la mer perle
la houle roule
le soleil en veille
la lune en hune
le ciel s’éveille
le vent se tend
la voile s’étoile
la barque se nacre
le sillage en nage
le mât étend son bras
le hauban fait dang dang
et mon cœur boum boum
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
la mer perle
la houle roule
le soleil en veille
la lune en hune
le ciel s’éveille
le vent se tend
la voile s’étoile
la barque se nacre
le sillage en nage
le mât étend son bras
le hauban fait dang dang
et mon cœur boum boum
la mer m’a dit dans un murmure un frisson
regarde toi ni frégate ni poisson
gorille lourd et grossier
comment oses-tu me défier
me déranger parmi mes éléments
que fais-tu là étranger sans palme
accroché à ton morceau sans âme
fait de bois et de toile sans vent
qu’espères tu donc de moi quel frisson
je suis le temps et l’espace
je suis l’horizon je suis l’aura
l’abysse ténébreux qui te perdra
et toi tu n’es qu’une carcasse
que sais-tu de l’effluve alizé déhanché
du chant perlé de la vague immaculée
de la poussière de sargasse
peut-être pourrais-tu me pénétrer
si seulement tu savais m’étreindre
dans tes bras malhabiles
ou bien délicatement me savourer
goutte après goutte entre tes doigts
malheureux tu serais noyé avant d’y arriver
et par ma noire profondeur asphyxié
alors tu me regardes têtu tu renâcles
comme ces marins au regard fin
qui me fixent en espérant un miracle
impossible surnaturel incertain
ce n’est pas le vol saccadé d’un fou de bassan
ni la nageoire éphémère d’un dauphin
ni l’arbalète stridente d’un poisson volant
qui peut les distraire de leur attente sans fin
ni même leur dire qui je suis vraiment
je n’ai pas de solution pour l’homme
je suis la question
je suis la source
gros grain noir à l’horizon
inquiétude à bord
nouvelles données météo
perplexité
le marin cherche sa voie
moi aussi
mer hachée
voilier secoué
combien de temps sans respirer
le marin veut souffler
moi aussi
grand soleil et bon vent
le voilier trace son sillage
la mature siffle
les dauphins jouent
le marin sourit
moi aussi
et cette aube toujours
en majesté
mon âme en paix
le bateau et la mer
ici coins et recoins
à portée de main
là le plein le lointain
ici le fixe le solide
le rassurant
métal bois filin
là le fluide le mouvant
la métamorphose
ici la multitude des petits objets
utiles à la vie à la survie
là le désert de l’unicité
jamais il n’y eut pareille antinomie
et pourtant tout concorde
tout s’accorde
l’esquif et la houle
la voile et le vent
l’homme et la mer
fusion
la mer est mon horizon
le ciel mon toit ma loi
la houle rythme mon cœur
le bateau trace ma route
son sillage est ma lumière
ses voiles mon espoir
son carré ma maison
alors apaisé par cet univers
de la longue attente
au creux des heures
de veille et de merveilles
je dis à la lune
à la croix du sud
aux dorades perdues
au cormoran fidèle
je dis au monde ébahi
que pour être parfait
il ne manque que toi

J’aimerais que mes pensées se libèrent
J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse.
J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour.
J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.
Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi
Texte écrit en Atelier de poésie
Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées
Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées
La blancheur lactique de tes bras
Tes bras qui faisaient
Comme des branches
Me rendaient extatique, enfant soudain,
Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant
Quand nous dansions
Et que tu m’entrainais
De tes bras pratiques,
Des branches lactiques, extatiques
Cette mémoire me fait défaut désormais
Seul cet océan nouveau me fait peur
Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors
Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur
Cent et onze années ont passé
Et ce voile goudronné sur mes souvenirs
Est la preuve même de ton existence
Car tout recto a son verso
Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie

Une première fois, elle saute
Par la fenêtre ouverte
Elle tombe et se relève
Elle remonte aussitôt
Et se jette à nouveau
Cette fois, elle tombe plus fort
Et se relève en sang
Pourtant, elle y retourne
Avec une obstination morbide
Elle se jette dans le vide
Heurte durement le sol
La tête la première
Un silence angoissant puis
Elle se relève
Part en courant
On dirait une possédée, une folle
Mais elle est bien vivante
Cette métaphore est violente
Mais peut-être l’avez-vous deviné ?
C’est la maternité
Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie

L’amère flamme ruisselant
l’oxyde fragile boisé
flot argenté du jour
dormant dans la vaste nuit
Fleure fœtus hermaphrodite
Des aromates sauvages
sont replongés en ma sève
Texte de Consuelo écrit avec le jeu des 20 mots : amer, flamme, ruisseler, oxyder, fragile, bois, flot, argent, jour, dormir, vaste, nuit, fleur, foetus, hermaphrodite, aromate, sauvage, être, plonger, sève

