Si tu lèves la tête vers un tableau qui t’emporte dans ses rêves, tu oublies soudain le reste et, pendant des heures, tu te perds dans sa contemplation qui aura duré en réalité une minute ou deux. C’est ainsi que tu réalises la relativité du temps.
Si, en plongeant dans un poème, ses vers composent une musique douce à ton âme, c’est que tu es sorti du temps linéaire pour entrer dans l’espace multidimensionnel des émotions.
Quand tu contemples une mer de nuages reliant la terre au ciel, tel le voyageur de Caspar David Friedrich en haut de sa montagne, c’est dans la beauté du paysage que tu visualises l’infini de l’espace et du temps.
Quand les yeux, le visage, la lumière et les courbes d’un corps te donnent un coup de poing, c’est que la beauté est entrée dans ta mémoire en remontant ton passé jusqu’à l’enfance comme les madeleines de Proust.
Ce que fait la beauté à l’homme, c’est qu’elle s’impose à lui sans sa volonté. Il ne consomme plus, il s’oublie face à l’impermanence.
Ce que la beauté crée de différent dans l’homme, c’est qu’elle modifie sa relation au monde en le sortant de la raison et de l’histoire, car elle n’est plus faite d’objets temporels mais de liens.
La beauté est résonance. La beauté est l’antidote du zapping. Voilà pourquoi elle est résolument moderne.
En reliant tous les arts, Amavero se consacre à la beauté.
PS: Je me souviens qu’Ernst Hans Gombrich, dans son inégalable et intemporelle Histoire de l’art, pour illustrer le questionnement de la beauté, comparait le portrait par Rubens de son fils Nikolas avec celui par Dürer de sa vieille mère Barbara : qui est le plus beau ?
« Le beau est toujours bizarre. »
Charles Baudelaire. Article « Salon de 1859 », publié dans la revue L’Artiste.
« La beauté, c’est l’éternité qui se regarde dans un miroir. Mais vous êtes l’éternité et vous êtes le miroir. »Khalil Gibran. Le Prophète (1923)
« N’est-il pas aussi impossible de raisonner avec la mort que de peser la terre ou l’âme de la beauté? »Jim Harrison. Légendes d’automne (1979)
« Ce qui fait la beauté, ce n’est pas la forme parfaite, mais le surgissement fragile. »Georges Didi-Huberman. La survivance des lucioles (2009)



















