Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 404 artistes • 746 auteurs
publiés dans Amavero

  • nuage au paradis

    je suis un nuage
    nu je nage
    dans l’azur pur
    qui susurre
    sans fin j’erre
    en troposphère

    haut sur terre
    je délibère
    des miasmes du temps
    je souris gentiment
    caressé par le vent
    tant aimé
    expirant sobrement
    dans mes fils emmêlés
    lissant
    mes beaux cheveux
    filandreux
    gris cire et bleus

    parfois je me fâche
    et lâche
    trois gouttes dures
    sur la terre en murmures
    de ma peau de pèche
    j’empêche
    le soleil
    de couver mon ventre fécond
    je me love en veille
    chatte en rond

    dans mes bras d’ouate propriétaires
    j’abrite de multiples hôtes
    un aéropage d’oiseaux migrateurs
    en pause transocéanique
    fatigués et pinailleurs
    un éclair débutant qui ne sait pas tonner
    des bruits prisonniers dont je garde la clé
    un arc en ciel à libérer selon mon désir
    et tous les souvenirs
    en sépia des pays survolés
    rien n’est plus peuplé qu’un nuage tentaculaire
    rien n’est plus fugace

    je vois tout de haut
    le laid et le beau
    je me détends
    je suis gai
    mouvant
    je ris des hommes empêtrés
    dans leur courte vie enflée
    si vous saviez

    ici tout est lent et long
    pas de route pas de doute
    tout est frais et surtout
    teinté d’opacité

    je vois tout de ma hutte
    en fait chut
    on ne vous l’a jamais dit
    vous auriez trop d’émoi
    osez lever la tête
    et regardez moi
    je suis le paradis

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « nuage au paradis »


    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte.


  • lac étrange

    décor sombre pays étrange
    aux multiformes entrelacs
    ta vie se déroule sans toi
    dans un rêve de peau d’orange

    un lieu d’acteur et spectateur 
    que tu hantes passant blasé
    tout y est de travers raté
    absences rendez-vous sans heure

    tu vois mille chemins balourds
    dans ce bazar de cinéma
    se proposer à tes pieds las
    embourbés à ce carrefour

    la tête penchée vers le ciel
    tu voudrais indices et signes
    mais les nuages sont indignes 
    avares et caractériels

    c’est à toi de les enfanter 
    idiot tu n’as donc rien compris 
    c’est dans tes pas que se construit 
    le chemin de la liberté

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « lac étrange »


    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte.


  • la pierre grise est la plate statue

    la pierre grise est la plate statue
    portant en sacrifice un scorpion mort
    là-bas l’enfant joueur sourit encore
    ses bras arrondis cerclant l’arbre nu

    tu rencontreras ainsi tant de vies
    qui s’exposeront sans voile pour toi
    guettant impatiemment que tu sois là
    pour lever leur rideau de comédie

    marcheur solitaire tes pas t’élèvent
    plus haut que le monde aux mille visages
    tu deviens une abstraction moine sage
    énigmatique maître sans élève

    pas de méditation juste la marche
    instinctive et méthodique allurée
    les arbres protègent ton avancée
    de penseur libre serein patriarche

    pour toi la nature n’est pas un temple
    elle est un rêve vif allégorie
    où tu pourras suivre tous les génies
    sans paroles sans bruits sans gestes amples

    les fantômes gris de l’humanité
    te donnant la main pour former la ronde
    tu vas goûter la vibration du monde
    née il y a plus de cent mille années

    tu t’es arrêté tu danses tu erres
    tu ris tu tressailles tu virevoltes
    soudain tu te réveilles sans révolte
    simple marcheur sur un chemin de pierres

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « la pierre grise est la plate statue »


    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte.


