L’homme moderne a perdu contact avec lui-même, avec autrui et avec la nature. Transformé en marchandise, il éprouve ses forces vitales comme un investissement dont il doit tirer le maximum du profit possible en rapport avec les conditions du marché. Les rapports humains sont essentiellement des rapports entre automates aliénés, chacun assurant sa sécurité en s’efforçant de rester proche de la foule et de ne pas s’en distinguer en pensée, sentiment ou action. Dès lors, chacun reste absolument seul, en proie à l’insécurité, l’angoisse et la culpabilité, tous sentiments inéluctables lorsque l’on ne parvient pas à surmonter la solitude humaine… …Dans la société capitaliste contemporaine, la signification de l’égalité s’est transformée. Par égalité on se réfère à une égalité d’automates ; d’hommes qui ont perdu leur individualité. Aujourd’hui, égalité signifie « similitude » plutôt que « singularité ». C’est une similitude d’abstractions, d’hommes qui exécutent les mêmes travaux, qui s’adonnent aux mêmes loisirs, qui lisent les mêmes journaux, qui nourrissent les mêmes sentiments et les mêmes idées.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
L’homme moderne a perdu contact avec lui-même, avec autrui et avec la nature. Transformé en marchandise, il éprouve ses forces vitales comme un investissement dont il doit tirer le maximum du profit possible en rapport avec les conditions du marché. Les rapports humains sont essentiellement des rapports entre automates aliénés, chacun assurant sa sécurité en s’efforçant de rester proche de la foule et de ne pas s’en distinguer en pensée, sentiment ou action. Dès lors, chacun reste absolument seul, en proie à l’insécurité, l’angoisse et la culpabilité, tous sentiments inéluctables lorsque l’on ne parvient pas à surmonter la solitude humaine… …Dans la société capitaliste contemporaine, la signification de l’égalité s’est transformée. Par égalité on se réfère à une égalité d’automates ; d’hommes qui ont perdu leur individualité. Aujourd’hui, égalité signifie « similitude » plutôt que « singularité ». C’est une similitude d’abstractions, d’hommes qui exécutent les mêmes travaux, qui s’adonnent aux mêmes loisirs, qui lisent les mêmes journaux, qui nourrissent les mêmes sentiments et les mêmes idées.
Sergio Cerchi – Don Quichotte et les moulins (2014)
Claude Venard – Nature morte à la cafetière (1955)
Un air de famille entre ces deux œuvres qui n’ont pourtant rien à voir ni dans le thème ni dans la manière, sauf à travers un certain prisme du cubisme, peut-être. Don Quichotte d’un côté et une cafetière de l’autre. Deux artistes qui ont peint à 60 ans d’écart. C’est tout l’attrait de la couleur que de réunir ainsi deux créations : du rouge et du gris (et un peu de blanc crème et de noir) et le tour est joué, elles nous paraissent familières l’une à l’autre !
Le Mucem (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) de Marseille ayant malheureusement hérité de milliers d’objets du Musée d’Ethnographie, du Musée de l’Homme et du Musée des Arts et Traditions Populaires, a essayé d’en faire une exposition d’art. C’est raté ! Le résultat n’est pas de l’art, c’est autre chose, de pas forcément inintéressant, un fourre-tout, un bazar, où, certes, l’on peut se promener en prenant ses aises (l’aménagement intérieur du musée est très bien fait) mais, à être autant assailli de milliers d’objets mélangés, on finit par en perdre la tête. Le seul atout du Mucem, finalement, ce sont les vieux murs impeccablement restaurés du Fort Saint-Jean et ses jardins, qui trônent sur un emplacement incroyable avec une vue exceptionnelle vers la mer, Notre-Dame de la Garde et le Vieux Port. Les expositions, elles, ne sont pas à la hauteur du lieu, qu’elles soient permanentes ou temporaires. Voir une vraie guillotine à côté d’une affiche publicitaire de boucher, si c’était fait exprès, ce serait drôle. Mais je ne le crois pas… D’ailleurs, le musée non plus n’est pas sûr de lui : il a mis un point d’interrogation dans le titre de son expo : « Populaire? »…
