Cette métaphore est violente
Mais peut-être l’avez-vous deviné ?
C’est la maternité
Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie

L’amère flamme ruisselant
l’oxyde fragile boisé
flot argenté du jour
dormant dans la vaste nuit
Fleure fœtus hermaphrodite
Des aromates sauvages
sont replongés en ma sève
Texte de Consuelo écrit avec le jeu des 20 mots : amer, flamme, ruisseler, oxyder, fragile, bois, flot, argent, jour, dormir, vaste, nuit, fleur, foetus, hermaphrodite, aromate, sauvage, être, plonger, sève

