Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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publiés dans Amavero

  • passant

    j’aime la ville la nuit
    après la pluie
    ses lumières
    brillent
    dans le noir
    pour éclairer
    la pénombre
    des destins
    je suis un passant
    marchant sans fin
    vers une rencontre

    inspiré par le tableau de Cécile Gonne Victoria La ville la nuit


  • mourir un peu

    mourir un peu pour savoir
    et revenir et le dire
    la vie est belle 
    partir ne me fait pas peur
    j’en aurais même envie d’une certaine façon
    je meurs de ne pas savoir ce qu’il y a derrière tout cela
    au-delà de l’agitation de lumière et d’espoir
    d’ombres et de souffrances

    quand tout se taira n’y aura-t-il que le noir
    je ne peux le croire
    si ce néant est la réponse et que je le sache
    à quoi bon vivre
    si le noir nous attend en sortant du labyrinthe muré
    pourquoi continuer à s’affairer
    à quoi bon rester

    au contraire si tel est mon désir
    rien ne sera jamais plus beau que d’y être
    autant y aller sans attendre
    je n’ai aucune envie de mourir
    mais j’aimerais tant savoir

    le soleil se perd dans la mer de nuages
    sans me donner la réponse

    il me faudra mourir pour savoir
    je ne veux pas que ce soit définitif
    juste mourir un peu
    pas longtemps
    juste le temps de savoir

    je suppose qu’on le sait tout de suite
    fulgurance de l’évidence absolue
    tout le monde parle de la lumière blanche 
    au bout du tunnel
    je veux aller voir derrière elle

    et puis revenir bien sûr
    parce que la vie est belle 
    parait-il
    la vie est la vie
    elle ne se remplace pas

    si c’est ce que je crois
    je regretterai de ne pas y rester
    ayant goûté expérimentalement au paradis
    j’aurai peur de ne pouvoir y revenir
    et je vivrai dans cette douloureuse attente
    cette effroyable incertitude

    le noir c’est plus simple
    aucune envie d’y revenir
    plus jamais envie de mourir basta

    et le jour où je mourrai vraiment
    définitivement
    s’il me reste un peu de conscience
    je me dirai bon c’est fini
    j’ai bien vécu et voilà tout

    bon je préfère ne pas savoir
    mais j’aimerais tant


  • interdit négatif

    pelouse interdite
    parking réservé
    défense de traverser
    le sens obligatoire 

    est négatif
    est-cela la liberté
    faire tout sauf 

    défense d’entrer
    c’est marrant on ne dit jamais
    défense de sortir

    le jour où on le dira
    ce sera la guerre dehors

    défense d’uriner
    de penser peut-être
    défense d’aimer
    d’être heureux

    je veux embrasser toute herbe défendue
    et courir à contre-sens
    je veux sourire et crier en même temps

    rire intelligemment
    ne vous inquiétez pas
    j’ai besoin du regard des autres pour exister
    esse est percipi
    je peux être conforme
    un peu
    mais je veux être libre
    surtout
    libre de respirer la folie des autres
    l’insoutenable petite folie 
    persistante
    dans tout être aimant

  • respiration

    je respire jour et nuit
    à pleine âme
    le ciel qui s’unit à l’océan
    la caresse sifflante du vent dans les voiles
    la lumière bruissante du sillage des planctons
    réceptacle je respire les éléments en fusion
    mystérieux le cerne d’un feu lointain
    solitaire le bonjour d’une frégate nerveuse
    drapé le silence du paysage
    étoilée la nuit de cinéma
    blanche et grise l’aube rose et bleue
    plus belle ici qu’ailleurs
    tout converge vers moi spectateur ébloui
    passager nomade éphémère de la mer
    j’y respire un air plus fort que la vie


  • perle et roule

    la mer perle
    la houle roule
    le soleil en veille
    la lune en hune
    le ciel s’éveille
    le vent se tend
    la voile s’étoile
    la barque se nacre
    le sillage en nage
    le mât étend son bras
    le hauban fait dang dang
    et mon cœur boum boum


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  • J’ai plongé dans cette mer

    J’ai plongé dans cette mer

  • J’aimerais que mes pensées se libèrent

    J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse.
    J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour.
    J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.

    Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi
    Texte écrit en Atelier de poésie

    J’aimerais que mes pensées se libèrent

  • Cent et onze années

    Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées
    Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées
    La blancheur lactique de tes bras
    Tes bras qui faisaient
    Comme des branches
    Me rendaient extatique, enfant soudain,
    Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant
    Quand nous dansions
    Et que tu m’entrainais
    De tes bras pratiques,
    Des branches lactiques, extatiques
    Cette mémoire me fait défaut désormais
    Seul cet océan nouveau me fait peur
    Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors
    Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur
    Cent et onze années ont passé
    Et ce voile goudronné sur mes souvenirs
    Est la preuve même de ton existence
    Car tout recto a son verso

    Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie

    Cent et onze années

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    Une première fois, elle saute
    Par la fenêtre ouverte
    Elle tombe et se relève
    Elle remonte aussitôt
    Et se jette à nouveau
    Cette fois, elle tombe plus fort
    Et se relève en sang
    Pourtant, elle y retourne
    Avec une obstination morbide
    Elle se jette dans le vide
    Heurte durement le sol
    La tête la première
    Un silence angoissant puis
    Elle se relève
    Part en courant
    On dirait une possédée, une folle
    Mais elle est bien vivante
    Cette métaphore est violente
    Mais peut-être l’avez-vous deviné ?
    C’est la maternité

    Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie

    Une première fois

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    L’amère flamme ruisselant
    l’oxyde fragile boisé
    flot argenté du jour
    dormant dans la vaste nuit
    Fleure fœtus hermaphrodite
    Des aromates sauvages
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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025