  • vous les vibrants

    vous les vibrants les sensibles
    scrutateurs d’infinis
    voyants férus d’autres vies
    liseurs d’âme entre les lignes

    vous détenez en vision
    l’arc-en-ciel de lumière
    qui éclaire dans votre œuvre  
    les au-delàs d’horizon

    vous en faites un bel usage 
    toujours renouvelé
    comme bat des ailes 
    un papillon inépuisé

    votre passion
    avancer sans barrières
    sur un chemin d’ornières
    de creux d’irraison

    vous y dansez libres passereaux 
    inlassables chercheurs de beauté
    notes matières traits couleurs mots 
    vos ailes vos cris pour exister

    truelles de l’origine du monde
    flèches vives de l’espace et du temps
    avec vous la terre n’est jamais ronde
    ni le ciel frontière fermée au vent

    derrière votre forme façonnée
    le souffle naturel des choses
    porte dans son cycle éternel
    le voyage recommencé

    vous êtes la houle et le sang
    qui nous reconstruisent vivants
    nous gens du passé fétus tristes
    vous gens du futur les artistes

    à la princesse I.M. et à ses pairs


    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte.


  • bonheur fuyant

    je vois le bonheur fuyant 
    devant mon cœur sans un cri
    fantomatique zombie
    calme serpent ondulant

    je le sens tout proche là 
    tapi dans l’ombre sans œuvre
    onctueux comme une pieuvre
    gros bouddha sibyllin las

    il disparaît prestement
    avant que je ne l’attrape
    fin caméléon satrape
    anguille dans le courant

    l’impie cruel va tanguer
    comme un essaim d’alouettes 
    dessinant la silhouette
    d’une ombre secrète et gaie

    ce pur bonheur à portée
    se dérobe sous mes doigts
    enfantant des tourments froids
    infiniment immergés

    comme le vent comme l’eau
    comme cette chanson triste
    pleurée en mer anarchiste
    par mille fonds abyssaux

    John Martin – The Plains of Heaven (1851)
    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « bonheur fuyant »


    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte.(en haut) et par un tableau de John Martin
    The Plains of Heaven, d’où le classement de cette page dans deux catégories: poemes-ia et poemes-art


Dernières publications d’art et de poésie

  • Ernst-Ludwig Kirchner : Poules près de Bergdorf (1919-1920)

    Ernst-Ludwig Kirchner : Poules près de Bergdorf (1919-1920)

  • Carlos Bonvalot : Pierrot et Colombine (1920)

    Carlos Bonvalot : Pierrot et Colombine (1920)

  • Osvaldo Cavandoli : La Linea (1972)

    Osvaldo Cavandoli : La Linea (1972)

  • Anton Räderscheidt : Nature morte à la tulipe (1926)

    Anton Räderscheidt : Nature morte à la tulipe (1926)

  • lexique

    lexique

  • liberté de la plume

    cette plume appartenait
    à un geai des chênes
    qui l’a déposée une nuit
    devant chez moi
    pour que je la trouve au matin

    deux centimètres de haut
    j’ai failli ne pas la voir
    depuis que je l’ai prise
    entre mes mains
    elle est entrée dans mon âme
    et ma vie a changé
    ma vision de la beauté
    mon symbolisme
    mon attention aux détails
    j’ai découvert
    le minusculement magnifique
    porteur d’envol et de légèreté
    de tournoiement aussi

    mais il a fallu
    qu’un petit animal
    perde un attribut
    pour que je gagne en émotion

    j’espère que cette plume
    n’est qu’une mue
    pas l’issue d’un combat
    un don pas une perte
    merci à l’oiseau
    qui m’a offert ce cadeau
    je lui promets
    qu’il portera ses fruits
    désormais mes mots
    seront ceux de sa liberté

    Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
    Voir la version illustrée.

    liberté de la plume

  • ode à l’oubliée

    ode à l’oubliée

  • partir

    barré par l’envol des oiseaux blancs
    le trait de lumière décoiffe l’horizon
    la mer désertée ne vibre plus du vent
    qui tourmentait le destin des passants

    il est temps
    de partir
    ailleurs
    où la peine
    serait douce
    à vivre

    je marcherai sur les sentiers embrumés
    respirant le souffle des frondaisons
    l’âme pleine de tableaux de rêves
    et de souvenirs aux reliefs embellis

    mais la pluie
    refroidira
    mon ardeur
    et le seul bruit
    de la nuit
    mon cœur

    l’aube verra palpiter la rosée
    et parvenu au seuil de la maison
    j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
    et la refermerai sur mon ombre passée

    Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée

    partir

  • Lucas Arruda : Untitled – Deserte Modelo (2021) – (montage)

    Lucas Arruda : Untitled – Deserte Modelo (2021) – (montage)

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025