Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 407 artistes • 748 auteurs
publiés dans Amavero

  • Un brin

    Aline Kurth – La Jeune fille du bain

    Un brin de soleil
    Dans les cheveux du matin
    C’est ton âme qui murmure
    Quand tu vogues dans les rêves
    De la grande vague du monde

    Texte d’Emmanuelle de Dardel, inspirée par la photo La Jeune fille du bain d’Aline Kurth


  • rouille

    Benoit de Senneville – Accroche-toi (2022)

    couleur de la vie
    d’âme dolente
    teinte graduelle
    voleuse d’heures
    poussière de larmes
    et d’espoirs rancis
    palette enrichie
    de strates sensibles
    lente alchimie
    de la destruction
    destinée inexorable 
    des abandons fatals
    comme si par avance
    la trace fardée du temps
    vouait tout à disparaître
    mais parfois 
    de cette carnation 
    rubigineuse
    de cette liane 
    ensorcelée
    surgit le rouge sang
    d’un cœur qui bat
    comme une fleur 
    plus belle qu’elle

    Texte de Luc Fayard inspiré du tableau Accroche-toi  de Benoît de Senneville – techniques mixtes, acrylique, collage, crayon


  • réceptacle

    Sylvie Verkos – Sous-bois à Berville

    il faut marcher
    sous ces arbres
    sentir les parfums voler
    voir les couleurs s’épauler
    vibrer de cette vie 
    multiple
    cette énergie pure
    faire le silence en soi
    ne plus être
    qu’un réceptacle calme
    des sons de la forêt
    ses bruissements légers
    comme du feutre à l’âme 

    Texte de Luc Fayard inspiré par le tableau Sous Bois à Berville de Sylvie Verkos .


  • aux pages citoyens

    Anonyme – Sans Titre (sur une partition d’Eugène Ketterer)

    circulez y’a rien à voir
    balayez-moi tout ça
    notes futiles grinçantes
    phrases inutiles trébuchantes
    à quoi ça sert tout ça hein
    rien que du temps perdu

    taisez-vous
    pas de sons pas de mots
    ne parlons même pas des dessins
    n’y pensez plus
    et d’ailleurs
    ne pensez plus
    ou plutôt 
    ne pensez rien
    qu’on ne vous dise de penser
    c’est à peine 
    si vous avez le droit
    de respirer

    allez houste
    les mots les notes
    les dessins les croquis
    les pensées
    à la poubelle
    et qu’on retrouve enfin
    de belles pages blanches
    comme des plages sans touristes
    et sans parasols

    et surtout vides vides
    débarrassées des parasites
    venus d’on ne sait où
    de derrière les mesures 
    et les points d’exclamation
    armés de bécarres
    ou d’allégories les gueux

    mais la nuit
    dans le noir
    ils viendront
    les parasites
    comme des rats affamés
    des serpents à sonnettes
    les sans papier
    les sans notes les sans mot
    ils se glisseront dans vos rues
    et pendant que vous dormirez
    ils fouilleront dans vos poubelles
    derrière vos murs et vos maisons
    pour repartir avec des trésors
    de sens et de beauté
    dont ils feront des étendards
    de toutes les couleurs
    armes de la victoire finale
    sur la fatalité

    aux pages citoyens
    noircissez-les

    Texte de Luc Fayard inspiré par l’actualité permanente de ce fabuleux dessin des balayeurs de notes , probablement sur une partition d’Eugène Ketterer, dessin dont je n’ai pu retrouver la source ; si vous l’avez, donnez-la moi s’il vous plait, J’ai horreur de publier sans sourcer. Merci.


  • Blake (William) : Voir un monde dans un grain de sable

    To see a World in a Grain of Sand
    And a Heaven in a Wild Flower,
    Hold Infinity in the palm of your hand
    And Eternity in an hour.

    Voir un monde dans un grain de sable
    Et un paradis dans une fleur des champs,
    Tenir l’infini dans la paume de ta main
    Et l’éternité dans l’heure présente

    William Blake. Auguries of Innocence (Augures de l’innocence) écrit en 1803 mais publié posthume en 1863


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  • Rouge et noir de colère

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  • Mauritz de Haas : Nocturne with Lighthouse (1880)

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  • Edward-Henry Potthast : At The Seaside (1905)

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  • Jean-Baptiste-Siméon Chardin : Le Gobelet d’argent (1768)

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  • Maulpoix (Jean) : Adieu

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  • Azzhara : J’écris à jeun

    J’écris à jeûn
    Soif et faim dans tout le corps
    Un lot de remords dans le cœur
    Je bois mes larmes
    Je mange mes pleurs
    J’avale le silence, il glisse dans la gorge sèche
    Du miel silencieux
    Derrière moi, je ressens la présence rassurante et généreuse
    Comme l’odeur du pain chaud qui me couvre
    Je le cherche
    Le froid gris de son absence me gifle
    J’ai mal
    J’ai soif
    J’ai faim
    J’écris à jeun
    Mes pensées troublées
    Ma main tremblante
    Mes ongles rongés
    Mes pieds attachés
    Je veux sentir le manque
    J’écris à jeun

    Azzhara. Nuit intranquille. 2021

    Azzhara : J’écris à jeun

  • Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)

    C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre et vous pousse vers l’art en général. L’envie de fixer une vision, de maîtriser des manifestations extérieures (auxquelles il faut donner un nom et un sens). Sans elle, ce travail serait absurde, et, comme l’art pour l’art, il ne se justifierait pas.

