Performance faisant partie de la série « Sculpture temporelle » réalisée entre 1975 et 1989 par Roman Signer
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Performance faisant partie de la série « Sculpture temporelle » réalisée entre 1975 et 1989 par Roman Signer

quatre milliards d’années
à construire la vie
quelques décennies
pour la détruire
il est trop tard
les mains ont beau
surgir de l’eau
magnifiques
pour crier au secours
et tenter de soutenir
les murs branlants
de notre aveuglement
il est trop tard
rentrez sous l’eau
membres de l’espoir inutile
cachez-vous
laissez crouler le monde
devenu fou
Venise aussi mourra
campagnes et villes
se noieront
ne faisant plus dans l’eau
que de petits ronds
s’amenuisant
et nos enfants pleureront
Texte de Luc Fayard inspiré par la sculpture « Support » de Lorenzo Quinn, à Venise (2017)
















je n’irai pas décrocher la lune
je la laisse où elle est
pour que perdurent mes rêves
les soirs de grise mine
quand je lève la tête
et m’imagine
un monde moins dur
aux vallons embrumés
bleutée au loin
dans mes nuits d’insomnie
elle m’envoie de son coin
des mots d’amour attendris
depuis des siècles
ni astre ni matière
la lune n’est que prières
supplications espoirs
larmes et joies
sphère aspirant
les émotions du monde
qui montent vers elle
surtout
ne pas la prendre
dans ses bras
qu’elle reste là-haut
au chaud
à nous regarder
la tête penchée
quel plaisir alors
de suivre sa courbe
dans le ciel rose
pour que la nuit durant
respirant autre chose
que le fardeau de l’âge
mon âme légère
s’élève jusqu’à elle
comme une feuille d’or
libérée de la gravité
vous ne le saviez pas
la lune parfois
verse une larme
mais ça ne se voit pas
ces nuits-là elle se cache
au fond des nuages
aujourd’hui la lune est triste
elle chante lasse
pour que les cœurs tendres
entendent son sélène soupir
il dit
pauvres humains
je vous aimais bien
mais vous avez cassé votre jouet
plus rien ne sera comme avant
aujourd’hui je ne peux retenir
ni les vents de l’enfer ni les raz de marée
vous mourrez par l’eau et par le feu
que vous n’avez pas su contenir
la lune c’est affreux
une nuit bientôt
va nous dire adieu
couchée pour de bon
loin du regard des hommes
implosant de mille cratères
aplatie comme une serpillère
alors sur la terre ronde
la mer en furie
pourra lâcher
ses vagues titanesques
et les vents tourbillonner
en arabesques
siphons libérant les tsunamis
de la fin du monde
regardez bien
la lune pleure
en son recoin
sur le malheur
















Texte de Luc Fayard illustré par 32 œuvres d’art contemporain
Cette fois-ci je me suis contenté de chercher dans la base d’œuvres d’art contemporain Nicole’s Museum celles qui avaient une lune : aussi bête que cela ! Où l’on voit que la lune libère les imaginations !…
Auteurs des oeuvres (de haut en bas, de gauche à droite, autour du texte, puis en dessous) :
Gani Kistauov, Whelan, Paul Lancaster, Federico Garcia-Lorca, Yuri Laptev, Phyllis Jackson, André Masson, Adrian Borda, Annie Stegg-Gerard, Hector Acevedo, Arseniy Lapin, Juan-F. Beja, Kashinath Chawan, Mils Bertho, Josep Guinovart, Domenico Amato, Richard Chalmers, Rithika Merchant, Dominika Morariu, Barbara Allaert, Alice Assouline, Peter Doig, Carson Ellis, Olivier de Rivaz, Joanne Delomba, Bronu Novelli, Yui Sakamoto, John-Henry Toney, Katsushika Hokusai, Michel Naze, Peter Harskamp, Linda Vachon
Lire également le le poème en version texte seul.

J’aimerais que mes pensées se libèrent
J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse.
J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour.
J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.
Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi
Texte écrit en Atelier de poésie
Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées
Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées
La blancheur lactique de tes bras
Tes bras qui faisaient
Comme des branches
Me rendaient extatique, enfant soudain,
Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant
Quand nous dansions
Et que tu m’entrainais
De tes bras pratiques,
Des branches lactiques, extatiques
Cette mémoire me fait défaut désormais
Seul cet océan nouveau me fait peur
Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors
Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur
Cent et onze années ont passé
Et ce voile goudronné sur mes souvenirs
Est la preuve même de ton existence
Car tout recto a son verso
Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie

Une première fois, elle saute
Par la fenêtre ouverte
Elle tombe et se relève
Elle remonte aussitôt
Et se jette à nouveau
Cette fois, elle tombe plus fort
Et se relève en sang
Pourtant, elle y retourne
Avec une obstination morbide
Elle se jette dans le vide
Heurte durement le sol
La tête la première
Un silence angoissant puis
Elle se relève
Part en courant
On dirait une possédée, une folle
Mais elle est bien vivante
Cette métaphore est violente
Mais peut-être l’avez-vous deviné ?
C’est la maternité
Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie

L’amère flamme ruisselant
l’oxyde fragile boisé
flot argenté du jour
dormant dans la vaste nuit
Fleure fœtus hermaphrodite
Des aromates sauvages
sont replongés en ma sève
Texte de Consuelo écrit avec le jeu des 20 mots : amer, flamme, ruisseler, oxyder, fragile, bois, flot, argent, jour, dormir, vaste, nuit, fleur, foetus, hermaphrodite, aromate, sauvage, être, plonger, sève

