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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • Girardot (Corinne) : Le dompteur de lumière – Alain Spriet

    Quel meilleur support que infotekart pour évoquer la génèse d’un ouvrage qui donne à voir des oeuvres photographiques singulières, résultat de la capture d’un rai de lumière au travers d’un infiniment petit cristal incolore.

    Non, Alain Spriet n’est pas un savant huluberlu qui bricole des molécules dans un sombre laboratoire mais un scientifique émérite, grand voyageur et poète.
    Son univers professionnel est fait de formules, il parle substrat, excipient, dosage, et jongle avec les nomenclatures, les réglementations, et les normes. Mais, il a une passion, depuis son plus jeune âge, le minuscule, le petit, l’infiniment petit même…. 

    De la loupe, il est passé au microscope sous lequel se révèle un monde insoupçonné de couleurs et formes. Le grain de sable ordinaire se transforme alors en pierre précieuse !
    Non content d’ausculter ce qu’il trouve de plus petit, il se met à le « cultiver ». A partir des produits du quotidien, il concentre, assèche, évapore et fait naître des cristaux. Son jardin est constitué de dizaines puis centaines de lames de verres sur lesquelles des choses informes, à peine visibles, blanches, grisâtres, sans intérêt visible dorment tranquillement.

    Enfin, elles dorment jusqu’à ce que le photographe les place sous son objectif ! et là, se révèle un trésor de couleurs en fonction de l’orientation de la lumière et des conditions d’éclairage. Mais le tableau n’est pas toujours à la hauteur des ambitions de l’artiste !
    Alors le peintre de la lumière cristalline se donne les moyens de passer des heures à orienter le faisceau pour que chaque cristal soit sublimé par un jeu de filtres, une intensité lumineuse et une orientation qui donne, enfin, à voir un tableau, construit, où l’oeil du photographe trouve l’aboutissement de sa recherche. 

    Alain Spriet a conçu le dispositif qui lui permet de faire de la cristographie une réalité. La fusion de la cristallisation et de la photographie ne consiste pas à photographier un cristal mais bien à explorer les cristaux et les transformer en passeur de couleurs sur l’objectif du photographe.
    Durant des années, de l’aspirine au vinaigre en passant par l’albumine ou l’hydroxylamine, il cristallise puis part en exploration dans son univers de l’ultra petit. Il revient de ses voyages chargé de clichés dont il extrait des évocations de masques, de végétaux imaginaires, de ciels improbables, d’animaux fantastiques. Il construit une œuvre, son œuvre. 

    Il était une fois un faiseur de livres 

    Un autre photographe voyageur croise un jour le parcours d’Alain Spriet. Philippe Fouchard a su capter la réalité du regard humain, du bout du monde et du bout de la rue. 

    Mais ce photographe là sait faire des livres, des beaux livres, avec des morceaux de vie dedans, des artisans autour et des belles matières pour donner une consistance à tout ça.  L’éditeur et l’artiste nous embarquent dans l’aventure pour que l’oeuvre de l’un nourrisse la créativité de l’autre.
    Il n’y a plus d’aspirine ou de vinaigre, il n’y a plus de technologie, il n’y a plus que la lumière, la couleur, la proposition de l’artiste et un objet sensuel qui nous laissent pensifs ou inspirés selon nos humeurs.
    On peut les aider à concrétiser ce projet en participant à la campagne sur kickstarter. Alors, embarquez pour l’ultra monde de l’ultra petit ! 

    https://www.kickstarter.com/projects/alainspriet/cristographies-les-photos-de-lultra-monde-de-lultra-petit

     _____________ 

    Merci à Luc Fayard de permettre la publication sur son blog.

    Texte de Corinne Girardot


  • pécheurs perchés

    mais qui sont ces hérons
    pécheurs perchés

    pas comme le baron
    guetteurs las désabusés
    en bord de mer d’asie
    scrutateurs de vagues
    qui leur apportent en roulant
    peut-être quelque chose
    peut-être rien qui vaille

    combien de temps frêles
    vont-ils rester ainsi
    à guetter haut assis
    sur le bâton grêle
    ce qui vient 
    ou ne viendra pas
    ce qui mord
    ou ne mordra pas

    ainsi va la vie
    elle nous enroule
    dans son passé
    dans ses bras
    dans sa houle
    nous sommes tous 
    des pêcheurs perchés

    à A-L.B-S


  • Laforgue (Jules) : Notre petite compagne

    Si mon Air vous dit quelque chose,
    Vous auriez tort de vous gêner ;
    Je ne la fais pas à la pose ;
    Je suis La Femme, on me connaît.

