Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Laurence Gancel – Balade dans les serres de Kew Garden
étrange endroit la serre transparente où tout se crée dans la chaleur et l’humidité sous la lumière éclatante on y apprend le soin la patience on y cultive l’espoir l’attention et peu à peu tout renait
Texte de Luc Fayard inspiré par Balade dans les serres de Kew Garden, par Laurence Gancel
elle joue et par la porte ouverte les notes du piano fuient je les regarde s’envoler dans la nuit danser là-haut sans anicroche sur un tempo lent où noire et croche caressent les nuages blancs
elle joue et le temps s’arrête de respirer moi aussi la nuit est grave et la musique aiguë
elle joue et ne sait pas sa grâce à elle pour moi tout ce qu’elle touche luit ses mains créent ma lumière chemin balisé dans la nuit
elle joue et le vent profite d’un soupir pour pousser le sien moi aussi la musique et la nuit sœurs jumelles de l’attente
elle joue et envoie ses notes en estafettes points d’interrogations titubant sans fin dans la nuit de ma tête étoilée
elle joue et sa musique alanguit les étoiles une à une le ciel complice me sourit dans son halo de lune
sans elle au piano la nuit ne serait plus jamais la même moi non plus ou je serais la nuit
Image créée par Dall.e pour illustrer le poème « elle joue la nuit » de Luc Fayard
c’est la lumière qui nous attend en haut des marches on sort de l’obscurité de la foule pressée et la tête levée on monte vers la vie le bruit joyeux la liberté d’aller où on veut sortir du métro c’est un peu aller au paradis
Texte de Luc Fayard inspiré par Métropolitain, de Claire de Langeron
on peut errer longtemps dans le noir sans savoir qu’au fond de son être naissent déjà les nouveaux rayons de lumière un jour ce sera l’éveil les sens purifiés s’accorderont à la vibration d’un monde disponible et ce jour-là tout sera possible
Texte de Luc Fayard inspiré par La Vie est belle, de Sandrine Jarrosson.
mille façons de créer du noir la plus simple mélanger à la demande rouge jaune et bleu et le noir sera pas étonnant alors qu’il puisse s’habiller de multiples teintes et décrire en gradué toutes les humeurs de la joie à la colère le noir est l’échelle météo du cœur
Texte de Luc Fayard inspiré par Smoking, par Sandrine Hartmann
Tu cours dans un espace fini Blanc fulgurant dans un océan de noirceur le feu a tout détruit mais toi tu portes l’espoir Franchiras-tu les limites de ce monde sinistre ? Détache-toi Envole-toi Brise le carcan Terrasse l’ombre et jette le fantôme qui veut t’enfermer
Texte et calligramme de Baronne, inspiré par John Caple(2000) ;
Il est là monstrueux démesuré debout par miracle Dans un maelström de particules Raide et impassible dans ce magma coloré Poursuivi par ce spectre grimaçant qui se cache à lui et veux l’engloutir Inconscient, il marche et va vers son destin Dans un tourbillon d’électrons dorés dont la beauté adoucira la fin
Texte de Véronique Demant, inspiré par Silence d’or, de Sophie Rocco ; écrit en Atelier de poésie
J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse. J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour. J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.
Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi Texte écrit en Atelier de poésie
Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées La blancheur lactique de tes bras Tes bras qui faisaient Comme des branches Me rendaient extatique, enfant soudain, Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant Quand nous dansions Et que tu m’entrainais De tes bras pratiques, Des branches lactiques, extatiques Cette mémoire me fait défaut désormais Seul cet océan nouveau me fait peur Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur Cent et onze années ont passé Et ce voile goudronné sur mes souvenirs Est la preuve même de ton existence Car tout recto a son verso
Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie
Une première fois, elle saute Par la fenêtre ouverte Elle tombe et se relève Elle remonte aussitôt Et se jette à nouveau Cette fois, elle tombe plus fort Et se relève en sang Pourtant, elle y retourne Avec une obstination morbide Elle se jette dans le vide Heurte durement le sol La tête la première Un silence angoissant puis Elle se relève Part en courant On dirait une possédée, une folle Mais elle est bien vivante Cette métaphore est violente Mais peut-être l’avez-vous deviné ? C’est la maternité
Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie
Une première fois
Un seul nuage
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