Anonyme – Panneau publicitaire (1950) – contreplaqué découpé et peintAlphonse-Léon Berger – Guillotine (1872) – bois, métal – en remplacement de l’exemplaire brûlé pendant le Commune de Paris en 1870 – en France, la peine de mort est abolie en 1981Arsène-Symphorien Sauvage – Le Boucher et la Charcutière (1877)René Rimbert – Vue sur la rue de Rennes (1924)El-Xupet-Negre (alias Carlos Arranz)- Rideau de devanture graffé (2010)Centre-d’études-antibolcheviques Propagandastaffel – L’Affiche rouge (1944) – affiche de propagande nazieJean Amblard – Réunion dans une salle commune à Champ-Laurent, Puy-de-Dôme (1944)Anonyme- Affiche pour une compagnie maritime (1910)Fridolin Leiber – Les âges de la femme (1905) – lithographie coloriéeAnonyme – Sonnette ou timbre de table (1890) – oui, la ficelle d’alarme sort bien des narinesAnonyme – Exposition « Populaire? » au Mucem (2026)
Article publié en avril 2025 mis à jour aujourd’hui avec deux œuvres supplémentaires : Bleu derrière le bleu, d’Aligne Gagnaire et Feux de broussaille, de Simone Sauzereau-Guérin – Galerie Les Atamanes
Kevin Lucbert – Présence lunaireMarie-Laure Vareilles – Le Rendes-vous des amisAlice Auboiron – Spring TimeValentin Guillon – Mets la gomme (extrait)Julie Legrand – Au Calme (1019) – sculpture silex et verre filé au chalumeau – photo Paul LouisAline Gagnaire – Bleu derrière le bleu
Petrit HalilajSimone Sauzereau-Guérin – Feux de broussailles
je veux de l’amour
je veux de l’amour dans les yeux et des gestes pleins de tendresse pour que sans larme sans ivresse on puisse espérer sans les dieux
je veux des dessins qui dansent remplis d’ailes et de fusées où les anges de l’enfance viendront nous faire rêver
dans la plaine je veux du vent qui secoue l’orge et le blé graciles pour que leur odeur de champs imprègne les murs des villes
dans les frondaisons de la terre je veux toutes les couleurs du vert pour que droits vers leurs cimes nos arbres reprennent racines
je veux la fin des pensées mortifères l’exil de la nostalgie triste et fière je veux des lendemains de passion de sourire et de déraison
je veux que la pluie légère quand elle coulera sur nos visages nous murmure qu’à tout âge les pleurs sont nécessaires
quand la nuit redeviendra claire je veux un noir plein de lumière pour que l’âme en résilience renaisse aux limbes du silence
phénix je veux que nos ailes s’agitent oubliant le passé pour voler vers le ciel que nous aurons tracé
je veux mille envies sur le fil de la vie où le cœur emballé ne cesse de cogner
tous les jours je veux de l’amour qui batte tambour pour toujours
Bruno RaharinosyPascale-Martine Tayou – Arbre de vie (2015)
Artistes cités (de haut en bas) : Kevin Lucbert, Marie-Laure Vareilles, Alice Auboiron, Valentin Guillon, Julie Legrand, Aline Gagnaire, Petrit Halilaj, Simone Sauzereau-Guérin, Bruno Raharinosy, Pascale-Martine Tayou, Marion Jdanoff, Alexandra Valenti, Julien Colombier, Marine de Soos, Lise Stoufflet, Dalel Ouasli
Marion Jdanoff – Les EntreseauxAlexandra Valenti – Portrait – photoJulien Colombier – Messing with the BlueMarine de Soos – Jeune flûtiste – sculpture bronzeLise Stoufflet – Se retirer (2020)Dalel Ouasli – Espoir et résilience
Texte de Luc Fayard illustré par 16 artistes contemporain
Éveille-toi, ma belle Amie, éveille-toi ! Ta chair de nacre, ta chevelure flamboyante, Jon sourire ensoleillé et les roses délicats de tes joues, Le vert hésitant de tes yeux et la pâleur de ta gorge, Viens ! viens !… Je veux que tu les contemples toi aussi !…
Et l’amour ? Il faut nous laver De cette crasse héréditaire Où notre vermine stellaire Continue à se prélasser
L’orgue, l’orgue qui moud le vent Le ressac de la mer furieuse Sont comme la mélodie creuse De ce rêve déconcertant
D’Elle, de nous, ou de cette âme Que nous assîmes au banquet Dites-nous quel est le trompé O inspirateur des infâmes
Celle qui couche dans mon lit Et partage l’air de ma chambre Peut jouer aux dés sur la table Le ciel même de mon esprit
Antonin Arthaud. Tric Trac du ciel
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