    Penser que l’art copie la nature est un sinistre malentendu. Car l’art a toujours œuvré contre la nature et pour la raison.

    Chaque mot, chaque trait nous est insufflé par notre époque et par les circonstances. Les liens, les aspirations relèvent du passé et du présent. Il est donc impossible d’agir, de penser arbitrairement et indépendamment d’eux. D’une certaine manière, ceci est réconfortant puisque chaque individu est en quelque sorte entouré, lié par la contemporanéité. Il y aura toujours un possible même dans le pire des malheurs.

    Vouloir rendre visible l’invisible, la chose connue, inconnue ou plausible, et même l’impensable est une revendication, une prétention absurde. Certes, nous pouvons déduire l’invisible, donc présupposer son existence avec une quasi-certitude, mais nous ne sommes pas en mesure de représenter cet invisible par un symbole qui le remplace et qui soit lui aussi invisible.

    Il n’y a aucune raison d’accepter sans réserve ce que la tradition nous a transmis. Rien n’est bien ou mal en soi, sauf dans certaines circonstances et à condition que nous le voulions. Cet état de fait annihile les conventions, les garanties et les inconditionnels et nous oblige, chaque jour, à prendre nos responsabilités et à décider du bien et du mal.

    S’imaginer une chose, se la représenter, fait de nous des hommes L’art, c’est donner du sens, générer du sens au même titre que la quête de Dieu ou la religion. Même sachant que tout sens donné ou tout tableau peint est un simulacre, une illusion, nous ne pouvons y renoncer. Car la foi (penser, réfléchir le présent et l’avenir) est notre trait de caractère essentiel.

    Les moyens de l’art (la manière de représenter une chose, le style, la technique et la chose représentée en soi) sont les conditions néces­saires à l’art tout comme les qualités de l’artiste (mode de vie, capacités, entourage). L’art peut naître autant de l’harmonie que de la contradic­tion avec les conditions qui le génèrent. Il n’est en soi, ni visible ni définissable, seules les conditions qui l’ont généré sont visibles et repro­ductibles ; on a tendance à les confondre avec l’art en soi.

    Dès que l’activité artistique est devenue un « isme », elle cesse d’en être une. Car seul ce qui lutte quotidiennement pour prendre forme et exister, est vivant. (À titre de comparaison : le social est une forme et une méthode juste qui correspond aux conceptions actuelles ; mais si en revanche, il se prétend socialisme, ordre social ou dogme, il renonce à ce qui lui est propre et risque de courir à sa perte.)

    Je ne suis pas venu ici pour fuir le matérialisme. Il règne ici d’une manière plus radicale et plus perfide encore, mais j’ai dû fuir l’idéa­lisme criminel des socialistes.

    La peinture na rien à voir avec la pensée. Quand on peint, la pensée est peinture. La pensée est un langage, un registre qui doit fonctionner avant et après. Einstein ne pensait pas quand il faisait ses calculs, il calculait, chaque équation réagissait à la précédente, tout comme en peignant, une forme répond à une autre et ainsi de suite.

    L’art sert à la socialisation. Il nous relie aux autres et à ce qui nous entoure au sein d’une même conception et d’une même quête.

    Pour moi, l’enjeu n’est jamais l’art, mais uniquement la chose pour laquelle l’art peut être utile.

    Comme il n’existe ni certitude, ni vérité absolue, nous aspirons toujours à une vérité artificielle faisant autorité, donc humaine. Nous avons des jugements de valeur et fabriquons une vérité qui en exclut d’autres. Dans la production de vérité, l’art est la composante qui met en forme.

    Les sciences de la nature ont assurément influencé les arts. Pour l’Aztèque, le coucher du soleil était un événement inintelligible auquel il ne survivait que grâce aux représentations divines. Depuis, ces manifestations évidentes ont trouvé une explication. Mais, au vu de l’immensité de l’inconcevable, de ce qui ne peut être expliqué, l’inex­plicable semble tellement gigantesque, que nous sommes pris de vertige et que les images d’antan éclatent comme des bulles de savon. Songer à l’absolu ineffable (par exemple en regardant le firmament), savoir qu’il est impossible de donner un sens à cette immensité nous touche à tel point que nous ne pouvons survivre qu’en ignorant.

    Aussi curieux que ceci puisse paraître, « ne pas savoir où vont les choses », l’impression de se perdre et d’avoir perdu, est source de foi et d’un immense optimisme, elle n’engendre ni certitude ni sécurité collective. Il faut avoir perdu Dieu pour croire, et l’art pour peindre.

    Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)

  • Uguay (Marie) : Tu m’apprends l’âge, mon amour

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  • Trois espaces

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025