    (suite…)

  • Rimbaud (Arthur) : Après le déluge

    Aussitôt après que l’idée du Déluge se fut rassise,
          Un lièvre s’arrêta dans les sainfoins et les clochettes mouvantes, et dit sa prière à l’arc-en-ciel, à travers la toile de l’araignée.
          Oh! les pierres précieuses qui se cachaient, – les fleurs qui regardaient déjà.

    (suite…)

  • Verhaeren (Émile) : La Pluie

    Longue comme des fils sans fin, la longue pluie
    Interminablement, à travers le jour gris,
    Ligne les carreaux verts avec ses longs fils gris,
    Infiniment, la pluie,
    La longue pluie,
    La pluie.

    (suite…)

Dernières publications d’art et de poésie

  • Comme je laissais derrière moi

    Comme je laissais derrière moi

  • Il est là monstrueux

    Il est là monstrueux démesuré
    debout par miracle
    Dans un maelström de particules
    Raide et impassible
    dans ce magma coloré
    Poursuivi par ce spectre grimaçant
    qui se cache à lui et veux l’engloutir
    Inconscient, il marche
    et va vers son destin
    Dans un tourbillon d’électrons dorés
    dont la beauté adoucira la fin

    Texte de Véronique Demant, inspiré par Silence d’or, de Sophie Rocco ; écrit en Atelier de poésie

    Il est là monstrueux

  • J’ai plongé dans cette mer

    J’ai plongé dans cette mer

  • J’aimerais que mes pensées se libèrent

    J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse.
    J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour.
    J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.

    Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi
    Texte écrit en Atelier de poésie

    J’aimerais que mes pensées se libèrent

  • Cent et onze années

    Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées
    Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées
    La blancheur lactique de tes bras
    Tes bras qui faisaient
    Comme des branches
    Me rendaient extatique, enfant soudain,
    Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant
    Quand nous dansions
    Et que tu m’entrainais
    De tes bras pratiques,
    Des branches lactiques, extatiques
    Cette mémoire me fait défaut désormais
    Seul cet océan nouveau me fait peur
    Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors
    Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur
    Cent et onze années ont passé
    Et ce voile goudronné sur mes souvenirs
    Est la preuve même de ton existence
    Car tout recto a son verso

    Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie

    Cent et onze années

  • Exil de l’âme

    Exil de l’âme

  • Une première fois

    Une première fois, elle saute
    Par la fenêtre ouverte
    Elle tombe et se relève
    Elle remonte aussitôt
    Et se jette à nouveau
    Cette fois, elle tombe plus fort
    Et se relève en sang
    Pourtant, elle y retourne
    Avec une obstination morbide
    Elle se jette dans le vide
    Heurte durement le sol
    La tête la première
    Un silence angoissant puis
    Elle se relève
    Part en courant
    On dirait une possédée, une folle
    Mais elle est bien vivante
    Cette métaphore est violente
    Mais peut-être l’avez-vous deviné ?
    C’est la maternité

    Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie

    Une première fois

  • Un seul nuage

    Un seul nuage

  • L’amère flamme

    L’amère flamme ruisselant
    l’oxyde fragile boisé
    flot argenté du jour
    dormant dans la vaste nuit
    Fleure fœtus hermaphrodite
    Des aromates sauvages
    sont replongés en ma sève

    Texte de Consuelo écrit avec le jeu des 20 mots : amer, flamme, ruisseler, oxyder, fragile, bois, flot, argent, jour, dormir, vaste, nuit, fleur, foetus, hermaphrodite, aromate, sauvage, être, plonger, sève

    Liste des premiers gagnants du Jeu des 20 mots

    L’amère flamme

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025